Etude des avantages environnementaux

Un des points de l'étude d'impact est d'identifier les avantages environnementaux du projet. Pour cela, nous présenterons les points positifs liés à l'aménagement. Puis nous comparerons la STEP marine à d'autres ouvrages hydroélectriques dans le but d'en déduire les avantages environnementaux.

1) Avantages environnementaux du projet

  • Végétalisation des digues de craie

Suite aux travaux de terrassement et d'aménagement, il est possible de végétaliser les terrains concernés. La végétalisation consiste à restaurer un couvert végétal. Cette pratique offre de nombreux avantages et potentialités environnementaux. Nous avons pu observer un exemple de digues végétalisées lors de la visite de la STEP de Montézic. La photographie ci-dessous illustre cet aménagement.

Photographie des digues végétalisées de la STEP de Montézic

(Source personnelle)

Tout d'abord, cela atténue l'impact visuel de la structure, en se rapprochant d'un paysage naturel. L'acceptabilité sociale serait ainsi facilitée. De plus, cette végétalisation permettrait d'augmenter la diversité floristique de la zone. Ceci permet également de réimplanter les espèces locales, assurant leur maintien dans la région. D'autre part, les plantes introduites pourraient constituer des habitats pour la faune locale, ce qui favoriserait un nouvel équilibre de l'écosystème. Les déplacements de la faune seraient facilités par la continuité écologique et donc la création d'un corridor biologique. De par leurs racines, les végétaux stabiliseraient les digues. Les glissements de terrain seraient limités. Enfin, il serait nécessaire d'établir et d'entretenir cet espace vert régulièrement. Cela créerait du travail localement.

On distingue deux types de végétalisation : artificielle ou naturelle.

La végétalisation naturelle se définit par le développement de végétaux sans intervention humaine. Celle-ci se réalise grâce au transport de graines par le vent, par les animaux ou par colonisation des organes végétatifs des plantes à proximité. Cette possibilité de végétalisation ne semble pas envisageable dans notre cas. En effet, la zone d'études est principalement constituée de champs. Il y a donc peu de végétation naturelle pouvant permettre une recolonisation des sols.

Nous privilégions donc la végétalisation artificielle du site. Il s'agit de collecter des semences ou des plants sur des sites similaires. L'objectif est de reproduire au plus près de la réalité la végétation naturelle. Nous allons présenter les étapes de mise en place de cette végétalisation et choix d'espèces.

Dans un premier temps, il est nécessaire d'étudier les possibilités d'implantation de végétaux par rapport au potentiel agronomique du sol. Pour cela, des prélèvements et des analyses de sol seront effectués.

Étant sur un terrain crayeux en pente, les opportunités sont réduites. D'autres facteurs sont à prendre en compte tels que le vent, la proximité du littoral, les précipitations, l'ensoleillement et les températures. Il faut donc être vigilant au choix des espèces afin d'assurer un maintien pérenne de la végétation introduite.

Afin de déterminer les espèces potentielles à utiliser pour la végétalisation, nous avons consulté le Guide pour l'utilisation de plantes herbacées pour la végétalisation, édité par le Conservatoire Botanique National de Bailleul. Nous avons pris les données concernant les sols crayeux, que nous avons croisées avec la flore recensée à Elétot. Ensuite, nous avons retiré de la liste les légumineuses, comme recommandé dans le guide. En effet, les légumineuses sont généralement utilisées pour la productivité agronomique et la fixation d'azote, ce qui n'est pas le but ici. Ainsi, nous avons obtenu une liste de 17 espèces, présentées dans le tableau ci-dessous.

Tableau : Liste des espèces à utiliser pour la végétalisation
Nom latin Nom commun
Arrhenatherum elatius Fromental élevé
Carex flacca Schreb. Laîche glauque
Dactylis glomerata L. Dactyle aggloméré
Festuca rubra L. Fétuque rouge
Holcus lanatus L. Houlque laineuse
Poa pratensis L. Paturin des prés
Achillea millefolium L. Achillée millefeuille
Hypericum perforatum L. Millepertuis perforé
Hypochaeris radicata L. Porcelle enracinée
Daucus carota L. Carotte commune
Galium mollugo L. Gaillet dressé
Leucanthemum vulgare Lam Grande marguerite
Plantago lanceolata L. Plantain lancéolé
Ranunculus acris L. Renoncule âcre
Ranunculus bulbosus L. Renoncule bulbeuse
Sanguisorba minor Scop. Petite pimprenelle
Tragopogon pratensis L. Salsifis des prés

Afin de visualiser l'aménagement, nous avons utilisé le logiciel Google Sketchup sur lequel nous avons modélisé une coupe transversale de la digue végétalisée de la STEP. Les images ci-dessous représentent le résultat de cette modélisation. Nous avons schématisé une partie de la retenue d'eau, la digue et les grillages de protection.

 

Schémas en coupe sous deux angles de vue de la digue végétalisée

  • Stockage de l'énergie

L'avantage des STEP par rapport à d'autres sources de production d'énergie est sa capacité à stocker l'électricité selon les besoins. De plus, la localisation de la STEP à proximité de la centrale nucléaire de Paluel limiterait les pertes de ce stockage.

2) Comparaison avec d'autres ouvrages hydroélectriques

  • Comparaison avec les STEP de montagne

Dans un premier temps, nous nous intéresserons aux avantages environnementaux de la STEP marine en comparaison avec une STEP de montagne. Tout d'abord, l'eau prélevée ne constitue par une rupture de la continuité écologique d'un fleuve ou d'une rivière. Aucune modification du débit naturel des cours d'eau n'est effectuée. Il n'y a donc pas d'impact direct sur les poissons migrateurs (surmortalité, retard à la migration et destruction des zones de frayères). Contrairement aux STEP de montagne, les STEP marines n'interfèrent pas sur la libre circulation des sédiments (exigée par les directives européennes).

La création d'une STEP marine s'inscrit davantage dans le cadre des directives européennes de préservation de l’eau et des milieux aquatiques, qui ont pour objectif l’atteinte d'un bon état écologique des eaux. Elle répond également au souhait de l'Etat en terme de politique énergétique. L'Etat a en effet pour ambition de freiner les installations qui perturbent les cours d'eau.

La production d'électricité est localisée plus proche de la demande. Les pertes sont donc moins importantes lors du transport. En effet, les STEP en montagne sont généralement éloignés des grands centres urbains.

Généralement, les STEP de montagne sont créées en noyant des forêts. Par conséquent, au cours du temps du CH4, important gaz à effet de serre, est émis à partir de la décomposition de cette végétation.

Les retenues d'eau causent un réchauffement de l'eau par la stagnation durant une période plus ou moins longue. La mer constitue une étendue d'eau très vaste, elle est donc moins sujette au réchauffement que les cours d'eau lors des vidanges de la STEP marine. L'impact des vidanges est moins important de ce fait pour les STEP en milieu marin qu'en montagne.

Les STEP de montagne créent des conflits d'usage de l'eau entre les différentes activités de la région considérée. On peut citer une compétition entre les activités récréatives, l'apport en eau potable, l'agriculture de montagne, la production d'électricité et la pêche.

  • Comparaison avec les barrages

Il est également possible de comparer avec les structures type barrage. Les avantages environnementaux pour la STEP marine concernant les cours d'eau en comparaison aux barrages sont sensiblement les mêmes que précédemment.

Les barrages favorisent les invasions biologiques. Les espèces invasives sont en effet plus résistantes et l'aménagement des barrages leur est plus favorable. Quant aux STEP marines, elles n'influent pas sur les proportions entre les espèces naturelles et invasives.

Socialement, les barrages sont des structures difficilement acceptables. En effet, elles impliquent des risques importants, comme l'illustre l'accident du barrage de Malpasset en amont de Fréjus qui causa la mort de 421 personnes. Les risques de rupture sont présents durant la phase de construction et tout au long de l'utilisation de l'ouvrage. Enfin, les barrages engendrent des déplacements de populations pouvant aller jusqu'à la destruction de villages entiers. Les constructions actuelles de barrages en Amérique Latine et en Asie sont la cause actuelle de déplacements de nombreuses populations.

Page éditée par Barbara Favier et Lucie Maillier