Les courants marins:

          Les mers et océans sont le siège d'une vie complexe et grouillante en eau peu profonde, alors que les zones abyssales sont balayées par des courants très puissants. Ainsi, la vie est régie par des mouvements induits par les courants marins. Ces derniers résultent de différences de densité, de l'action des vents, ... Force est de constater que ceux-ci ont des champs d'action énormes, puisqu'ils couvrent des zones non négligeables à l'échelle mondiale, et "relient" parfois des continents.

Courants de densité:

          Comme leur nom l'indique, ils sont étroitement liés à la densité: à l'origine de ce qu'on appelle les eaux profondes (mer de Meddel et de Ross), plus salées et plus denses (car peu mélangées), qui coulent donc plus, ils permettent également à celles-ci d'atteindre parfois la surface (eaux d'Antarctique). Bien que les forces thermohalines leur soient souvent consubstancielles (car la une baisse de température s'accompagne d'une augmentation de densité), les mouvements correspondants sont très lents (environ 0,03 cm/s).

Courants de turbidité:

        Ces courants constituent un cas particulier des courants de densité. Ils résultent le plus souvent d'un excès de densité dû à une charge en sédiments, et sont très sensibles à la température. Ce phénomène est responsable de la sédimentation de formations détritiques anciennes, encore appelées "flysch". On leur attribue également la responsabilité de ruptures de câbles immergés, d'érosion, ou de dépôts en excès.

        Ces remarques ont amené les scientifiques à prendre en compte l'intervention de ce courant dans la formation de "turbidités" (sédimentation de corps sédimentaires) au fond des océans et des lacs, naturels ou artificiels. Ils transportent également du sable et des boues de la côte vers le large.

        Aucun courant de turbidité n'a jamais été observé dans le domaine marin: plusieurs théories ont cependant mené à cette conclusion. En effet, elles visaient à expliquer la présence de sables grossiers dans les domaines abyssaux océaniques.

Courants induits par les vents:

         Bien que les vents soient des phénomènes strictement atmosphériques, ils agissent sur les océans par le biais de la viscosité. En effet, en soufflant sur la surface des océans, ils entrainent des masses d'eau de surface considérables; la viscosité de l'eau se charge alors de transmettre ces mouvements aux couches inférieures. Ce mécanisme est à l'origine de courants et mouvements très classiques, décrits par le schéma de la spirale d'Eckman.

           Cependant, il faut souligner que les mouvements du vent sont freinés, et déviés (d'environ 45° par rapport au vent), avant d'engendrer ces courants: en effet, à grande échelle, la force de Coriolis n'est pas négligeable. Ainsi, lorsque les effets du vents sont transmis de proche en proche vers le fond, ils subissent l'action de la rotation de la Terre, qui tend à les dévier vers la droite quand on est dans l'hémisphère Nord, et vers la gauche sinon. Mais cette influence n'est effective que si la profondeur reste supérieure à la profondeur de frottement.

       Le schéma ci-dessous explicite le mécanisme:

          Les courants de surface chauds sont aussi inhérents aux vents, mais ils ont la particularité de couler en permanence depuis les tropiques jusqu'aux latitudes plus grandes. Un exemple simple repose sur les courants à limites occidentales, qui sont très rapides, et très chauds, et qui coulent des tropiques jusqu'aux latitudes tempérées. Le Gulfstream en est le plus connu, très puissant, chaud, profond, rapide et assez salé. Celui-ci sépare les eaux de "haute-mer", des côtières. Par analogie, on peut parler de courants à limites orientales, comme le courant de Californie, très lent, large, froid, peu profond. Ils sont souvent associés aux upwellings. Le vent souffle alors parallèlement aux côtes, et provoque des courants allant vers le large.

        Enfin, les courants froids, qui partent du pôle vers les zones tempérées sont du même type, et tournent dans le sens horaire au Nord, et dans le contraire au Sud.

Courants de compensation:

          Ces mouvements d'eau se manifestent principalement au niveau des détroits. En effet, comme leur nom l'indique, ils prennent naissance pour combler le déficit en eau survenu à la suite de l'évaporation. On remarquera cependant qu'un courant contraire apparaît également presque toujours en sens inverse, mais dans une moindre mesure.

         On peut ainsi citer celui qui fournit de l'eau à la Méditerrannée au détroit de Gibraltar, en prélevant de l'eau de l'océan Atlantique.

Actions des courants:

        Comme on l'a vu, les courants ont pour première propriété, le transport de l'eau.

        Mais il ne faut pas non plus négliger leur pouvoir d'érosion: en effet, les fonds et les sols peuvent parfois subir des dommages irréversibles (cf. Plateau de Blake).

       De plus, le transport de sédiments associé aux différents courants est aussi une donnée aux effets parfois bénéfiques. Selon la force des courants (courants de marée, ...), on assiste à un transport vers la côte ou le large, de fines particules (sable), ou d'entités plus conséquentes, pour construire des fonds marins....

       Le courant de Somalie constitue un exemple très intéressant et unique: il change de direction deux fois par an; il coule vers le Nord de mai à Septembre, accompagné d'upwellings et d'apports de matière pour la faune et la flore marine. Puis, il coule vers le Sud le reste du temps, créant un appauvrissemnt de la productivité.

Upwelling-Downwelling:

         Ces phénomènes vont de paire avec les courants et les côtes: en effet, ils sont caractérisés par des apports en surface d'eau fraîche, riche en nutriments, provenant des fonds. Ainsi, les vents et la rotation de la Terre chassent les eaux de surface des côtes occidentales vers le large, créant un "vide", qui est alors comblé par l'ascension des eaux profondes. Ceci est très favorable au développement de la vie. On constate alors une sorte de cycle fermé, qui permet d'expliquer les différences de température responsables de la présence d'eau plus froide sur les côtes qu'au large, en particulier sur l'océan Pacifique. On retrouve cependant ces phénomènes dans l'Atlantique, le Pacifique et l'océan Indien. Le mécanisme est décrit ci-dessous.

        De la même façon, on remarque sur les côtes orientales, des "downwellings", où l'eau de surface a tendance à couler pour compenser le vide créé par la disparition des eaux profondes. On obtient alors un mécanisme décrit ci-dessous.

        L'un des bienfaits des upwellings consiste à apporter des métaux lourds et des matières précieuses. Ces effets positifs, comme toujours, sont accompagnés de conséquences perverses: ces zones subissent de gros problèmes de propriété, puisqu'alors beaucoup de monde en revendique l'exploitation. Un autre problème, d'ordre écologique, apparaît aussi: le fait de mettre en mouvement du sable qui contiendrait beaucoup de sédiments fins, peut perturber l'écosystème, en filtrant un peu plus la lumière,... Enfin, on peut redouter l'exploitation de sable dans des zones où la nature ne compense pas d'elle même ces fuites de matière. Par contre, des pays comme le Japon ou la Grande-Bretagne peuvent profiter de leur situation pour exploiter le sable présent dans leurs eaux.

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