Solutions au problème d'envasement du bassin maritime










 dragage

 chasse

 pièges à sédiments

 

 
  1. Dragage

  Depuis 1989, l'envasement du chenal de navigation dans la partie amont de l'estuaire a été tel que des dragages d'entretien ont été nécessaires à proximité de l'écluse du Chatelier, pendant trois années consécutives, en 1990, 1991, 1992. Les quantités draguées ont été de 6000 m3 en 1990 et de 20000 m3 les années suivantes.

  Les prélèvements d'eau ont été effectués en plusieurs points entre l'écluse et port St-Jean. Les points de rejet se situent très près de l'écluse, à moins de 1 km. Les rejets ont lieu pendant la vidange du bassin, et débutent une heure après la pleine mer et s'arrêtent une à deux heures avant la basse mer.

  Pourtant, le suivi du panache turbide a montré que les courants de jusant sont insuffisants pour transporter les matières en suspension très loin à l'aval. D'autre part, la remontée du flot empêche leur propagation. Ainsi, les sédiments en suspension se concentrent dans la zone étroite de l'amont du bassin sans jamais pouvoir s'étaler dans les secteurs élargis qui s'étendent au nord.

  L'efficacité du dragage d'entretien du chenal semble donc limitée. En effet, le dragage s'avère utile à court terme mais très vite, une grande partie de la vase revient sédimenter contre l'écluse du Chatelier. On observe une accumulation de 1 m d'épaisseur en 4 mois dans l'écluse. La remontée du niveau de la vase a été spectaculaire pendant les mois d'été, caractérisés par une quasi-absence des pluies. Ce phénomène s'est ralenti dès le mois d'Octobre.

  2. Chasse

  Le but d'une chasse hydraulique à l'amont, au niveau de l'écluse du Chatelier, est :

  - de remettre les vases du chenal de navigation en suspension,

  - d'assurer le transport des matières en suspension suffisamment loin vers l'aval et en un temps assez court, avant que la remontée du flot ne retransporte le suspensions vers l'amont,

  - d'éventuellement laisser aux vases la possibilité de décanter à basse mer dans les parties plus aval de l'estuaire, comme dans la plaine de Mordreuc.

     Protocole expérimental

  Des chasses ont été réalisées une heure avant la basse mer, avec un débit fluvial de l'ordre de 40 m3/s et des niveaux du bassin maritime correspondant à des marées de faible coefficient. Le volume total d'eau douce relâché a été de l'ordre de 93 000 m.

        Observations

  Les courants à proximité de l'écluse étaient de l'ordre de 1.5 m/s, mais s'amortissent rapidement au niveau du premier élargissement du chenal. Les débits ont été suffisants pour provoquer l'érosion de la couche superficielle de vase molle près de l'écluse du Chatelier.  Dans ces conditions, le panache turbide s'est étendu vers l'aval jusqu'au niveau de Mordreuc ( à 4 km de l'écluse du Chatelier). Mais, l'arrivée du flot dans la partie amont de l'estuaire se traduit par une remontée des sédiments en suspension vers l'écluse.

  L'efficacité de la remise en suspension est la plus grande au début de la chasse. Ainsi, pour un volume d'eau donné à l'amont, il est préférable de réaliser des chasses nombreuses mais de courte durée que de prolonger la durée des chasses surtout avec un débit moyen. Le problème du recyclage des sédiments remis en suspension et de leur retour à l'amont de l'estuaire reste posé.

  Une chasse hydraulique ne s'avère pas efficace à long terme.

Tableau p11 mes chasse /dragage

  L'impact de l'une ou l'autre des deux méthodes sur l'environnement est très néfaste.

  3. Pièges à sédiments marins

  Devant l'efficacité réduite des chasses et des dragages qui, de plus, dommageraient considérablement tout l'ecosystème, la création de pièges à sédiments paraît une solution acceptable.

     Quel est le principe ?

  Il s'agit de creuser des fosses de faible étendue ( 50 000 m2 ) et localisées dans des zones d'importante sédimentation pour extraire et gérer les sédiments excédentaires.

     Le site

  Un piège a été établi à l'aval immédiat de l'écluse du Chatelier, zone où les dépôts maritimes sont maximaux : piège de LYVET. Les épaisseurs de sédiments sont comprises entre 1.7 et 2.8 m dans cette zone d'extraction. Pour assurer un bon fonctionnement du piège, il faut l'isoler du chenal, sinon les courants du flot remettraient en suspension les sédiments préalablement déposés dans le piège.

photo du site p9

     Les sédiments

  Les matériaux à extraire sont des sédiments très fins dont la bonne cohésion permet une extraction à la pelle mécanique. Leurs teneurs en eau sont de l'ordre de 50 % lorsqu'ils sont exondés.

     Dimensionnement du piège

  Il s'agit d'une fosse de 5 000 à 6 000 m2, avec une profondeur maximum de 2.8 m et des bords de pente inférieurs à 30 %.

dessin fin rapport sur profil travers du piege

     Valorisation des sédiments extraits

  Les sédiments extraits ne contenant pas de produits toxiques, ils peuvent être utilisés de diverses façons :

  - amendements agricoles par apport faible (20 m 3/ha ) afin de corriger le PH des sols,

  - reconstitution des sols érodés,

  - nouveaux supports de culture pour améliorer la fertilité d'un sol,

  - étanchéification de lagune,

  - recherche de nouveaux matériaux industriels comme un isolant thermique et phonique ( panneau d'isolation, revêtement de parking ...),

  - couches de forme et de fondation de chaussée après séchage naturel et mélangés à de la chaux et du ciment.

  Les pièges à sédiments constituent une solution à l'envasement de l'estuaire, ponctuelle mais efficace et respectueuse de l'environnement.