Prévision des pointes

De nombreux paramètres influencent avec divers degrés la consommation d’électricité. Dans un premier temps une présentation de ces grandeurs agissant sur la prévision de la consommation d’énergie sera faite, puis une explication de la prévision de l’évolution des pointes sera détaillée.

Le plus important de ces paramètres est la météorologie : l’évolution des conditions météorologiques, notamment la température et la nébulosité, contribue aux variations annuelles de la consommation, ainsi qu’aux pointes saisonnières. RTE travaille avec Météo France afin de prévoir les températures dans les heures et les jours à venir dans plusieurs points repères. Quand il fait chaud l’été, on note une augmentation de consommation à cause des climatisations, et l’hiver, quand il fait froid, on note le même effet à cause du chauffage électrique qui est très répandu en France. Par exemple, en hiver, pour une variation moyenne d’un degré Celsius sur l’ensemble du territoire, une augmentation de consommation 2 100 MW est généralement observée. En été, pour cette même variation, l’augmentation relevée est de 500 MW. Ces valeurs sont régulièrement révisées, et il est prévu que l'augmentation passe à 2 500 MW / °C en 2020. La nébulosité (taux de couverture nuageuse) a aussi son importance. Elle varie de 0 à 8 octa (qui représente 1/8ème de la voute céleste qui comporte ou non de la nébulosité, pour de plus ample explications, voir le site de Météo-France) allant d’un ciel totalement dégagé à 0 octa jusqu’à un ciel couvert à 8 octa. Le gradient de nébulosité généralement observé est de 650 MW / octa, qui représente l’éclairage nécessaire, ainsi que le chauffage (rayonnement des habitations différent).

Un second paramètre est l’activité économique : les week-ends, la consommation d’électricité est inférieure à celle de la semaine. Les jours fériés et les périodes de vacances modifient aussi cette consommation, avec des influences plus ou moins importantes. Il y a aussi l’effacement commercial à prendre en compte : lorsque la consommation est trop importante, RTE a des contrats avec ses clients (qu’ils soient domestiques ou industriels) pour que ceux-ci cessent leur consommation, avec une contre partie financière bien évidemment. Il ne faut pas oublier également les appels à la modération de RTE pendant les pointes saisonnières : sur les régions PACA et Bretagne, qui sont en bout de lignes donc plutôt isolées au niveau du réseau électrique, RTE demande un geste citoyen de modération de la consommation d’électricité. Enfin, il faut noter l’influence du changement d’horaire été/hiver qui déplace les pointes, ainsi que les événements exceptionnels tels les tempêtes, éclipses, etc.

Les méthodes de prévision se basent donc sur l’ensemble de ces paramètres. En outre, il faut aussi tenir compte de l’évolution à long terme de la consommation d’électricité. Celle-ci augmente régulièrement depuis plusieurs décennies. Cependant, il a été observé que les valeurs des pics augmentaient 2,5 fois plus vite que celle de la consommation. Il ne faut pas oublier de tenir compte de la répartition géographique de cette demande. Par exemple, en Bretagne, l’augmentation a été 10 fois plus importante sur les 10 dernières années que sur la France métropolitaine. Selon ces dernières prévisions, RTE prévoit toujours une croissance de la demande et de la valeur des pointes. En effet, le développement et la mise en circulation toujours plus importante des voitures électriques notamment assurera une croissance régulière de la consommation. Il faudra donc l’anticiper, ainsi que les nouvelles décisions politiques visant à réduire la quantité de tranches nucléaires en France. RTE annonce une prévision de besoin pour couvrir les pointes des années 2050 d’une puissance de pointe (i.e. disponible rapidement) de 6 à 8 GW. Le projet de STEP marine pourrait contribuer à ces futures exigences. De plus, la Normandie étant géographiquement proche de la Bretagne, la STEP marine pourrait aider au support des pointes de cette région fragile.

 

Page éditée par Fabien Higounenc et Matthieu Sécher