2.La place de l'épuration dans la politique de l'eau


L' objectif de toute politique de l'eau est de mettre à la disposition de chaque usager la quantité d'eau dont il a besoin, cette eau devant être de qualité suffisante pour ses activités.

Cela implique donc de mener des actions en vue de mobiliser et répartir les ressources en eau, mais aussi en vue de leur garder une qualité suffisante pour qu'elles restent utilisables. C'est dans ce second aspect que s'inscrit l'épuration des eaux usées urbaines ou industrielles.

Le but recherché est en fait double :
- éviter aux pollueurs les nuisances que leur procure la stagnation, à leur proximité immédiate, de leurs propres eaux usées;
- amener les eaux usées à un niveau de qualité suffisant pour que leur rejet dans les eaux naturelles les laisse à un niveau compatible avec les usages ultérieurs que l'on veut leur donner.

Du point de vue du pollueur il est évident que ces deux préoccupations n'ont pas le même poids, car la première l'intéresse directement, alors que la seconde concerne ses voisins à l'aval. Il a donc été nécessaire de réaliser l'équilibre, en créant en faveur de l'épuration des incitations règlementaires, financières voire morales.
On a ainsi crée des normes de rejet, des redevances, ou encore des mouvements d'opinion.

Il faut en outre remarquer que l'épuration dépend fortement de l'importance relative du milieu récepteur et du rejet. Les eaux naturelles ont en effet un pouvoir d'auto-épuration, qui représente une " capacité d'accueil " des pollutions, d'autant plus précieuse qu'elle constitue un moyen de traitement gratuit.

Il est donc logique, dans une zone donnée, de moduler les niveaux d'épuration à imposer aux différents rejets, en fonction de ce pouvoir d'auto-épuration. Ceci constitue le principe de la politique d'objectifs de qualité, que les pouvoirs publics développent actuellement.

L'épuration n'est donc pas une fin en soi : elle constitue un des volets d'une politique de l'eau.