Quelques chiffres mondiaux

L’alumine

L’alumine, ou  oxyde d’aluminium  Al2O3, est un composant utilisé dans de nombreux produits industriels. La production d’alumine est estimée à 91,6 millions de tonnes en 2012 (sources: USGS). La carte suivante présente la production d'alumine par continent en 2012 (en millier de tonnes):


Figure 1: Production d'alumine dans le monde en 2012 (en millier de tonnes) (Source: www.world-aluminium.org)

L'alumine est majoritairement (93 %) destinée à la production d'aluminium. D'autres voies particulières d'utilisation sont tout de même présentes : c'est ce qu'on appelle l'alumine de spécialité. La matière première intervient alors dans diverses productions telles que catalyseurs, abrasifs, céramiques.

L’entreprise de Gardanne importe le minerai de Kobé (Guinée) depuis 1989 (voir Historique). Les 524 000 tonnes d’alumine produites en 2011 ne sont pas négligeable vis à vis de la production mondiale. D’autant plus que la totalité de la matière première ; c’est à dire environ 1,3 millions de tonnes de bauxite ; provient actuellement de l’importation.

Les résidus

La production d’alumine génère des déchets communément dénommés « boues rouges » dus à leur couleur fortement teintée. Les teneurs en hydroxydes et oxydes de fer sont élevés et expliquent la soutenance du rouge.

Les proportions de résidus produits dépendent largement du procédé d’extraction et de la composition de la bauxite originale. Le rapport de production résidus/alumine est par exemple de 0,63 pour l'usine de Gardanne avec le procédé actuel, alors qu'il est de 3 pour l'usine située en Hongrie. On peut estimer un rapport moyen mondial de 1,5. Ainsi durant l’année 2012, la quantité de résidus produits est estimée à 130 millions de tonnes. La quantité totale stockée depuis le commencement de l’extraction d’alumine au XIXème siècle est quant à elle évaluée à 2,7 milliards de tonnes (Gräfe et al, 2011).

   
Figure 2 : Production annuelle mondiale de résidus de bauxite (Source: Gräfe et al, 2011)

Les quantités de résidus de bauxites sont considérables si bien que la gestion de ces déchets devient alors un problème succinct à la production d’alumine. Avant les années 1970, les deux principales modes de gestion des résidus étaient le lagunage et le rejet en mer, selon la localisation du site de production. En 1965 un tiers des industries rejetaient les boues rouges dans la mer, tandis que les deux tiers restants utilisaient le lagunage. Historiquement, les industries françaises et japonaises ont favorisé le largage en mer comme meilleure solution économique et aussi environnementale. D’un autre côté le nord américain pratique plus largement le lagunage même en cas de proximité de la mer.

Lors des années 1980, des voies de valorisations se sont développés, puisque la quantité de résidus produits atteignait déjà 1 milliard de tonnes (voir figure 1). Des procédures de séchage des résidus ont été mises en places. En 1985, 45 % des industries séchaient les boues ; la proportion atteignait 70 % en 2007. Le rejet en mer actuel représente 2 à 3 % de la production mondiale de résidus de bauxite. Ils sont localisés principalement au Japon, en France et en Grèce.