INTRODUCTION

Les pays africains sont confrontés à divers problèmes liés à l’eau tels que la pénurie d’eau, les maladies hydriques, ou les inondations, qui s’aggravent d’année en année et aboutissent à des situations préjudiciables à leur développement économique et social. Les causes principales des ces problèmes sont la forte croissance démographique, la pauvreté, la sécheresse, la désertification, et la gestion sectorielle des ressources en eau.

Les systèmes de transport d’eau constituent un élément essentiel du développement socio-économique des pays en voie de développement. Avec des ressources locales surexploitées, les gestionnaires doivent pomper l’eau à des distances en des quantités toujours plus grandes.

En 1997, la Banque mondiale estimait qu'entre 600 et 800 milliards de dollars devraient être mobilisés dans les dix prochaines années afin de répondre aux besoins en adduction, assainissement et irrigation de la planète. Selon l'ONU, 80% de la population mondiale sera concentrée dans les villes en 2010. Les efforts concernant la question de l'eau devront donc se faire dans le domaine de l'assainissement et des réseaux d'eau potable des grandes villes.

Longtemps considérée comme un bien gratuit, l'eau est aujourd'hui considérée comme un bien économique. Le concept de "marché des droits de l'eau" au sein d'un même bassin a été développé récemment par les économistes de la Banque Mondiale. Il s'agit, dans le cadre d'une coopération régionale pour l’harmonisation des actions et la concertation, de réguler la répartition entre les divers usages en autorisant des transactions entre agriculteurs, municipalités et industriels, et en mettant en œuvre un processus de gestion intégrée des ressources en eau.

A l'échelle mondiale, le concept de "marché de l'eau" est vide de sens. En effet, l'eau ne peut pas être transportée sur des longues distances, contrairement à l'énergie. Certains parlent en revanche du "marché de l'eau virtuelle": il s'agit du commerce mondial de produits agricoles qui constitue souvent la réponse à l'insuffisance des ressources en eau des pays confrontés à la pénurie.

Dans les pays industrialisés, les grands chantiers de l’avenir sont ceux du renouvellement des réseaux d’adduction d’eau. Dans les pays en voie de développement les marchés du futur sont les grands travaux de création de réseaux neufs et d’extension des réseaux. Ils appellent déjà une compétition effrénée entre les grands opérateurs mondiaux de l’eau et du génie civil.

Nous avons pu distinguer dans notre étude trois grands types de projet dans le domaine du secteur de l'eau en Afrique : les projets de réseaux d'adduction d'eau, les installations de traitement d'eau potable et usée, et les ouvrages hydroélectriques. Parfois les trois domaines se chevauchent dans un projet global. Pour ce qui est du coût d'un projet, il est intéressant de distinguer les coûts d'investissements des coûts de fonctionnement.

Cette étude s'intéresse dans une première partie aux modes de financement des infrastructures hydrauliques et des secteurs de l'eau dans les pays en voie de développement et en particulier en Afrique. Elle s'efforce ensuite de donner une vision globale mais non exhaustive des grands bailleurs de fond qui financent une grande partie des projets liés à l'eau en Afrique, ainsi que des organisations non gouvernementales et des organisations internationales qui offrent des cadres et des compétences techniques pour les mener à bien. Enfin, dans une troisième partie, une étude géographique par région illustre par des exemples de projets le début de l'exposé.