INTRODUCTION


L'eau est un besoin vital et pourtant les hommes sont inégaux face à cet élément. L'Afrique illustre bien ce constat. Présentant une grande variété climatique et géographique, ce continent est en effet enclin à de grandes inégalités de ressources en eau : de vastes étendues souffrent de l'insuffisance ou de l'irrégularité des pluies, et les populations doivent trouver des solutions pour pallier ces problèmes.

Cette inégalité est d'ailleurs amplifiée par le découpage politique qui ne respecte pas les limites naturelles. Ainsi certains pays bénéficient-ils d'apports frontaliers en eau et augmentent leurs ressources en eau, alors que d'autres sont limités à leur ressource interne (générée par les précipitations). Leurs besoins en eau sont alors difficilement couverts. Des conflits entre les différents usagers (agriculteurs, industriels et collectivités) peuvent alors apparaitre. Quelles sont ainsi les régions d'Afrique confrontées à une pénurie d'eau ? Et quelles sont alors leurs stratégies pour y remédier ?

A l'échelle du continent, environ 85% des utilisations recensées sont destinées à l'agriculture et ce sont les régions arides, déjà désavantagées par la pauvreté de leurs ressources, qui prélèvent le plus d'eau pour l'irrigation, d'où l'importance de consacrer une partie de l'étude à l'irrigation en Afrique.

D'autre part, l'exode rurale et l'explosion démographique provoquent un gonflement anarchique des villes et nécessitent une gestion stratégique de l'eau dans les villes. Devant certaines défaillances du secteur public, qui a principalement la charge de la gestion de l'eau en Afrique, on assiste à l'émergence d'un secteur informel dans les centres périurbains et les petits centres. Mais qu'apporte ce nouvel acteur au secteur de l'eau et quel est son poids ?

Enfin, les problèmes de l'eau sont intimement liés : une amélioration de la qualité des eaux allant dans le sens d'une augmentation de la quantité d'eau utilisable. Ayant connaissance de ce constat les pays en voie de développement peuvent-ils néanmoins se permettre de mener une politique 'environnementaliste' avant même de pouvoir, pour quelques uns, subvenir à leur besoin vital : l'alimentation ?