4. L’érosion du lido palavasien

Comme nous venons de le voir, la houle transporte des quantités de sable importantes. Suivant la direction de la houle par rapport à l’orientation du lido, elle va réagir différemment. Si la houle arrive obliquement, alors son déferlement entraîne le sable vers le rivage alors qu’en se retirant, la mer remporte avec elle le sable dans la direction de la plus grande pente. Finalement le sable se déplace le long du lido dans le sens de la houle, mais en dents de scie (jet de rive). Les autres houles arrivant sur le rivage avec une cambrure plus importante, déferleront plus tôt. Elles formeront une barre littorale parallèle au rivage. Entre le rivage et la barre se trouve le courant littoral de houle qui transporte d’importante quantité de sable : le transit littoral. L’observe des fonds marins palavasiens montre qu’il n’y a pas une mais deux barres, la première située à 2m de la rive et la seconde à 5, 6m (hauteur des houles de tempêtes). En supposant que cette quantité de sable, transportée pendant un temps T, soit proportionnelle à l’énergie de la houle sur le point de déferler (en H3), on trouve que le débit moyen du sable transporté varie en H3/T.

Il arrive que ce sable puisse s’échapper du courant littoral par le biais de rip current (trou dans la barre).

 

 

Il convient enfin de préciser l’importance des houles de tempêtes sur le transport sédimentaire. Celles-ci, provoquées par d’importants vents sud sud-est remanient les fond jusqu’à de très grandes profondeurs. La barre est détruite, laissant le sable s’échapper vers le large. Le littoral souffre alors d'érosion.

Il est important de noter la différence entre l’érosion locale et globale. La première est provoquée par les phénomènes ci dessus, localement du sable se déplace occasionnant des déficits ou parfois des gains (engraissement). L’érosion globale correspond à une usure des matériaux (en perpétuels mouvements) qui s’érodent. Ils deviennent plus fins et sont alors emportés vers les grands fonds où ils sont " perdus " par le littoral. L’engraissement global correspond à un apport de matériaux par charriage sur le fond des rivières.

Pour évaluer les apports ou pertes de sédiments sur le lido, on ne peut pas se contenter d’observer la nouvelle forme du rivage par rapport à l’ancienne. En effet, il faut évaluer la différence des volumes de sable présents entre le lido et à quelques dizaines de mètres au large (suivant les plages). Ceci est réalisé à partir de profils en travers superposés sur plusieurs années.

Le lido palavasien souffre d’érosion globale, locale mais aussi d’engraissement local. Il existe des zones plus fragiles que d’autres : érosion locale et finesse du lido. Divers ouvrages de protection sont déjà en place, comme des épis associés à des brises lames aux abords des stations balnéaires. Il semble en effet plus important de protéger ces endroits pour des raisons économiques d’une part mais aussi parce que les stations ont été construites sur d’anciennes dunes (réserve de sable) et sont plus facilement érodables (à cause des aménagements).

 

Comment protéger le lido palavasien ?

Cette question a été maintes fois soulevée au cours des années et de nombreuses études ont été réalisées.

En effet, le lido, très fin, souffre ponctuellement d’érosion. Les tempêtes successives ont pour effet d’ouvrir les graus (qui se referment rapidement), d’éroder le lido par submersion et franchissement, d’araser les dunes, d’étaler dans les étangs d’importants volumes de matériaux. Le lido palavasien est donc menacé de disparaître. Il existe quatre options d’aménagements différentes qui pourraient apporter une solution au problème rencontré.

 

C’est la seconde solution qui semble la plus intéressante, c’est aussi celle que la SOGREAH a retenue et étudiée plus en détails.

En effet cette solution présente les avantages suivants :

Elle présente aussi quelques inconvénients, entre autres il faudra une surveillance régulière de l’ouvrage car le lido est soumis à d’éventuelles modifications naturelles (il bouge).

 

Cet ouvrage a pour but d’éviter que les tempêtes qui franchissent le lido ne l’endommage pas systématiquement.

L’ouvrage est décrit comme suit :

 

Ce profil a été établi à partir d’études préalables sur le papier, d’adaptation au milieu naturel considéré, de considérations financières, d’essai sur modèle miniature et d’essai sur le terrain.

Cet ouvrage a donné des résultats satisfaisants à ce jour : alors que le lido n’a pas subit de dégâts au niveau de l’ouvrage, d’autres parties du lido ont été abîmées au cours des tempêtes qui ont suivies sa construction.

Continuer la présentation

Retour au sommaire