Trinôme 4: Laetitia Grimaldi - Sébastien Voisin - Sophie Ricci


Localisation des risques



 

Pour eviter les accidents dûs à ces écoulements de neige, le premier point que l'homme a développé est la quête d'informations. Il a voulu évaluer le risque avalanche, en menant différents types d'expertises. Et au fil des années, il a raffiné les outils utilisés. En effet cartographier les avalanches n'est pas chose aisée, car non seulement la carte doit permettre de visualiser l'étendue du danger, mais elle doit aussi analyser ce dernier en proposant des solutions. De plus, cela va sans dire que des problèmes d'aménagement du territoite se posent alors.



Recherche et archivage des informations

Dans un premier temps, l'homme a raconté. Il a raconté les avalanches et leurs terribles conséquences dans des romans, des essais, des articles de journaux, ou même des poèmes. Et c'est ainsi que l'on a pu retracer un historique des avalanches, comme à Auzat, où l'on possède des informations sur les avalanches jusqu'à la moitié du XIX°siècle.

Mais d'un point de vue plus formel, trois actions ont été instaurées afin de rechercher et archiver toutes les informations possibles sur les avalanches :

L'Enquête Permanente des Avalanches - EPA

Elle s'applique sur environ 500 couloirs et pour certains depuis près d'un siècle.
Des observateurs notent pour chacune des avalanches qui ont lieu leurs principales caractéristiques : date et heure de déclenchement, météorologie des jours précédents, type de neige, volume de neige charriée, caractère du cône de dépôt.
L'Observation Permanente des Avalanches - OPA

Cette action a été lancée pour la première fois en 1972. Elle consiste à relever très précisément, avec des instruments comme le théodolite par exemple, les avalanches qui touchent des périmètres sensibles, où l'on prévoit de construire ou d'installer des équipements.
Les Cartes de Localisation Probable des Avalanches - CLPA

Ce sont des cartes à moyenne échelle  : 1/20000 ou 1/25000, uniquement produites en France, sur lesquelles sont indiquées les couloirs d'avalanches les plus dangereux. Elles sont réalisées soit par photo-interprétation, soit par enquête sur le terrain.
La photo-interprétation est une étude des caractères physiques et géomorphologiques de photographies aériennes. On analyse alors le couvert végétal, les pentes, la nature du sol... Cette étude est réalisée la plupart du temps par l'IGN, Institut Géographique National.
La Suisse, par exemple, a commencé la couverture aérienne des zones à risque depuis 1946 et elle est réévaluée tous les 6 à 7 ans.
L'enquête sur le terrain permet de recueillir les témoignages oraux des habitants et les traces écrites. Elle prend en compte l'historique de l'avalanche et permet la reconstitution des trajectoires présumées des avalanches.
Ces cartes apportent des informations sur la localisation des avalanches, il s'agit d'une sorte d'inventaire ; en revanche elles n'apportent aucune indication temporelle : fréquence, durée, période...
Enfin, ces cartes ne sont pas des cartes de prévention disponibles pour éviter les couloirs : elles ne sont pas comercialisées, elle ne pourront pas renseigner le skieur ou le randonneur et ne sont consultables que dans les mairies ou les services concernés.

Ces cartes permettent néanmoins de réaliser un cadastre des avalanches.


La cartographie des avalanches

Les différentes actions présentées ci-dessus vont permettent de passer à une phase supérieure de l'analyse du risque avalanche, qui est la définition du danger encouru et l'établissement de règles de protection.
C'est le PZEA, Plan des Zones Exposées aux Avalanches, qui permet cette cartographie complète des avalanches et de leurs risques.
Ce document est établi à grande échelle, entre 1/1000 et 1/5000, est constitué de deux éléments : un plan de zonage et un rapport :

C'est la cartographie des zones à risques. On définit alors trois zones différentes, normalisées par trois couleurs différentes :

Il accompagne généralement le plan. Il recense les sources de renseignements, il énumère les documents utilisés, les reconaissances de terrains effectuées. De plus, il définit les conditions de l'analyse des risques et propose des prescriptions et des règles de sécurité à définir et à appliquer.

Les prescriptions que peuvent contenir ce rapport sont de plusieurs natures :

Le P.Z.E.A prend son caractère officiel en étant intégré dans un POS ou en étant approuvé par un arrêté préfectoral.


L'outil informatique : le SIT, système d'information du territoire.

D'après la loi, "un SIT constitue un instrument de décision dans les domaines juridiques, administratifs et économiques, et una aide pour la planification et le développement. Il comprend, d'une part, une base de donnée se rapportant au sol sur un territoire donné et, d'autre part, les procédures et techniques nécessaires à la mise à jour systématique, au traitement et à la diffusion des données."
Ainsi, le SIT n'est pas seulement une base de données, mais c'est aussi un outil qui permet la gestion et la mise à jour des données, pour la diffusion. Cet outil est né d'un désir de cartographie informatisée des zones à risques, en se fondant sur le principe de Système d'Information Géographique.

C'est donc une modélisation de la réalité réalisée à partir d'un jeu de données bien particulier. Il existe différents types d'alimentation d'un SIT en données spatiales, en voici une liste non exhaustive :

Cet outil est assez récent, et en pleine évolution. Il deviendra bientôt possible de mettre à disposition de l'utilisateur une information plus claire. Les système d'information géographique et les outils multimédias en général permettent une approche optimale de la gestion de l'information liée aux risques naturels et donc aux avalanches.


 

L'avalanche : un problème pour l'aménagement du territoire

D'après les textes législatifs : "l'aménagement du territoire vise à l'utilisation mesurée du sol, à un développement harmonieux des agglomérations et à la protection des bases de la vie (eau, sol...)"


C'est ainsi que les autorités responsables sont censées assurer la coordination entre les différents acteurs désirant de modifier l'occupation du sol, en minimisant les conflits. De là des POS,  sont élaborés les POS Plans d'Occupations des Sols, en prenant en compte les plans directeurs qui synthétisent à grande échelle l'information sur le territoire. Une zone soumise à un risque élevé d'avalanche n'est en principe pas constructible.

Cependant, ceci introduit des conflits d'intérêts. En effet, depuis le développement des stations d'hiver et l'urbanisation des montagnes, on a de plus en plus "rogné" sur les zones à risques, en y construisant des routes, des bâtiments..
Le résultat d'une expertise pourra alors entraîner des conflits importants. Suivant celui-ci, l' autorité, souvent représentée par le Maire, devra rendre inconstructibles certaines zones ou imposer la construction d'ouvrages de défense, actions qui la rendra impopulaire, et qui sont politiquement comme économiquement défavorables. La réalisation d'ouvrage de protection est coûteuses et la réduction de la zone constructible est une perte.


Par ailleurs, le résultat d'une telle enquête peut aussi pénaliser le propriétaire de terrains qui peut se voir interdit de toute construction.


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