Réduction des polluants : L'azote et le phosphore

Outre l’étang de La Peyrade, dont les eaux sont polluées de manière chronique par les lixiviats de la décharge de La Peyrade (actuellement fermée), les berges de tous les délaissés sont le lieu de dépôts sauvages. En effet, la proximité des délaissés par rapport aux routes et leur aspect actuel nuisent à leur respect.

La réduction des apports polluants passe aussi par un réaménagement des réseaux d’assainissement. En effet, les délaissés sont souvent un milieu récepteur pour les eaux usées (lorsqu’ils sont en bordure de zones touristiques), ces rejets étant parfois plus ou moins traités (restaurants riverains des étangs et non raccordés au réseau d'assainissement), et les eaux pluviales (de plus en plus polluées par suite de l’aménagement du bassin versant). Un contrôle rigoureux des rejets doit être mis en place. La réalisation de cet objectif nécessite une volonté commune forte de la part des industriels concernés et des collectivités.

La réduction des apports polluants (quantités d'azote et de phophore) est un facteur nécessaire mais rarement suffisant pour limiter le phénomène d'eutrophisation. Elle suppose une volonté politique forte anisi qu'un changement radical des mentalités.

En effet, il faut traiter le problème à l'amont en diminuant l'emploi des phosphates (en particulier les lessives), pour diminuer les apports de nutriments par les eaux usées).

En ce qui concerne les pratiques agricoles, de nombreuses démarches vont dans ce sens (codes de bonnes pratiques agricoles).

Pour les rejets des stations d'épuration, il pourrait être intéressant d'installer une station d'extraction de l'azote et du phophore à la sortie immédiate de la station d'épuration. Cette solution porte à controverse et les études divergent. Certains prétendent qu'une telle station d'extraction permettrait de sauver les étangs palavasiens, d'autres prétendent que même en réduisant les apports actuels de 90%, cela ne suffirait pas à les sauvegarder.

Les effets d'une réduction des apports polluants ne sont pas immédiats et se font ressentir plus ou moins rapidement selon le temps de séjour des eaux dans l'étang. On estime à 3 fois le temps de séjour, la durée nécessaire pour observer 90% de la diminution théorique en polluants.

Les concentrations actuelles de NH4 présentes dans l'étang l'été sont évaluées entre 1 et 5 mg/l, suivant les rejets des stations et les pratiques agricoles. Avec ces valeurs l'étang est eutrophisé. La courbe ci-joint présente un des résultats de la simulation numérique. Les concentrations en NH4 initiales dans l'étang varient entre 0.5 et 5 mg/l. Avec de telles variations, on constate que la concentration en NH4 a un effet sur l'évolution de la concentration en O2 et donc sur l'eutrophisation. Cette influence se fait ressentir de deux façons.

Les simulations montrent donc qu'une variation des concentrations en azote présentes dans les étangs, influence le phénomène d'eutrophisation. Celui-ci apparaît mais n'évolue pas systématiquement en malaïgue. Ceci traduit l'impact réel de l'azote sur l'eutrophisation. Même si une diminution des rejets en azote dans les étangs ne suffirait pas à enrayer l'eutrophisation, elle contribuerait de façon certaine à une amélioration des conditions de vie des espèces présentes dans les étangs. C'est une condition nécessaire mais non suffisante.

Une telle diminution pourrait soit provenir de l'usine d'extraction, soit d'une déviation des effluents de la station comme nous le verrons dans la partie traitant du colmatage.

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