Le colmatage et l'eutrophisation

Le fait que les étangs palavasiens se colmatent diminue le volume d'eau disponible pour la vie de l'étang. Les eutrophisations sont plus fréquentes. Il serait donc intéressant d'intervenir directement sur le colmatage des étangs et donc indirectement sur l'eutrophisation. Nous proposons ci-dessous quelles solutions de lutte contre le colmatage.

Les stations d'épuration, en plus d'être responsables des apports d'azote et de phosphore dans les étangs, sont aussi responsables du colmatage des étangs en y apportant des matières en suspension. Comme nous l'avons vu, la station de la Cérieirède qui traite la majeure partie des effluents de Montpellier se déverse dans le Lez et, par suite, dans l'étang du Méjean. Afin d'éviter les dépôts de sédiments dans le Méjean, il peut être envisagé de rediriger les effluents de sortie de la station vers la mer. Un canal conduirait alors directement les effluents depuis la station vers la mer Méditerranée à plusieurs mètres du rivage. Certes les étangs verraient leur sort s'arranger, mais le problème des rejets dans la mer se pose alors. Il serait peut être intéressant de conserver la solution d'un traitement de l'azote et du phophore à l'aval de la station d'épuration avant le rejet dans la mer.

Il pourrait être envisagé, pour diminuer le problème du colmatage des étangs, de les draguer comme on le fait déjà pour le canal. Ce type d'oprération doit faire l’objet d’une étude préalable approfondie. En effet, il s’agit de perturbations importantes infligées au milieu naturel (conséquences sur la stabilité des berges, dérangement pour la faune,…) Cependant, le dragage des fonds permet d’enlever une quantité importante de la matière organique déposée et peut avoir des conséquences positives sur les problèmes d’eutrophisation et de malaïgue.

Mais ceci pose aussi un autre problème, celui du dépôt des matériaux extraits. La meilleure solution serait peut-être de les amener en mer. Ils partiraient alors directement dans les grands fonds, là où ils auraient dû être s'il n'y avait pas eu d'étang. Toutefois cette solution n'est pas aussi simple qu'il y paraît. En effet, le rejet simultané et au même endroit de quelques milliers de tonnes de vase risque d'une part de détruire la présence éventuelle d'herbier et d'autre part d'y introduire des polluants si la vase elle-même n'était pas saine. Une étude d'impact devra donc être réalisée systématiquement.

Ordre de grandeur des coûts pour des travaux de dragage :

De 30 à 130 Frs par m3 extrait selon les traitements ultérieurs nécessaires.

Ces travaux représentent des sommes considérables qu'il n'est pas convevable d'envisager pour deux raisons :

Pour ces raisons, nous n'avons pas jugé oppurtun de lancer des simulations numériques incluant un approfondissement des étangs et une diminution de leur matière organique.

Une autre solution qui revient aussi à draguer consiste à augmenter les flux de vase des étangs vers le canal. Ainsi les vases se déposeraient sur le fond du canal qui est plus profond que les étangs ( 3m de fond ) et seraient régulièrement retirées par les dragues qui sont déjà réalisées pour l'entretien du canal. Le problème de cette méthode est le coût important qu'elle engendre.

Si les cours d'eau amenaient moins de matériaux de faible granulométrie, le problème pourrait alors être réglé à sa source. Pour cela, des aménagements tels que le reboisement, l'introduction de broussailles (ou au moins un arrêt du désherbage systématique), la construction de seuils, la conception de bassins d'orages (en faisant attention à la vidange et au dépôt des sédiments extraits) permettraient de limiter les apports de sédiments par les crues. Ceci se traduirait pratiquement par une action prévue par le SAGE et les contrats de rivière.

Il convient avant tout d’améliorer les abords des délaissés. Tout projet de reprofilage des berges nécessite donc un nettoyage préalable afin de débarrasser les berges des déchets divers qui les jonchent.

Par ailleurs, les enrochement qui visaient à protéger les ouvrages réalisés de l’action des vagues, ont été conçus avec une pente trop importante qui ne permet pas l’exportation naturelle des algues, celle-ci ayant une valeur optimale de 5%. Le reprofilage des berges peut être réalisé à partir des matériaux extraits par dragage, ce qui permet une revégétalisation naturelle rapide.

Enfin, on peut dans certains cas envisager une revégétalisation artificielle des berges afin d’améliorer la qualité de l’espace paysager.

Ordre de grandeur des coûts de reprofilage des berges :

Ils sont donnés (montant HT) pour 1000 m de berges à réaménager

Déblais de nettoyage des berges

1 000 Frs

Transport et mise en décharge

2 500 Frs

Travaux de reprofilage

250 000 Frs

Végétalisation

Entre 30 000 et

100 000 Frs

Imprévus et divers

23 000 Frs

 

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