Analyse des effets sur l'environnement

Analyse des effets sur l'environnement

A la lumière des enjeux identifiés dans la partie précédente, nous allons mettre en évidence les impacts du projet sur les différentes thématiques abordées.

La synthèse des impacts de chaque partie est représentée sous forme de carte éditée grâce au logiciel ArcGis.
 

Bilan des effets du projet

Le projet n'a pas d'impacts sur les servitudes. De forts impacts sont identifiés sur le milieu naturel, sur le milieu humain et le milieu physique. Des impacts moyens sont identifiés sur le paysage et le patrimoine culturel. De faibles impacts sont identifiés sur les risques.
Nous vous invitons à lire un peu plus en détail, les impacts identifiés par thématiques dans les pages suivantes.

 

Servitudes d'Utilités Publiques

Effets sur les Servitudes d'Utilités Publiques

 

Bilan des impacts sur les servitudes

Le projet n'intersecte aucune Servitude d'Utilité Publique. Il n'y a donc aucun impacts dû aux servitudes d'utilités publiques. Le projet va cependant engendrer de nouvelles servitudes liées aux nouvelles voies routières et bornes incendies, par exemple.

 

Milieu Physique

Les impacts sur le milieu physique

 

Bilan des impacts sur le milieu physique

L'implantation de l'usine sur les dunes boisées et l'installation d'un réseau de canalisations au sein des dunes grises et blanches provoquent des :

  • Dégradations temporaires des dunes blanches et grises,
  • Dégradations de la dune boisée sur toute la durée de l'exploitation,
  • Une augmentation de la surface imperméable,
  • Une augmentations des risques d'inondation,
  • Une augmentations du ruissellement,
  • Une augmentations du phénomène d'érosion dégradant le milieu et déstabilisant les structures géologiques,
  • Une augmentations des risques d'affaissement de terrain,
  • Une augmentations de la vulnérabilité des eaux souterraines à l'origine d'un degré moyen,
  • et une augmentation de la vulnérabilité des eaux superficielles (actuellement d'un niveau faible).

Pour accéder aux mesures mises en place pour réduire les impacts sur le milieu Physique et à leurs coûts, cliquez ici

 

Figure 1 : Carte de synthèse des impacts sur le milieu humain
(S.BAQUEY, A.BUENO)

Ces impacts identifiés sont détaillés dans les sous-thèmes ci-dessous :

Risques d'érosion

Risques d'érosion

 

La forêt domaniale repose sur des sables dunaires. L'aménagement de l'usine va altérer la stabilité des différentes dunes du littoral.
De manière temporaire, les dunes blanches et grises sont altérées : en effet, la phase de travaux induit la mise en place d'un système de pompage de l'eau de mer transportée par un réseaux de conduites jusqu'à l'usine.

De manière plus permanente (durant toute la période d'exploitation), l'implantation de l'usine entraîne une augmentation des surfaces imperméables réduisant l'infiltration de l'eau de pluie dans le sous-sol. Plusieurs conséquences sont identifiées :

  • Augmentation des risques d'inondation au niveau de l'espace aménagé,
  • Augmentation du ruissellement des eaux sur les différentes strates dunaires (boisées, grises et blanches),
  • Augmentation de l'érosion provoquant une instabilité des structures géologiques.
  • Augmentation des risques d'affaissement de terrain

Vulnérabilité des eaux

Vulnérabilité des eaux
souterraines et superficielles

En 2003, P. Corbier et V.Mardhel ont mené une étude sur la vulnérabilité des eaux souterraines ou  superficielles de la région du Pays de la Loire vis-à-vis de polluants. 

La vulnérabilité d'un aquifère dépend de la zone non saturée (ZNS) ainsi que des caractéristiques propres de la nappe. Concernant les eaux superficielles, la vulnérabilité est fonction de la pente ainsi que des propriétés lithologiques de la zone. De plus, l'IDPR (Indice de développement et de persistance des réseaux) est croisé avec la ZNS pour hiérarchiser les eaux souterraines. Il en est de même avec le paramètre pente, pour hiérarchiser les eaux superficielles. Par conséquent, ces deux paramètres, zone non saturée et pente, sont considérés comme les facteurs susceptibles de retarder ou d'accélérer la migration des polluants dans les milieux considérés.

Dans le cas du site d'implantation de l'usine de dessalement, l'IDPR indique une infiltration importante due aux pentes faibles, et à l'épaisseur moyenne de la zone non saturée. La vulnérabilité des eaux souterraines vis-à-vis des polluants de la zone d'étude est moyenne. Les eaux superficielles sont  faiblement touchées par des risques de contamination de polluants apportés au sol.

Figure 1 : Carte des vulnérabilité des eaux souterraines
(BRGM
)

Figure 2 : Carte des vulnérabilité des eaux superficielles
(BRGM)

Milieu Naturel

Effets sur le Milieu Naturel

Le site d'implantation de l'usine de dessalement couvre une surface de 20 ha. Ce qui implique un déboisement de 20 ha de forêt et un dérangement de la faune et des utilisateurs à proximité direct de l'usine. L'usine va donc modifier les milieux naturels présents à l'origine.

D'autant plus que le site d'étude est situé en zones naturelles sensibles désignées Natura 2000 au titre des Directive Habitat et Directive Oiseaux, ZNIEFF I et II. Des habitats d'intérêt communautaire risques d'être détruits et des espèces protégées menacées.

Aucune parcelle agricole n'est située sur la zone d'emprise du projet, il n'y a donc pas d'impact sur les activités agricoles, c'est une des volontés initiales du projet.

Les différents impacts du projet sur les habitats, les espèces, le bruit et la qualité de l'air sont présentés dans les pages qui suivent.

Un résumé de ces impacts est accessible dans l'encart ci-après et schématisés au sein de la Figure 1.

Bilan des impacts sur le Milieu Naturel

Le milieu marin est celui qui est le plus impacté à long terme. Le pompage d'eau de mer peu induire une modification des populations marines aux alentours par aspirations de plancton et choc d'organismes de tailles plus grandes.
L'estran et les dunes subissent un impact temporaire, lors de l'enfouissement des canalisations d'amené d'eau de mer.
La forêt va subir une suppression de 20 ha d'arbres de toutes essences. La continuité écologique est rompue.

Le rejet d'effluent dans le milieu marin présente un fort potentiel de pollution chimique et de modification de l'habitat. L'objectif de l'usine est de valoriser au mieux les effluents, notamments les saumures par des procédés innovants.
De ce fait, les saumures en seront pas rejetés en mer mais concentré grâce au procédé de Distillation sous vide et déposé pour décantation/évaporation dans des marais salants destinés exclusivement à cet usage.

Pour accéder aux mesures mises en place pour réduire les impacts sur le milieu Naturel et à leurs coûts,  cliquez ici.


Figure 1 : Carte de synthèse des impacts du projet sur le milieu naturel
(S.BAQUEY - A.BUENO)

 

Impacts sur les habitats

Impacts sur les habitats

Impacts sur les habitats

Estran et dunes

Le pompage de l'eau de mer se fait directement en mer et non sur la côte. Les infrastructures de pompages sont enfouies, pompes et canalisations ne sont pas visibles.
Il n'y a donc pas d'infrastructures construites sur l'estran, la plage ou la dune embryonnaire (dune mobile). Ces habitats seront modifiés lors de la phase des travaux, sur une période donnée, puis ils seront disponibles de nouveau à la faune et à la flore. Des efforts doivent être fait pour réhabiliter la zone d'enfouissement le plus rapidement possible et rendre l'habitat disponible à la recolonisation des espèces.

Forêts

Une surface de 20 ha de forêt est supprimée. Ce sont 20 ha d'habitats d'intérêt communautaire en moins pour les espèces occupant cet espace. Les oiseaux nicheurs et migrateurs vont être perturbés par cette perte.

Le corridor écologique constitué par la forêt domaniale est dégradé. La forêt n'est plus un ensemble continu.
De plus, l'augmentation du trafic routier dans la forêt va perturber les espèces à proximité des voies. Ces séparations écologiques limitent les déplacements des populations animales d'un fragment à un autre de la forêt.
Un impact indirect est la perte d'habitat le long de ces voies qui ne seront plus utilisés par les espèces dérangées par le bruit et la circulation.

L'activité de l'usine va engendrer une surfréquentation de la forêt.
Il est sûre que la zone d'emprise de l'usine sera déclassée et ne sera plus considérée comme un espace de biodiversité. La zone de l'usine sera exclue des espaces protégés et ce sur rayon à déterminer autour de l'usine.

Milieu Marin

Le forage de l'usine servant à pomper l'eau de mer se fait au niveau de la mer, il a une potentielle modification du milieu marin en amont de l'usine. La solution du pompage côtier n'est pas retenue, ce qui est positif pour l'environnement. En effet, il y a de fort risque de pollution des nappes d'eaux douces souterraines avec de l'eau salée aspirée par le pompage. 

Cependant, le pompage marin n'est pas sans conséquence, des organismes peuvent se trouver aspirés par la bouche de captage et se voir bloqués dans les tambours-tamiseurs filtrant. Ces derniers ont pour but de filtrer  les débris flottants et les organismes marins volumineux afin d'éviter qu'ils ne rentrent dans le système de pré-traitement. Ce qui engendre un impact sur la population marine :  heurt de poissons,  écaillage, désorientation ce qui rend les poissons alors vulnérables aux maladies et aux prédateurs. De plus, il y a une possible introduction d'espèces marines de tailles inférieures au maillage de la grille, à savoir 5 mm, comme le phytoplancton et le zooplancton. Ainsi, une diminution des populations à proximité de la bouche de captage est potentiellement observable

Les usines de dessalement d'eau de mer produisent un déchet, rejeté en mer : les saumures. Concernant notre projet, nous cherchons à éviter le rejet de saumure en mer. Pour cela, le trinôme travaillant sur le devenir des rejets dimensionne une solution de traitement pour éviter d'impacter le milieu marin.
Un scenario proposant le dépot de l'effluent dans des marais salants prévus à cet effet est étudié. L'utilisation des marais des salants est couplé à la Distillation Membranaire sous Vide, ce dernier procédé permet de concentrer les saumures (300 g/L)  et donc d'utiliser une surface de marais salants limitée. Le rejet en mer est donc évité. Notons que la consommation énergétique du procédé de distillation membranaire est importante et provoquera des émissions de CO2 l'ordre de XXXX ce qui n'est pas favorable à l'environnement. Mais est ce moins impactant que le rejet en mer. ????

En effet, les substances chimiques utilisées lors du pré-traitement classique de potabilisation se retrouvent dans l'effluent rejeté en mer en plus des saumures, Tableau 1.

Tableau 1 : Impacts des substances chimiques du pré-traitement du dessalement 1, 2

 

Utilisation Substances Impacts Devenir
Biocide Chlore Formation de Trihalométhanes cancérigènes 50% perméat, 50% saumure
Anti-tartre  Polyphosphates Eutrophisation Saumure concentrée
Coagulants  Chlorure ferrique  Turbidité de la saumure augmentée Éliminés par filtration
  Anti-mousse (détergent) Polyglycol Système membranaires intracellulaire des organismes modifiés Effluent marin
Métaux lourds (corrosion) Cuivre Intègre les organismes Effluent marin

Il y a donc des risques notables de pollution chimique de l'eau de mer avec la composition des rejets.
Dans le cas du rejet en milieu marin, le manque d'information sur les espèces du littoral et le manque de travaux de recherche sur l'effet de l'augmentation de la salinité de l'eau sur les espèces du littoral atlantique ne nous permet pas d'analyser précisément l'impact du rejet sur la faune et flore marine. Cependant, il est sûre que la modification de salinité induit un système stratifié de concentration en sel, avec une forte concentration en profondeur qui affecte les espèces benthiques. Le choc osmotique n'est pas toléré par tous les organismes, comme les algues par exemple. Ce qui a terme peut provoquer une diminution de la ressource nutritive de macro organisme et affecter leur abondance au niveau du site du rejet
.

Nous ne traitons pas des impacts des eaux de lavage et résiduelles de l'usine qui seront traitées in situ grâce à la STEP de l'usine.

Bibliographie :

1 Dessalement de l'eau de mer : bilan des dernières avancées technologiques ; bilan économique ; analyse critique en fonction des contextes, Engref, Agro ParisTech, Agence Française du développement, Farid Tata-Ducru, Janvier 2009.
2 Programme des Nations Unies pour l'Environnement  Dessalement de l'eau de mer dans les pays méditerranéens : évaluation des impacts sur l'environnement et lignes directrices proposées pour la gestion de la saumûre, Plan d'action pour la Méditerranée, septembre 2001.

Impacts sur les espèces

Impacts sur les espèces

Impacts sur les oiseaux

Différents types d'impacts sont à envisager. Tout d'abord, une dégradation et une perte de territoire et de corridors de déplacement.
De plus, il est possible qu'il y ait des destruction de nichées par la perte des 20 ha de forêt et les nichées à proximité de l'usine seront dérangées par le bruit durant l'exploitation.

Portons un intérêt particulier aux espèces protégées. Le Gravelot à collier interrompu est une espèce protégée et typique des plages de la région. C'est un oiseau nicheur sur les hauts de plage, cet espace sera impacté par l'usine lors de la phase des travaux uniquement.  La survie de cette espèce est donc préservée. De même, pour le Barge à queue noire nichant sur les dunes maritimes.

Cependant, d'autres oiseaux ne sont pas préservés. Le Milan noir qui établit la nidification en avril, à la cime des arbres, nids fait de branchages, chiffons, de papiers, de détritus. La Chouette hulotte, le nid est situé dans les trous d'arbres, il est utilisé en mars/avril. L'Engoulevent d'europe et le Vanneau huppé, ils installent leurs nids à même le sol des forêts.

Impacts sur les reptiles et mammifères

Concernant ce groupe, la perte d'habitat par destruction ou dégradation est l'impact majeur. Ce sont des animaux mobiles qui risque la collision routière, dû à l'augmentation de la desserte routière sur les routes menant à l'usine, notamment les espèces de grandes tailles comme l'espèce la Vipère aspic, espèce protégée de la zone d'étude.

Impacts sur les chiroptères (chauves-souris)

Les chauves-souris sont très sensibles aux changements de paysage et d'éléments structurant le paysage. Elles ne peuvent pas se déplacer sur de grandes zones ouvertes. L'ouverture des 20 ha de forêts ne leurs sont pas favorables. De plus, les éclairages installés sur le site et le long des chemins en forêts vont perturber leur perception de l'environnement et créer des barrières à leur passage. A l'opposée certaines espèces vont être attirées par les éclairage pour le ressource qu'ils représentent en terme d'insectes.

Impacts sur les amphibiens

Il n'y a pas de zones humides, mares ou réseaux humides dans la zone d'étude. Ces habitats en seront pas dégradés, les zones d'hibernation, reproduction et développement larvaire des amphibiens ne sont pas impactés.

Impacts sur le bruit et la qualité de l'air

Impacts sur le bruit et la qualité de l'air

Impacts sur le bruit

L'impact indirect majeur identifié lors de l'activité de l'usine est la nuisance sonore. Une autre source génératrice de bruit supplémentaire est le trafic routier au sein de la forêt, activité qui va augmenter considérablement après la mise en exploitation de l'usine. L'usine est une nouvelle source de bruit notable.

Impacts sur la qualité de l'air

L'usine de dessalement va générer des émissions atmosphériques importantes. La première origine des émissions est le dégazeur réduisant les gaz dissous et rejetant de l'azote et de l'oxygène. La deuxième origine est liée aux procédé d'osmose inverse, consommateur d'énergie donc générateur de gaz à effet de serre. Une méthode d'évaluation des émissions dû au procéde de dessalement, présentée par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, a été mise au point dans l'étude d'Afgan et al.1
L'étude propose des indicateurs environnementaux calculés en supposant que la source d'énergie électrique est locale, ce qui est notre cas, Tableau 1. Nous pouvons donc appliquer ces indicateurs environnementaux à l'usine étudiée. Sachant que l'objectif de production maximale journalière est de 40 000 m3, il est alors possible de calculer la quantité de gaz à effet de serre produit par une usine de dessalement par type de gaz. Puis ensuite convertir cette quantité en équivalent CO2. Au total, l'usine à puissance maximale produit 347 tonnes CO2/jour. Ce qui fait une production annuelle de 126 765 tonnes de CO2/an.

Tableau 1 : Indicateurs Environnementaux des émissions et émission annuelle du processus de l'osmose inverse

Indicateur environnemental (kg de gaz / m3) Coefficient   Emission journalière de l'usine Facteur d'Emission (FE) (kg eq CO2 / kg) à 100 ans Equivalent journalier (kg CO2)
CO2 6 240 000 kg de CO2 - 240 000
SO2 0.005 200 kg de SO2 0,12 24
NOX 0.009 360 kg NOx 298 107 280
Total journalier 347304 kg CO2/j
Total annuel 126 765 T CO2/an

Comme les émissions atmosphériques dues au procédé de dessalement sont directement en rapport avec ses besoins respectifs en énergie, nous cherchons à réduire l'impact de la production d'électricité nécessaire à couvrir les besoins en énergie de l'osmose inverse.

Pour cela, nous  nous appuyons sur les travaux du binôme réalisant sur la mise en place d'énergies renouvelables.
Ils conçoivent le couplage d'énergies renouvelables le plus rentable pour produire la consommation d'électricité  nécessaire au fonctionnement de l'osmose inverse. Ils ont estimé la consommation en électricité à 75 GWh/an.

Dans un premier temps nous estimons les émissions de gaz à effet de serre issu de la production d'électricité "classique" nécessaire à couvrir les 75 GWh/an.

Le Tableau 2 présente l'évaluation des émissions de gaz à effet de serre relative à ces besoins. Tout d'abord, nous avons considéré la répartition des sources de production électrique en France (hydraulique, nucléaire, ...) pour évaluer ce que cela représente à l'echelle de l'usine (GWh/an). Grâce aux coefficient d'émissions (g CO2/kWh) proposés par l'ADEME2, il est alors possible d'évaluer les émissions en équivalent CO2 de chacune des sources de production d'électricité.

Tableau 2 : Évaluation des émissions de gaz à effet de serre relative à la consommation d'électricité de l'usine de dessalement


 

Au bilan, un peu plus d'un million de tonnes de CO2 sont emises pour couvrir les besoins en électricité de l'osmose inverse avec une production d'électricité "classique". C'est un impact sur la qualité de l'air non négligeable, ce poste d'émission doit être réduit.

Pour ce faire, au bilan de leur travaux, le groupe travaillant sur la mise en place d'énergie renouvelable propose deux scenarii rentables présentés dans le Tableau 3. Pour chaque scénario, la part d'électricité produite par source est précisée. Ainsi, grâce aux coefficients d'émission, en gramme de CO2 par kWh, liés à la production d'électricité des pélamis3, de l'éolien terrestre4 et du photovoltaïque5, il est possible de calculer les émissions associées.

Tableau 3 : Évaluation des émissions de CO2 liées aux scenarii d'énergies renouvables

Aussi, au bilan, le scénario 1 engendre l'émission de 1515 T de CO2 /an. Ce qui est très faible comparé au millions de tonnes de CO2 émises par production d'énergie électrique classique.
Donc, la production d'électricité couvrant  des besoins de 40 000 m3 d'eau traitée par osmose inverse émet 1000 fois moins des CO2  par production avec des énergie renouvelables qu'avec les énergies classiques.

Bibliographie :

1 Afgan, H.N., M. Darwish and J. Cavvalho (1999), Sustainability assessment of desalination plants for water production. Desalination, 124:19-31

2 C. Cros, Tabet J.-P., Éléments de calcul des émissions de gaz à effet de serre dans les installations énergétiques, ADEME, Service économie, Février 2000

3  Professor Gareth Harrison, Life Cycle Assessment of Renewable Energy Sources and Energy Networks,  University of Edimburgh, Science and Engineering, Décembre 2010, disponible sur www.see.ed.ac.uk/~gph/carbon/, consulté le 06/03/2013

Life cycle assesment of onshore and offshore sited wind power plants of Vestas V90 3 MW turbines

5 International Energy Agency, Photovoltaic Power Systems Programme, rapport 10, Mai 2006, disponible sur base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7393.html#1, consulté le 06/03/2013

Paysage et Patrimoine culturel

Effets sur le Paysage et le Patrimoine culturel

L'impact direct majoritaire provoqué sera le changement de type de paysage du secteur d'étude. Le paysage littoral boisé sera modifié de manière permanente par l'implantation de l'usine. En effet, une surface non négligeable de forêt (20 ha) sera supprimée pour libérer un espace au devenir urbain. Il y aura une discontinuité paysagère au sein de la forêt domaniale,  visible le long des sentiers de promenade et le long de la route secondaire longeant l'usine au nord et accédant à la plage. La forêt concernée est une forêt domaniale, c'est donc une atteinte au patrimoine culturel. L'identitée paysagère et la quiétude propre au secteur seront modifiés.

Le forage de pompage d'eau de mer sera marin. Ce qui implique l'enfouissement de canalisation et de matériel allant du point de prélèvement à 1 km de la côte jusqu'à l'usine située à 500 mètres à l'intérieur des terres. Temporairement, il y aura une modification complète du paysage, le temps des travaux. Il sera important pour le porteur de projet de veiller à ce que suite aux travaux, le nécessaire soit fait pour revenir à l'état initial : plages continues le long du littoral et dunes végétalisées.
Il n'y aura donc pas de canalisations visibles de la mer à l'usine. A terme le paysage littoral ne sera pas impacté, le paysage des dunes et plages est ainsi préservé.

Les sentiers de promenades pédestres, équestres et cyclables au sein de la forêt seront conservés. Seul un chemin pédestre est coupé par l'emprise de l'usine.

 

Bilan des effets sur le Paysage et le Patrimoine Culturel

Le projet va provoquer une consommation de l'espace boisé disponible. Le paysage de forêt sur une surface de 20 ha va devenir un espace urbain. Le secteur d'étude sera artificialisé et l'harmonie paysagère perturbée. La zone d'implantation va faire apparaître une discontinuité. Le cadre de vie des utilisateurs sera modifié. Notons le déplacement d'un chemin pédestre coupé par le projet.
La Figure 1 synthétise les effets du projet sur le paysage.

Pour accéder directement aux mesures mises en place pour diminuer les effets du projet sur le paysage, cliquez ici.


Figure 1 : Synthèse des effets du projet sur le paysage
(S.BAQUEY - A.BUENO)

 

 

Milieu Humain

Les Impacts sur le milieu humain

 

Bilan sur les impacts sur le milieu humain

Les impacts positifs identifiés concernant ce thème sont :

  • Jusqu'à 200 000 habitants du territoire Vendée-Ouest auront accès à une eau potable provenant du dessalement de l'eau de mer,
  • Répondre aux besoins de la consommation croissante en eau,
  • Maintenir l'activité touristique du littoral,
  • Créer des emplois directs. La créations d'emploi est importante mais temporaire. En période d'exploitation, le bilan des emplois est difficilement chiffrable du fait de l'automatisation de ces installations,
  • Créer  des emplois indirects par le développement d'entreprises et de services,
  • Former et informer les populations aux métiers de l'eau et du dessalement,
  • Réduire le chômage,
  • Et redynamiser les activités des jeunes actifs.

Les impacts négatifs sont :

  • Augmentation du trafic
  • Une potentielle extension des villes sur les terres agricoles.
  • La modification des activités touristes. Deux phases sont identifiées : la première phase est celle de travaux. Elle implique une importante réduction des loisirs réalisés sur le littoral et la forêt domaniale (baignades, randonnées, motocross...) : il s'agit d'un impact temporaire.
    Sur le long terme,  les activités humaines (chasse, production de bois, randonnées) effectuées sur les 20 ha de dunes boisées seront nulles. Elles pourront cependant reprendre sur les dunes blanches et grises.
  • Destruction de chemin de randonnées à pied (GR8) , à VTT et équestre,
  • Destruction d'aménagement d'accueil du public (aires de pique-nique, parcours de découverte de la nature... )
  • Les missions exercées par l'ONF ne seront plus adaptés aux nouvelles conditions environnementales engendrées par l'implantation de l'usine. Il s'agit d'un impact temporaire,
  • Des risques de gêne du voisinage par le bruit de l'usine (impossibilité à estimer l'intensité du bruit émis).

Pour accéder aux mesures mises en place pour réduire les impacts sur le milieu Humain et à leurs coûts, cliquez ici
 

Figure 1 : Carte de synthèse des impacts sur le milieu humain
(S.BAQUEY, A.BUENO)

Ces points sont détaillés dans les sous-thèmes ci-dessous :

Impacts sur le milieu socio-économique

L'aspect socio-économique de la zone d'étude.

La Vendée subit des pénuries en eau de plus en plus fréquentes : l'inquiétude des autorités sur leur capacité à approvisionner les populations dans les années à venir est forte. Une usine de dessalement sur le territoire est la solution technique envisagée. Elle permet de produire au quotidien 20 000 m3 d'eau potable et est extensible à 40 000 m3. Ainsi entre 100 000 à 200 000 habitants du territoire Vendée-Ouest pourront obtenir de l'eau potable issue de cette technologie. Cette option permet de répondre au besoin de la population mais aussi de maintenir l'activité touristique de la région. En effet, il est difficilement de conserver l'attractivité d'une région si cette dernière ne peut satisfaire le public en terme de commodités et de loisirs.

Le territoire Vendée-Ouest se caractérise par une population aisée, assez âgée du fait de l'attraction de cet espace pour les jeunes retraités. Ceci génère de fortes inégalités : en effet, en parallèle, la population des jeunes actifs est touchée par un chômage récurrent et long associé à l'activité saisonnière du tourisme et à la migration de demandeurs d'emploi de régions voisines.

L'implantation de l'usine peut engendrer des effets positifs et significatifs pour la zone d'étude en terme d'emplois directs ou indirects, la créations d'entreprises et de services. Ces bénéfices varient selon les options retenues par le projet de dessalement : taille d'infrastructures, types d'énergie... On note également que la création d'emploi est importante et temporaire au début : il s'agit de la phase de travaux. Les emplois permanent durant l'exploitation de l'usine sont moindre du fait de l'automatisation de la filière.
La formation et l'information technique et culturelle autour de l'eau et du dessalement se développeront autour de cette activité.

Sur le long thème, on assiste à une réduction du chômage des jeunes actifs permettant de redynamiser les activités et les loisirs sur l'année.

L'intérêt socio-économique est fort.

Impacts sur le secteur agricole

Le secteur agricole.

La zone d'étude n'est pas exploitée par l'aquaculture (conchilicultre, pisiculture, saliniculture). Il s'agit de pratique à petite échelle. L'impact est considéré comme nul.

En opposition, l'agriculture de type culture (mais, colza...) et élevage bovin sont bien présent sur le territoire. Notre projet initiale se concentre uniquement sur la forêt domaniale. Aucune terre agricole ne sera affectée directement (expropriation des agriculteurs, ...). Cependant, de manière indirecte, l'implantation de l'usine risque d'augmenter la pression foncière exercée sur le territoire. La protection des espaces agraires par les administrations doit être renforcée face à l'extension des communes.

Impacts sur les activités touristiques et les loisirs

Les activités de loisirs.

La zone d'implantation est un espace riche en activité touristique. Des plages sont aménagées au sud de la zone d'étude à proximité de la commune de Notre Dame des Monts. Outre l'attraction balnéaire du site, le tourisme vert se développe. Durant la période estivale, les activités de randonnée, de promenade à cheval et à vélo, la motocross, sont pratiquées sur le littoral ainsi que sur la forêt. Il apparaît évident que ces animations seront fortement perturbées durant la phase de travaux mais aussi durant la phase d'exploitation de l'usine. Les chemins empreintés ne seront plus accessibles surtout durant la phase de travaux : un périmètre de sécurité sera mis en place. L'installation de l'usine risque de détruire des zones de piques-niques aménagées par les communes ou l'office nationale de la forêt. L'attraction des touristes pour cet espace durant la phase de travaux va se réduire. Le défi de l'industriel est de rétablir l'attrait porté par les populations pour cette espace via des aménagements et intégrer l'usine au paysage.

Le bruit émis par l'usine peut s'avérer problématique pour les touristes de passage ou le voisinage. Il est important de remarquer que nous avons choisis d'implanter l'usine dans un secteur où l'urbanisation était la plus faible afin de réduire cet impact. Il aurait été intéressant pour l'étude de se déplacer à Barcelone en Espagne. Cette ville présente la plus grande usine de dessalement d'Europe. Des mesures sur le terrain aurait permis d'estimer les décibels produites par l'usine au quotidien. En l'absence de telles mesures, il nous est difficile de conclure sur le niveau d'intensité de cet impact : nous faisons le choix de le considérer comme un effet existant et négatif suite à l'implantation de l'usine.
 

La chasse est un loisir effectué de mi-septembre à mi-mars. L'implantation de l'usine va perturber la faune comme cela a déjà été évoquée dans la partie concernant le milieu naturel. Cette modification risque ainsi d'altérer l'activité de la chasse. Cependant, l'espace occupé par le projet de dessalement repose sur 20 ha ce qui représente 2.5% de la surface totale de la forêt comprise entre La Barre de Monts et Notre Dame de Monts. Donc cet impact est considéré à moindre effet.

La gestion de l'ONF à travers la production de bois, la protection des milieux, l'accueil du public et la surveillance ne sera plus applicable à ce milieu transformé. Après analyse de la situation, on note:

  • une absence de production de bois sur la zone d'implantation entraînant des changements de pratique de la part de l'ONF et d'une diminution de la production globale de bois sur le domaine de la Forêt du Pays de Mont,
  • une augmentation des risques de destruction du milieu,
  • des infrastructures inadaptées à l'accueil du public,
  • Une surveillance du site insuffisante

La pêche est peu existante sur cette zone d'étude. L'activité sera affectée durant la phase de travaux d'enfouissement des canalisations de captation.

Quelles sont les mesures envisagées pour compenser ces effets négatifs?

Risques Naturels et Industriels

Effet du projet sur les risques naturels et industriels

Le projet d'étude peut engendrer un impact non négligeable sur le risque naturel de départ de feu. Les installations sont faites au coeur même d'une forêt de pins. le risque vient de la chute des aiguilles des pins qui forme un tapis de grépin très inflammable, notamment en période estivale lorsque le grépin est très sec.

De plus, il peut y avoir un impact sur le risque industriel de Transport de Marchandise Dangeureuse lié la circulation de substances dangereuses chimiques sur les routes allant jusqu'à l'usine. Notamment, les routes secondaires au sein de la forêt.

Les substances chimiques transportées sont les substances de pré-traitement (coagualtion, floculation, décantation) et de post-traitement (chlore), comme dans toute usine de potabilisation d'eau. Le procédé d'osmose inverse n'implique pas l'utilisation, donc le transport de produits chimiques spécifiques.
Cependant, pour prévenir et combattre l’entartrage et la prolifération de microorganismes dans les circuits suite au pompage d'eau de mer, des produits anti-tarte (acide et polyphosphates), anti-salissure (chlore), anti-mousse (polyglycols alkylés) sont utilisés dans le procédé et sont à considérer.

 

Bilan des effets du projet sur les risques majeurs naturels et industriels

Au bilan, le projet engendre un risque supplémentaire de départ de feu de forêt et un risque supplémentaire de Transport de Marchandises Dangereuses lié aux transports des substances chimiques utilisées dans le procédé de potabilisation de l'eau de mer sur les routes secondaires au sein de la forêt domaniale. La Figure 1 synthétise les impacts du projets sur les risques majeurs.

Si vous souhaitez accéder directement aux mesures compensatoires mises en place pour diminuer ces impacts cliquez ici.

Figure 1 : Carte de synthèse des impacts sur les risques majeurs