LES ACTEURS ECONOMIQUES 

 

1. Les grands bailleurs de fonds 

2. Les organisations internationales

  

 

 

   

1. Les grands bailleurs de fonds 

Les projets dans le secteur de l'eau en Afrique sont essentiellement financés par des grands bailleurs de fond internationaux sous forme de prêts ou de dons. Il est difficile de dresser une liste exhaustive ainsi qu'un montant global des financements. Nous avons sélectionné ceux qui nous semblent les plus présents en Afrique: la Banque Mondiale, la Banque Européenne d'Investissement, la Caisse Française de Développement, et la Banque Africaine de Développement. Parmi les autres bailleurs de fond, on trouve la BIRD, et des pays tels que l'Allemagne et le Japon... La plupart du temps ces bailleurs de fond accordent les marchés aux entreprises privées par un système d'appels d'offres internationaux.

La Banque Mondiale est certainement l'institution qui finance le plus grand nombre de projets en Afrique, dans des secteurs aussi différents que les télécommunications, les transports, l'industrie, l'agriculture, mais aussi, et c'est ce qui nous intéresse, le secteur de l'eau, c'est-à-dire : l'assainissement, l'adduction, l'irrigation, le captage ...

Pour avoir une idée de la part accordée à l'eau par les décideurs de la Banque Mondiale, il faut savoir par exemple qu'en 1997, environ 15% des prêts octroyés ont été destinés au secteur de l'eau : 40% à l'irrigation et au drainage, 40% à l'approvisionnement en eau potable et à l'assainissement, et 20% à l'hydroélectricité (les mêmes pourcentages que ceux du secteur global de l'eau dans les pays en voie de développement). Au cours de cette même année, la Banque Mondiale a accordé 17 milliards de dollars de prêts pour des projets liés à l'eau dans les pays en voie de développement, alors que le total des investissements dans le secteur de l'eau dans ces pays a été d'environ 65 milliards de dollars. Les investissements sont donc en grande partie d'origine interne, les origines externes provenant principalement de la Banque Mondiale.

Ces dernières années, les prêts de la Banque mondiale à l'appui de projets d'approvisionnement en eau ont enregistré une hausse spectaculaire, en particulier en zone rurale . La Banque finance deux grands types d'opération :

Ces fonds sociaux sont des intermédiaires quasifinanciers qui drainent des ressources vers de petits projets destinés aux communautés défavorisées. Ces projets peuvent financer un certain nombre de sous-projets (approvisionnement en eau, écoles, routes, etc.) et méritent une attention particulière, car ils se sont taillé une place grandissante dans le programme de prêt de la Banque (plus de 45 projets ont été approuvés) ; ils comportent souvent d'importants volets d'approvisionnement en eau en milieu rural.

 

Exemples de prêts accordés par la Banque Européenne d'Investissement:

 

 

Fin Décembre 1997, la Caisse Française de Développement accordait 292.5 millions de francs (50% en prêts, 50% en dons) pour le financement de divers projets de développement dans neuf pays africains, dont quatre étaient concernés par des projets hydrauliques:

 

 

Exemple de prêt accordé par la BAD: 70.4 millions de dollars à l’Algérie en 1998 pour financer des projets d’approvisionnement et d’assainissement d’eau à Sidi-Bel-Abbes et à Oran. Les travaux devraient commencer en Septembre 1999 et durer 4 ans. Ce prêt est remboursable sur 10 ans.

 

Le passage par les appels d'offres internationaux est le système le plus utilisé par les grands bailleurs de fonds tels que la Banque Mondiale et la Banque Interaméricaine de développement pour l'attribution des marchés. Pour les sociétés privées il s'agit de comprendre tout d'abord le processus d'élaboration des projets à la Banque Mondiale, puis le cycle et les règles de passation des marchés:

Le principe de base de passation de marchés à la Banque mondiale est l'appel à la concurrence internationale. Les principaux critères d'attribution des marchés sont l'économie et efficacité, développement d'industries locales égalité de traitement Cependant, cette méthode n'est pas toujours la plus efficace et économique, notamment lorsqu'il s'agit de montants de projets faibles, lorsque le projet doit être réalisé rapidement ou lorsque il ne peut pas y avoir de concurrence internationale. Dans ces cas, d'autres méthodes sont utilisées, telles que les appels d'offres internationaux restreints ou les appels à la concurrence nationale.

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2. Les organisations internationales

De nombreuses organisations non gouvernementales et commissions internationales offrent un cadre de réflexion, d'élaboration et de gestion de projets liés à l'eau pour les pays en voie de développement. Les principales sont l'Académie de l'Eau, la Commission Mondiale des Barrages, l'Office International de l'eau, et le Partenariat Mondial pour l'Eau.

L’année 1998 a vu la question du droit international de l’eau revenir au goût du jour au cours de plusieurs conférences internationales. La création d’un Fonds International de l’eau et d’un Tribunal International de l’eau a été évoquée.

Organisme neutre et apolitique, l'Académie de l'eau basée à Stockholm a été créée en Janvier 1998. Elle a pour objectif de promouvoir une certaine conception de la diplomatie appliquée au partage des fleuves. Elle se veut être une structure souple et neutre par le biais de laquelle deux parties ayant un différend peuvent le régler par des négociations secrètes et par des débats publics. La démarche associe des diplomates ainsi que des industriels et des professionnels de l’eau. Appuyé par le gouvernement norvégien, l’ONU et la Banque Mondiale, le budget de l’Académie de l’eau s’élève à 1,8 millions de dollars. La structure compte une trentaine de membres et souhaite s’agrandir.

Cette commission indépendante a été créée à l'initiative de la Banque Mondiale et de l'Organisation mondiale pour la Protection de l'Environnement afin de résoudre les problèmes posés par la construction de barrages dans le monde. Elle est présidée par le Professeur Kader Asmal, ministre sud-africain des Eaux et des Forêts, et regroupe opposants et constructeurs de barrages. Son action n'est pas d'examiner chaque projet mais de consulter les différents acteurs afin d'établir des directives et des critères communs pour les projets à venir. Cette initiative intervient dans un contexte tendu où les pressions des lobby anti-barrage sont fortes. La commission vise à "instaurer une approche plus responsable de la construction des grands barrages en réalisant une étude à l'échelle mondiale de leur coûts et avantages". En septembre 1998 cette commission a annoncé une étude de faisabilité concernant 150 barrages sur plus de 10 grands fleuves dans le monde.

L'Office International de l'Eau a été créé en 1991 pour tenter d'apporter des réponses concrètes aux situations locales, en s'aidant de l'expérience acquise en France dans le domaine de l'eau. C'est une association de type loi de 1901, qui réunit l'ensemble des organismes publics ou privés impliqués dans la gestion des ressources en eau partout dans le monde ; elle a pour but de tisser des liens de collaboration entre ses partenaires.

L'action de l'OIEAU est orientée selon quatre directions :

Il a été créé en août 1996 par un groupe d'organisations internationales : gouvernements, banques multilatérales, organismes émanant des Nations Unies, associations professionnelles, instituts de recherche, sociétés privées et ONG s'y regroupent afin de " coordonner la recherche de solutions aux problèmes de l'eau à l'échelon planétaire ". Le GWP a mis en chantier un tour d'horizon des grands domaines de l'eau ( santé, agriculture, environnement, industrie ) , et dans chacun des domaines, s'efforce d'identifier les efforts menés et les moyens d'élargir ces programmes pour couvrir des aspects qui ne sont pas pris en compte.

Contact : http://gwp.sida.se

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 Portfeuille de la Banque Mondiale dans la Région Afrique

Projets et Engagements*

Fin Ex. 97 et Fin Ex. 98

 

SECTEUR

Nombre de projets

Fin Ex. 97

Nombre de projets

Fin Ex. 98

Engagements
(USD millions)

Fin Ex. 97

Engagements
(USD millions)

Fin Ex. 98

Agriculture

100

97

2 646

2 321

Dév. urbain

35

30

1 369

1 206

Eau et assainissement

24

28

1 368

1 478

Éducation

42

46

1 337

1 590

Électricité et énergie

27

28

1 380

1 686

Environnement

18

25

325

390

Finances

21

16

942

382

Gestion du secteur public

42

43

1 260

1 352

Hydrocarbures

8

9

259

250

Industrie

8

7

187

184

Industries minières

7

6

125

69

Opérations plurisectorielles

35

33

1 955

1 966

Population/

santé/nutrition

44

50

1 416

1 494

Protection sociale

31

33

743

744

Télécom.

2

2

87

87

Transports

49

50

2 730

3 072

TOTAL

493

503

18 130

18 274


*Renseignements tirés de Operations Web Links (OWL) Portfolio Performance Monitor, 16 juillet 1998.

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