Superficies avec contrôle de l'eau


La diversité des méthodes d'irrigation utilisées en Afrique a nécessité le choix d'une typologie adaptée permettant de décrire au mieux la situation de chaque pays. L'ensemble des terres sur lesquelles l'eau est mise à profit pour la production agricole est décrit sous l'appellation de "superficies avec contrôle de l'eau", le terme de "superficies irriguées" étant réservé aux terres équipées d'ouvrages hydrauliques : périmètre en maîtrise totale ou partielle, marais ou bas-fonds équipés et épandage de crues (tableau 3). Les marais et les bas-fonds cultivés non équipés et les superficies en cultures de décrue, étant des exemples de superficies avec contrôle de l'eau, ne faisant pas partie des superficies irriguées.

Les superficies avec contrôle de l'eau s'élèvent à 14,3 millions d'hectares. Elles sont très inégalement distribuées sur le continent, le Nord représentant plus de 40% du total. Leur part dans l'agriculture nationale varie également beaucoup : de moins de 1% des terres cultivées (Zaïre, Ouganda, Ghana, Togo, Comores) à 100% dans les pays les plus arides (Egypte et Djibouti où l'agriculture n'est pas possible sans irrigation).

Cette distribution des terres avec contrôle de l'eau met bien en évidence la relation entre le climat et le rôle que joue l'irrigation dans l'agriculture. En Afrique équatoriale, là où les précipitations sont les plus importantes, l'agriculture pluviale est prédominante. L'irrigation y est pratiquée pour mener à bien des cultures de contre-saison, pour la riziculture, pour sécuriser des spéculations exigeantes en eau, ou sous forme de culture de marais et de bas-fonds. Par exemple, à Madagascar, l'irrigation du riz sur les plateaux est très développée, ce qui explique le fort pourcentage de la superficie avec contrôle de l'eau en fonction de la superficie cultivée, bien que la pluviométrie soit importante dans ce pays.

Au niveau national, la distribution des superficies avec contrôle de l'eau est très inégale. Cinq pays (l'Egypte, le Soudan, l'Afrique du Sud, le Maroc et Madagascar), qui couvrent 19% de la superficie totale de l'Afrique, ont à eux seuls plus de 60% des terres avec contrôle de l'eau. Ce chiffre monte à 80% si on y ajoute le Nigéria, la Libye, l'Angola et la Tunisie. A l'inverse, 28 pays, qui couvrent 30% de la superficie totale de l'Afrique, se partagent à peine 5% des terres avec contrôle de l'eau.

Parmi les cinq classes de contrôle de l'eau présentées au tableau 3, on constate que l'irrigation en maîtrise partielle ou totale représente la majeure partie de ces superficies (81%). Parmi les autres classes de contrôle de l'eau, les marais et bas-fonds cultivés et les cultures de décrue sont majoritaires (15% du total). Mise à part l'irrigation en maîtrise totale ou partielle, présente dans pratiquement tous les pays, les autres catégories sont concentrées dans un nombre restreint de pays.

En ce qui concerne les techniques d'irrigation utilisées dans les périmètres en maîtrise totale ou partielle, l'irrigation de surface domine les autres techniques (près de 80% des superficies). On recense cependant plus d'un million d'hectares de superficies équipées en aspersion, la plus grande partie étant concentrée dans les pays du Nord (Libye, Egypte, Maroc, Tunisie) ainsi qu'au Zimbabwe et en Afrique du Sud. En termes relatifs, l'aspersion représente la technique la plus répandue, principalement dans les pays d'Afrique australe tels que le Botswana, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud qui bénéficient d'une tradition dans ce domaine. Enfin c'est en Egypte et en Afrique du Sud que l'on trouve concentrées les plus importantes superficies équipées en micro-irrigation.

Superficie avec contrôle de l'eau (1 000 ha)