La menace d'un comblement artificiel...

Quel avenir pour les délaissés ?

Une des solutions envisagées est le comblement de certains délaissés. Ceci permettrait d’implanter de nouvelles infrastructures à vocation touristique et modifierait le POS. Cependant, l’expansion des infrastructures n’est pas le seul moyen de soutenir le tourisme local. En effet, il faut également pouvoir offrir un cadre de vie de qualité. Ainsi, des solutions plus respectueuses de l’environnement sont envisagées. Elles s’articulent autour des axes suivants :

Selon leur état de dégradation actuel et leur localisation géographique, l’une ou l’autre des perspectives est à privilégier. Ainsi, la réhabilitation des délaissées doit être étudiée au cas par cas en tenant compte de ses fonctions actuelles (bassins d’orages, milieu tampon) ainsi que des orientations économiques des collectivités. Nous développons par la suite les solutions qui tendent à restaurer les délaissés en tant que milieu naturel. Elles ont l’avantage de rendre aux abords des étangs leur caractère naturel, en préservant des espaces tampons entre les zones fortement anthropisées et le milieu naturel.

Il s’agit donc de pallier aux insuffisances des travaux réalisés par le passé et qui ont conduit à la dégradation de ces milieux. Le principe de base consiste à favoriser la circulation des eaux afin de renforcer l’hydrodynamisme de ces étendues, et protéger les interfaces air-eau-sol qui accueillent une grande variété d’espèces.

 Il convient de souligner que dans certains cas, l'intégration des délaissés dans l'espace urbain paraît être un prétexte à un développement excessif des stations littorales.

Le cas de l'étang du Grec.

Le cas de l'étang du Grec est typique de ce genre d'actions.

L’étang du Grec est un délaissé d’étang qui se situe entre le canal et le lido, au Nord de Palavas. Palavas est une station balnéaire qui s’est beaucoup développée au fil des années. Aujourd’hui, elle ne peut plus s’étendre : étang du Grec au Nord, plage au Sud. Afin de poursuivre l’extension de sa ville, le maire de Palavas aimerait colmater une partie de l’étang du Grec en y implantant une station d’épuration.

Comment cela est-il possible ?

Tout d’abord, il suffit de vouloir construire des infrastructures d’intérêt public, comme des routes par exemple. Celles-ci seront implantées de manière à séparer l’étang en deux parties dont une de très faible superficie. Cette partie appelée " délaissée ", ne va pas bénéficier d'un renouvellement suffisant des eaux, les déchets divers vont s’y accumuler. Elles vont rapidement devenir des nids à moustiques que personne n’aura alors de remords à combler. Des marinas puis des lotissements ne tarderont plus à apparaître. Ce procédé était assez courant avant la loi littoral : aéroport de Fréjorques, routes nationales au Grau du Roi, à la Grande Motte, à Frontignan…

 Aujourd’hui cette procédure est moins systématique, on essaie au contraire de redonner la vie à certains délaissés (politique de la DIREN et du Service Maritime). Toutefois il est encore possible d’utiliser cette procédure : château d’eau et musée de Palavas par exemple.

Entre 1960 et 1990, les étangs ont perdu une bonne partie de leur superficie par colmatage : 109 hectares pour l’étang de l’Ingril Sud, 80 hectares pour le Grec, 21 hectares pour la Peyrade et 23 hectares pour le Mauguio. Au total, 308 hectares remblayés sur tout le littoral sans compter l’étang du Ponant (créé par l’homme) qui a perdu 240 hectares sur sa superficie.

Continuer la présentation

Retour au sommaire Etudes de cas

Retour au sommaire général