5. Le traitement des boues :

C'est malheureusement une évidence, la quasi totalité des procédés d'épuration des eaux usées urbaines, qu'ils soient biologiques ou physico-chimiques, conduisent à la concentration des polluants sous la forme de boues.

Les boues constituent des déchets volumineux puisqu'elles contiennent généralement entre 95 et 99% d'eau et sont génératrices de nuisances dans la mesure où elles sont constituées par des matières organiques fermentescibles et peuvent renfermer des substances toxiques (cas du raccordement au réseau urbain d'effluents industriels).

Le problème des boues constitue une phase de la lutte contre la pollution qui s'avère difficile pour des raisons multiples : raréfaction des terrains disponibles pour l'épandage ou le dépôt, nécessités et exigences de l'environnement et de l'hygiène publique, etc...

Par ailleurs, il y a importance économique de ce problème, qui s'illustre par le fait que le coût tant en investissement qu'en exploitation peut s'avérer très lourd.

Longtemps considéré comme une opération annexe du traitement des eaux, le traitement des boues ne peut plus être défini "à la légère".

Le choix de la filière de traitement dépendra à la fois de la nature, de la composition et de la traitabilité des boues, de facteurs économiques (disponibilité et coût du terrain, main-d'oeuvre, énergie, réactifs, etc...) et enfin de conditions locales (environnement, contraintes administratives, etc...).

Les solutions apportées au traitement des boues sur une station peuvent varier suivant la disponibilité des terrains, la nature des boues, les facteurs économiques, etc... mais dans tous les cas on poursuit toujours deux objectifs principaux :

- réduction du pouvoir fermentescible (par voie biologique ou chimique) des boues afin de limiter, voire annuler, les nuisances olfactives. On parle alors de stabilisation.
- réduction du volume des boues, afin de faciliter leur manutention et diminuer les frais en vue de leur élimination finale.

Cette opération qui consiste à assurer une élimination plus ou moins poussée de l'humidité des boues, est généralement réalisée en deux étapes : une concentration préliminaire des boues par épaississement suivie d'une déshydratation mécanique facilitée par un conditionnement (chimique ou thermique) préalable des boues.

Pour la destination finale des boues déshydratées, on pourra (en fonction des propriétés intrinsèques des boues, des possibilités locales d'élimination et de considérations technico-économiques) envisager l'une des trois solutions suivantes : mise en décharge, valorisation agricole ou incinération.


Epandage des boues (on répand les boues à la surface du sol en vue de leur dégradation biologique par les micro-organismes du sol et de leur utilisation par la flore présente à la surface du sol).