Raccordement au réseau électrique français

Le réseau électrique français est composé de plusieurs lignes que l’on distingue selon leurs fonctions. Le réseau de transport composé de lignes à haute tension (400 kV) a pour but de relier les grands centres de production aux régions consommatrices d’électricité, et est géré en France par RTE (Réseau de Transport d'Electricité, entreprise française qui gère le réseau public d'électricité en France métropolitaine). C’est également ce réseau qui permet les interconnexions avec les pays voisins de la France (Belgique, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne et Royaume-Uni). D’autres lignes de plus faibles tensions (225, 90 et 63 kV), gérées également par RTE, permettent une répartition régionale jusqu’aux réseaux de distribution à moyenne tension (20 kV), ainsi qu’aux grandes industries. Ces réseaux de distribution moyenne tension et les réseaux de basse tension sont eux gérés par ErDF, et assurent le raccordement aux particuliers, entreprises et autres industries.

Dans le cadre d’un projet de STEP marine de plusieurs centaines de mégawatts, le raccordement doit se faire au réseau de transport de lignes à haute tension 400 kV permettant de minimiser les pertes en lignes. Elles sont proportionnelles au carré de l’intensité en ligne, intensité électrique qui pour une puissance donnée sera d’autant plus faible que la tension électrique est élevée:

$$p=rt I^{2}$$
p: perte de la ligne en watt
rt: résistance totale de la ligne en ohm
I: l'intensité électrique en ampère
$$P=V I$$
P: puissance électrique transportée en watt
V: tension électrique en volt

Le site d'Élétot a été choisi en partie pour sa proximité avec le centre nucléaire de production électrique de Paluel (17,4 km de distance) qui est évidemment raccordé à ce réseau 400 kV. Ainsi, le raccordement ne devrait pas être trop coûteux pour RTE à qui revient la charge de raccorder les moyens de production. Le producteur contribue également en partie au financement de raccordement et cela sera également un avantage pour lui.

Participation du producteur aux frais de raccordement RTE

Une autre question soulevée par l’introduction sur le réseau de plusieurs centaines de mégawatts, est la capacité de ce réseau à absorber cette puissance supplémentaire. La carte des potentiels de raccordement 400 kV pour la France ci-dessous indique le volume en file d’attente de raccordement et le potentiel de raccordement pour 26 zones. Ces zones ont été découpées selon des frontières sur lesquelles se trouvent les ouvrages du réseau les plus sensibles à une arrivée de production sur le territoire français et dont la capacité de transit serait dépassée en cas d’arrivée massive de production. Pour la zone de raccordement correspondant au site retenu pour le projet de STEP marine, le volume en file d’attente est de 1 250 MW (projet éolien offshore) et le potentiel de raccordement additionnel est de 2 000 MW (ce potentiel prend en compte le volume en file d’attente). Ainsi, un potentiel de 2 000 MW de raccordement est à priori envisageable sans nécessiter de renforcement du réseau préalable ce qui est très suffisant pour le projet de STEP marine.

 

Carte de France représentant les potentiels de raccordement au réseau 400 kV
 
Page éditée par Fabien Higounenc et Matthieu Sécher