Sédimentation:

        La vie marine est associée au transport et à la formation de sédiments. En effet, les mouvements marins provoquent l'érosion des fonds, et le transport de quantités de sable et de détritus apportés initialement par les fleuves. Force est de constater que ces phénomènes restent malgré tout très divers, et que certains signes permettent de les identifier plus aisément.

Responsables du transport des sédiments:

         Quand la houle de haute mer arrive en eau peu profonde, elle acquiert alors la capacité de mettre en mouvement plus de sédiments qu'en eau profonde, car la hauteur de l'eau est liée aux longueurs d'ondes et à l'énergie mise en jeu.

        De la même façon, la houle de tempête favorise l'augmentation de la vitesse des courants, et donc l'érosion des sédiments côtiers, qui sont arrachés puis redéposés au large.

       Dans le même ordre d'idée, on fera remarquer que l'action des vagues n'est importante que si les courants de houle sont faibles et si l'échelle de marée est petite. Ainsi, par beau temps, les sédiments ne sont concernés que pour des profondeurs de l'ordre de 10 à 20 mètres, qui correspondent à la limite de la zone du littoral. On peut donc résumer en disant que les vagues sont inefficaces pour transporter les sédiments, mais qu'elles permettent quand même de les mettre en suspension.

Mode de transport et forme du lit:

         La forme du lit des océans est un excellent indicateur de la vitesse et de la direction du transport des sédiments. On peut ainsi facilement interpréter les formes du fond: les traits constatés traduisent une grande vitesse dans la direction de ces saillies, tout comme les roches dénudées, alors que les formes en rubans et les traits transversaux plus épais sont le signe de vitesses plus réduites. Enfin, les sédiments ont pour chemins de prédilection, ceux traduisant des dissymétries, le long de chemins étroits et longs, où la houle est très forte. Ces passages sont longs de quelques centaines de kilomètres sur 100 à 200 km.

       La conséquence première est constituée par les bancs de sables de haute mer, qui en sont de vrais, bien que l'abus de langage les associe souvent aux littoral. Ils sont aussi le symbole de vitesses réduites, et peuvent s'étendre sur des longueurs de 80 km, des largeurs de 3km, et des hauteurs de quelques dizaines de mètres. Enfin, on peut remarquer que parfois, les sédiments ont tendance à rentrer dans les estuaires, bien que ceux-ci soient censés avoir un rôle inverse.

      Etant donné que le courant s'adapte au fond du lit, en le formant, ces formes ne correspondent pas nécessairement à la vitesse du courant de surface (décalages temporels). Et comme les techniques utilisées sont telles qu'on a tendance a surestimer les courants accélérants, et donc la taille des plus gros grains transportés, et à sous-estimer les courants décélérants, et donc le taux de transport de sédiments, il faut rester vigilants face à ces phénomènes.

Nature des sédiments:

       Le type de sédiments retrouvés sous l'eau dépend directement du climat, même sur les continents, puisque ceux-ci sont la source des sédiments, via les fleuves et rivières.

      Ainsi, dans les zones tropicales, très humides, les roches minérales se décomposent pour donner des boues, alors que dans les zones de hautes latitudes, c'est l'usure mécanique des roches qui est à leur origine, et non leur décomposition.

      On peut enfin remarquer qu'il est très difficile d'identifier des types de sédiments à des zones particulières, car, par définition, ceux-ci sont très anciens, et ont donc subi de nombreuses transformations, et ont été retravaillés par le temps, le courant et les vagues. Le seul point commun à tous les sédiments repose sur la présence de boues, graviers, et sables...

Quantités de sédiments mises en jeu:

        Les quantités transportées varient dans le temps: elles augmentent fortement de la morte-eau à la vive-eau, et suit également des cycles plus longs ( jusqu'à 100 ans).

       Il arrive quelquefois qu'un fort courant de très courte-terme s'oppose à un autre courant faible, mais dont la durée de vie est plus longue. Dans ce cas particulier, aucun mouvement net d'eau n'est observé, mais on constate au contraire un déplacement net de sédiments dans le sens du courant le plus virulent: en effet, le courant le plus calme ne parvient pas à en ramener assez. Il est aujourd'hui reconnu qu'une différence de vitesse, même minime (de 5 cm/s), peut créer une limite à un transport net de sédiments. C'est le cas des courants présents le long des côtes des îles Britanniques.

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