CONCLUSION

En Afrique, avec l'augmentation des consommations et de la pollution, l'eau risque de devenir, comme c'est déjà le cas dans les pays arides, un facteur limitant du développement économique et social. Ce qui s'impose donc, c'est une gestion globale et intégrée des ressources, au niveau naturel des grands bassins versants.

En effet les difficultés rencontrées dans les pays africains ne proviennent pas forcément d'insuffisances technologiques, mais parfois d'un déficit d'organisation institutionnelle et économique, de l'absence ou du non-respect des réglementations et d'un manque d'information des professionnels ou des usagers.

D'autre part, l'Afrique a vécu jusque dans les années 50 un développement de ses installations hydrauliques imposé par les puissances coloniales, et qui s'est avéré souvent mal adapté: on trouve ainsi en Afrique Noire des barrages sur-dimensionnés, sujets à l'envasement, dont l'énergie est souvent perdue, et dont l'utilité pour l'irrigation est parfois réduite.

Aujourd'hui, l'Afrique digère les effets qu'a eu le décalquage des méthodes occidentales sur des terres totalement différentes. Et si la "nouvelle" politique de l'eau en Afrique - intrusion du secteur privé, planification, mise en place d'un législation et d'une gestion par grands bassins versant - ressemble à celle que l'on pratique en Europe, les dirigeants africains savent maintenant les erreurs à ne pas commettre.

Cependant, il serait illusoire de placer cette volonté d'organiser la politique de l'eau avant de s'appliquer à rendre universel l'accès à l'eau potable. Ainsi, pour les pays les plus défavorisés de point de vue hydrologique ( tels l'Ethiopie, le Soudan, l'Erythrée... ), le plus urgent serait que les institutions internationales parviennent à convaincre les investisseurs de la nécessité de s'y engager.