Définition de la pointe de consommation électrique

Un pic ou une pointe de consommation d’électricité est un court moment durant lequel la consommation en électricité est la plus importante. Il y a plusieurs types de pointes, car elle dépend de la durée d’observation, ainsi que de la zone géographique.

Il y a tout d’abord la pointe journalière. Ce type de pointe dépend de la saison. Lors de l’hiver, une pointe est généralement observée autour de 19 h. Elle peut être expliquée par le retour du travail et la mise en route de nombreux appareils électriques tels que l’éclairage, le chauffage, la télévision, l’ordinateur, la cuisinière, etc. Une autre pointe est observée, moins importante que celle du soir, le matin à l’ouverture des commerces, des bureaux et au démarrage des industries. Pour ce qui est de la période estivale, la pointe est plutôt observée autour de 13 h.

L'amplitude de ces pointes est différente selon les jours de la semaine. En effet, la consommation est moindre les week-ends car moins d’industries fonctionnent et la plupart des bureaux sont fermés.

La durée de cette pointe est plutôt courte, de l’ordre de quelques heures. Elle nécessite néanmoins la plupart du temps le démarrage de moyens de production d’électricité de pointe ayant la capacité de produire rapidement et en masse. Il s’agit des centrales à fioul, des TAC (Turbines À Combustion), des centrales hydrauliques à éclusée (si les réserves en eau sont suffisantes) et des STEP.

Consommation d'électricité française lors d'une journée d'hiver

Un autre type de pointe est la pointe saisonnière. Elle est caractérisée par une augmentation importante de la consommation électrique pendant les périodes de grand froid. En France, elle est particulièrement importante en raison de l’utilisation massive de l’électricité pour le chauffage domestique. C’est pourquoi il est reconnu que la consommation électrique française est sensible à la température.

La forte consommation d’électricité pendant ces périodes de grand froid rend les variations journalières négligeables, car souvent elle se prolonge dans le temps. Des moyens de production différents sont donc nécessaires pour ces pointes saisonnières. Il s’agit des centrales à charbon et au gaz. Ces centrales mettent plus de temps à démarrer que les moyens de production de pointe mais produisent sur de plus longues périodes. Avec des puissances plus faibles, elles permettent de mieux ajuster la production que les centrales nucléaires.

Des pointes extrêmement critiques sont relevées lorsque les pointes journalière et saisonnière se superposent: les records de consommation sont souvent atteints à ces moments précis. Il est alors nécessaire d’utiliser la plupart des moyens de production disponibles pour éviter le « blackout » (panne de courant générale).

Consommation électrique en France sur une année
​(source : lemoniteur.fr)

Une métaphore intéressante est utilisée dans le rapport Poignant-Sido pour bien comprendre comment interagissent les différentes échelles de variation : « on peut assimiler les variations saisonnières aux mouvements de marée et les pointes journalières aux vagues ».

Les pointes locales sont le dernier type de pics observés sur les réseaux de distribution. Elles correspondent souvent à des modes de vies régionaux et peuvent donc être indépendantes des pointes journalières nationales. Elles ont un caractère aléatoire, car elles peuvent être observées sans qu’il n’y ait de déséquilibre entre la production et la consommation sur le réseau de distribution national. Les solutions sont un bon dimensionnement du réseau pour qu’il permette un bon acheminement, mais surtout une meilleure répartition géographique des moyens de production, c’est-à-dire implanter des outils de production ou de stockage à proximité des lieux de consommation. C’est sur ce point que le développement de STEP est très intéressant, car une telle installation permet à la fois de stocker de l’énergie, mais aussi de dépanner rapidement un réseau défaillant.

 

Page éditée par Fabien Higounenc et Matthieu Sécher