LES RESSOURCES EN EAU


L'étude s'est concentrée principalement sur les ressources renouvelables. Elle distingue les ressources générées à partir des précipitations tombées sur le territoire du pays ou ressources renouvelables internes, par rapport aux ressources renouvelables globales, qui incluent également les transferts en provenance d'autres pays. Dans les deux cas, il s'agit du potentiel maximal des ressources en eau, sans tenir compte des ressources souterraines extractables ou des considérations sur les possibilités réelles de mise en valeur des eaux telles que la régulation des débits :

Le tableau 1 présente, pour chaque région, les données relatives aux ressources internes et compare ces résultats avec les volumes de précipitation . Le rapport entre ces deux grandeurs peut être assimilé, en première approximation, à un "coefficient de ruissellement" qui prendrait en compte également la part de recharge des aquifères non connectés aux réseaux de drainage.

Ce coefficient varie de 6% dans les régions arides à 32% dans les régions humides du golfe de Guinée et 34% à Madagascar. Il peut atteindre moins de 2% dans les pays arides tels que la Libye, le Niger, ou le Botswana et plus de 80% dans les zones les plus arrosées du Liberia et de la Sierra Leone.

 

Les ressources internes, à elles seules, ne permettent pas de cerner l’ensemble des ressources en eau dont disposent les pays africains. A celles-ci il faut en effet ajouter les ‘eaux de surface’, à savoir celles apportées par les fleuves, par les lacs.

Le continent africain comporte 6 grands bassins hydrographiques. Tous aboutissent à la mer sauf un : le lac Tchad qui s’évapore sous la chaleur .

Ces 6 bassins sont les suivants :

Ainsi l’ensemble des pays traversés par ces grand fleuves sont relativement préservés de carence en eau. Toutefois il faut ajouter un bémol à cette conclusion hâtive car tous ne sont pas en mesure ‘d’exploiter’ ces ressources pour compenser leur manque d’eau : le Soudan, pourtant traversé par le Nil, n’a pu faire face aux deux sécheresses de 1984 et 1988 qui ont été catastrophiques pour la quasi totalité des pays du Sahel africain. Alors que l’Egypte située en aval n’a, elle, pas souffert de ces deux crises. Le niveau de développement ayant permis aux Egyptiens de se munir du barrage d’Assouan, au début des années soixante.Celui-ci protégeant le pays à la fois des irrégularités et de la faiblesse des précipitations, et des inondations.

Compte tenu de ces ressources supplémentaires, il est dorénavant possible d’établir un bilan des ressources en eau disponibles sur l’ensemble du continent.

Le tableau suivant quantifie les ressources internes et globales de quelques pays. La liste n’est bien évidemment pas exhaustive mais permet de tirer quelques conclusions :

 

Internes (m3/hab)

Globales (m3/hab)

Egypte

29

68 milliards

Gabon

127 285

 

Libye

Peu

0.6 milliard

République démocratique du Congo (ex-Zaïre)

 

1 019 milliard ( plus grand débit du monde )

Principaux pays du Nord et des régions soudano-sahélienne

A surveiller

Faibles

 

Les pays soudano-sahéliens, malgré leur superficie, ne participent que pour 5.5% des ressources en eau du continent.

Ce sont les pays les plus arides du continent, ils souffrent énormément de carence en eau.

La part des précipitations effectivement ‘utilisable’ par ces pays est faible.

On chiffre le rapport entre les ressources internes et les précipitations de l’ordre de 5,9 %.

Le climat chaud et aride qui règne dans ces pays, génère une forte évaporation qui diminue énormément les ressources en eau de ces pays, sans compter le rôle des précipitations dans la recharge des aquifères…

D’autre pays, tels l’Egypte, ne compte que très peu de ressources internes, mais traversés par des fleuves aux débits considérables, ils bénéficient de ressources en eau qui couvrent assez bien leurs besoins. Néanmoins lorsque les ressources en eau d’un pays sont limitées aux seuls apports de ces fleuves et que ceux-ci sont transfrontaliers, des conflits politiques peuvent apparaître.

Ceci justifie la politique de gestion de l’eau par bassin versant qui tend à se développer actuellement. Celle-ci permettrait à des pays appartenant à un même bassin versant de ‘coordonner’ leur utilisation de l’eau et éviter les conflits d’usage qui se posent actuellement : la Somalie, le Tchad, la Namibie, le Botswana aux ressources internes limitées, consomment actuellement plus qu’ils ne produisent. Si la pénurie d’eau venait à s’aggraver, de telles situations pourraient aboutir à de fortes tensions, voire des conflits.

Enfin les ressources en eau apparaissent très hétérogènes sur le continent. Alors que les pays du Sahel sont presque dénudés de ressources en eau, des pays tels le Zaïre, Madagascar possèdent ‘plus qu’il ne faut’ de ressources en eau.

 

Pour mieux cerner ces disparités et mieux évaluer à quel point certains pays du continent sont dépourvus en eau, voici deux cartes représentant respectivement les ressources en eau sur le continent et les flux moyens d’eau par habitant .

Ces dernières données, plus que les ressources internes et globales de chaque pays, tiennent compte de l’influence des grandes différences de densité de population, et sont donc plus ‘objectives'.

Ressources en eau

Pays classés suivant leurs ressources en eau par habitants

Une échelle conventionnelle des richesse en eau relatives, établie à partir d’une gamme de situation réelles très étendues, évalue en fonction de ces flux, ‘ la situation ’ de ces pays vis à vis de leur ressource en eau. Les deux classes centrales correspondent au groupe de pays le plus nombreux :

 

m3/an/hab

Pléthore

> 100 000 voire 1 000 000

Abondance

10 000 à 100 000

Suffisance

2 000 à 10 000

Modicité

1 000 à 2 000

Pauvreté

500 à 1 000

Dénuement

< 500

 

 

Enfin les tableaux suivants permettent de placer dans un contexte international la situation de l’Afrique et mettre ainsi de nouveau en valeur l’hétérogénéité des ressources en eau du continent et la situation extrêmement précaire de ce continent.

Pays qui offrent le moins de ressources en eau par habitants :

Ressources en eau douce naturelles et renouvelables dans le monde :