Historique et localisation des tanneries

 

Historique et localisation des tanneries

 

Le tannage du cuir a été historiquement l'une des premières activités industrielles à se développer en Argentine, et les volumes de cuir exportés sont aujourd'hui très importants.. En effet, le pays possède les conditions idéales pour l'élevage de bovins : climat, espace, propriétés du sol adéquates, etc. L'industrie du cuir est aujourd'hui divisée en deux sortes de tanneries : 

  • les grands groupes qui monopolisent 80 % des exportations et disposent de techniques reconnues et avancées ;
  • les moyennes et petites tanneries qui fournissent surtout le marché local et qui ont un niveau de technologies moins poussé, donnant lieu à des qualités de cuir moindres

​La transformation du cuir est une activité industrielle intensive qui nécessite pas moins de 500 kg de produits chimiques par tonne de cuir brut traité. Seuls 15% sont incorporés dans le produit fini et les rejets sont donc considérables. De plus, le tannage nécessite une élimination quasi-totale des composants organiques et les effluents de tanneries sont donc très chargés. La Demande Biologique en Oxygène et la Demande Chimique en Oxygène sont ainsi très élevées. Pour toutes ces raisons, les tanneries sont considérées comme responsables de la moitié de la pollution industrielle du Riachuelo. Les principaux polluants que l'on retrouve dans les effluents sont : les matières organiques et les sels acides (issus des premières étapes de nettoyage des peaux), les sulfures et le chrome.

Selon le Secrétariat de l'Environnement et du Développement durable (SAyDS), les tanneries sont au nombre de 179 en Argentine et ont rejeté, en 2009, 34 tonnes de chrome et 20 000 tonnes de sulfures. Elles sont principalement situées dans les quartiers de Lanus et de Valentin Alsina, et certaines donnent directement sur les rives du Riachuelo. Le quartier de Lanus est d'ailleurs surnommé le "Canton du cuir". 

 

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Figure 1 : Localisation des tanneries dans les quartiers de Lanus et Valentin Alsina et du parc industriel de Lanus

 

Actuellement, ces tanneries rejettent directement leurs effluents dans le Riachuelo par le biais d'un canal unique (canal de Millan). Ceci a donc un impact irréversible sur l'environnement. Nous pouvons voir sur la carte suivante les niveaux de pollution le long des rives de la rivière. Nous constatons que les quartiers des tanneries ont les niveaux les plus élevés :

 

Figure 2 : Niveaux de contamination des rives du Riachuelo (Source : Plan Integral Cuenca Matanza-Riachuelo, Dra Romina Picolotti, Secretaria de Ambiente y Desarrolo Sustentable de la Nacion, Septembre 2006)

 

En 2011, l'ACUMAR a déclaré 61 tanneries comme particulièrement polluantes. Parmi ces établissements, 22 ont signé un contrat pour être déplacés dans le parc industriel de Lanus, où se situera notre station commune de traitement des effluents. Nous avons effectué une recherche pour localiser ces 22 tanneries. Certaines sont de très petites tanneries et nous n'avons pas pu trouver leur localisation exacte. Elles n'apparaissent donc pas sur la carte.  Ainsi, nous avons pu établir une carte de la localisation actuelle des établissements signataires par rapport au site du parc industriel de Lanus :

 

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Figure 3 : Localisation actuelle des établissements qui vont rejoindre le parc industriel de Lanus (Source : google Maps 2012 et site internet de l'ACUMAR)

 

Ainsi, ces différentes tanneries vont donc devoir déménager à quelques centaines de mètres de leur emplacement actuel. Une fois sur le site du parc industriel (représenté en mauve sur la carte), leurs effluents seront traités de façon commune, ce qui permettra une baisse importante des rejets dans le Riachuelo, et évitera également la construction d'unités de traitement individuelles pour chaque tannerie (cela sera donc intéressant au niveau économique).