Revenus

3. Revenus

Une STEP marine n’est pas un moyen de production d’électricité mais un moyen de stockage de l’électricité. Les revenus potentiellement dégagé proviennent donc en grande partie des marchés de l’électricité, par transfert d’énergie. L’objectif est de profiter des prix bas pour stocker l’énergie et des prix hauts pour l’injecter sur le réseau et, de cette manière, dégager une marge positive.  Ces marchés de l’électricité concernés sont le marché « spot » EPEX (European Power Exchange, bourse européenne d’électricité comptant pour la France, l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse) journalier et le marché de l’ajustement infrajournalier.

Les services système obligatoires sont également une source de revenu. Ils correspondent à l’obligation légale de tous les moyens de production nouveaux de plus de 120 MW de constituer une réserve primaire et secondaire pour RTE, qui peut mobiliser ces réserves en cas de problèmes d'équilibre entre l’offre et la demande.

Puisque la mise en service de ce projet de STEP marine ne serait effective qu’en 2023, une dernière source de revenu peut être calculée. La loi NOME (loi sur la Nouvelle Organisation des Marché de l’Energie) accompagnée d’un décret, prévoit en effet, d’instaurer dans les années à venir un marché de la capacité. Ce marché doit rémunérer les puissances de production ou d’effacement disponibles, avec pour objectif d’encourager les producteurs à se doter de moyens de production de pointe. En effet, les producteurs ne sont, actuellement, pas encouragés à investir dans ces moyens de production de pointe car ils ne sont pas suffisamment rémunérateurs sur les marchés actuels de l’électricité.

3.1. Transfert d’énergie

Les revenus obtenus grâce au transfert  d’énergie le sont sur le marché journalier « spot » et le marché de l’ajustement infrajournalier. Toutefois, les revenus provenant du marché de l’ajustement sont aléatoires et leur évolution difficilement prédictible. De plus, ils rendent particulièrement difficile l’estimation des revenus issus du marché « spot ». Ils ne seront par conséquent pas pris en compte dans le calcul des revenus.

La détermination des revenus sur le marché « spot » est effectué avec un programme Matlab et à l’aide des données de prix du marché heure par heure obtenus sur le site Powernext. Le modèle économique est un modèle simple de classement des prix journaliers. Pour chaque jour de l’année (sauf sur certaines années qui comportent des jours manquants), les prix sont classés par ordre décroissant, des heures avec les prix les plus élevés, s’ils sont supérieurs à la moyenne des prix du jour, aux heures avec les prix les plus bas, s’ils sont inférieurs à la moyenne du jour, avec pour condition de retrouver à la fin du jour le niveau maximal du bassin. Il suffit alors de multiplier la puissance fournie ou soutirée par le prix, heure par heure, pour obtenir le bénéfice, et en même temps, d’actualiser le stock d’électricité disponible en prenant en compte les rendements.

Graphique représentant l’arbitrage journalier pour le pompage et le turbinage par rapport au prix moyen (jour d’hiver)
(Source: présentation Mme RAFAI, ENSEEIHT 11/03/2013)

 

Certains jours ne permettent pas de dégager de bénéfices car les écarts de prix ne sont pas suffisamment élevés. Ces jours-là sont simplement supprimés et ils sont considérés comme des jours où la STEP reste inactive.

Afin d’estimer un revenu brut, cette opération a été effectuée sur plusieurs années (2007-2012). L’indisponibilité de la STEP est considérée comme nulle car les retours d’expérience indiquent, pour des STEP classiques, un taux d’indisponibilité souvent supérieur à 99% sur une année.

Tableau des revenus de la STEP marine obtenus avec les données de prix du marché spot EPEX de 2007 à 2012

 

La tendance des revenus bruts annuels est à la diminution, mais ils semblent se stabilisés sur les trois dernières années. Le montant retenu pour cette étude de rentabilité est un revenu brut de 30.6 M€. Le nombre d’heures de turbinage moyen est de 3035 heures par an et le nombre d’heures de pompage moyen est de 3710 heures par an.

Toutefois, il est important de noter que le modèle économique retenu pour la détermination de ce revenu annuel peut être optimisé. En effet, il faudrait adopter une vision sur plus d’un jour et  sélectionner les heures en maximisant la différence des aires entre la courbe des prix et la moyenne des prix, entre les prix bas et les prix élevés. Ceci permettrait d’augmenter ce revenu.

3.2. Services système

Les services système sont calculés à partir des tarifs de la rémunération actuelle fixée à 17.72 €/MWh valables jusqu’à fin 2013. La puissance dédiée aux services système est fixée à 7%, soit 56 MW pour la STEP marine, dont 2.5% pour la réserve primaire de fréquence et 4.5 % pour la réserve secondaire de fréquence.

Pour une année avec une disponibilité de 99%, les services système de la STEP marine gênèrent donc un revenu de 8.6 M€.

3.3. Futur marché de capacité

Le futur marché de capacité tel que prévu dans la loi NOME et dans le décret relatif à l’instauration d’un mécanisme de capacité dans le secteur de l’électricité, rémunérera la puissance disponible certifiée par RTE. Dans le cas de ce projet de STEP marine, cette capacité disponible est donc la puissance nominale moins la puissance dédiée aux services système, soit 744 MW.

Selon l’étude de l’UFE déjà citée (voir bibliographie), une valeur de référence pour la capacité est de 30 000 €/MW/an, ce qui est cohérent avec la valeur actuelle du marché de la capacité américain (40 000 $/MW/an). Ainsi, si le marché de capacité était mis en place, les revenus générés par ce marché pourraient être estimés à 22.32 M par an.

Page éditée par Fabien Higounenc et Matthieu Sécher