L’érosion du lido palavasien

Comme nous venons de le voir, la houle transporte des quantités de sable importantes. Suivant la direction de la houle par rapport à l’orientation du lido, elle va réagir différemment. Si la houle arrive obliquement, son déferlement entraîne le sable vers le rivage alors qu’en se retirant, la mer remporte avec elle le sable dans la direction de la plus grande pente.

Finalement le sable se déplace le long du lido dans le sens de la houle, mais en dents de scie (jet de rive). Les autres houles arrivant sur le rivage avec une cambrure plus importante, déferleront plus tôt. Elles formeront une barre littorale parallèle au rivage. Entre le rivage et la barre se trouve le courant littoral de houle qui transporte d’importante quantité de sable : le transit littoral. L’observation des fonds marins palavasiens montre qu’il n’y a pas une, mais deux barres, la première située à 2m de la rive et la seconde à 5, 6m (hauteur des houles de tempêtes). En supposant que cette quantité de sable, transportée pendant un temps T, soit proportionnelle à l’énergie de la houle sur le point de déferler (en H3), on trouve que le débit moyen du sable transporté varie en H3/T.

Il arrive que ce sable puisse s’échapper du courant littoral par le biais de rip current (trou dans la barre).

Il convient enfin de préciser l’importance des houles de tempêtes sur le transport sédimentaire. Celles-ci, provoquées par d’importants vents Sud Sud-Est remanient les fonds jusqu’à de très grandes profondeurs. La barre est détruite, laissant le sable s’échapper vers le large. Le littoral souffre alors d'érosion.

Il est important de noter la différence entre l’érosion locale et globale. La première est provoquée par les phénomènes ci-dessus, localement du sable se déplace occasionnant des déficits ou parfois des gains (engraissement). L’érosion globale correspond à une usure des matériaux (en perpétuels mouvements) qui s’érodent. Ils deviennent plus fins et sont alors emportés vers les grands fonds où ils sont " perdus " par le littoral. La sourceest constituée par les apports de matériaux par charriage sur le fond des rivières.

Pour évaluer les apports ou pertes de sédiments sur le lido, on ne peut pas se contenter d’observer la nouvelle forme du rivage par rapport à l’ancienne. En effet, il faut évaluer la différence des volumes de sable présents entre le lido et à quelques dizaines de mètres au large (suivant les plages). Ceci est réalisé à partir de profils en travers superposés sur plusieurs années.

Le lido palavasien souffre d’érosion globale, locale mais aussi d’engraissement local. Il existe des zones plus fragiles que d’autres : érosion locale et finesse du lido. Divers ouvrages de protection sont déjà en place, comme des épis associés à des brises lames aux abords des stations balnéaires. Il semble en effet plus important de protéger ces endroits pour des raisons économiques d’une part mais aussi parce que les stations ont été construites sur d’anciennes dunes (réserve de sable) et sont plus facilement érodables (à cause des aménagements).

La disparition des dunes, éléments de défense naturels du rivage, accélère de façon sensible le phénomène d'érosion.

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