Aménagement des berges

 

Aménagement des berges

 
Une fois les végétaux choisis et les caractéristiques des berges connues, il convient de choisir les méthodes d'aménagement afin d'allier phytostabilisation et revégétalisation des berges. On a considéré une longueur de cours d'eau de 10 km avec une largeur des berges de 15 mètres de part et d'autre du cours d'eau, soit un équivalent de 30 hectares.
 
Le choix et le dimensionnement des aménagements se fait en fonction de deux facteurs : la topographie des berges et le type de végétalisation souhaitée sur le plan horizontal et vertical du cours d'eau.
 
Tout d'abord, on considèrera la zone la plus facilement submersible, où il convient de planter des hélophytes, des plantes ayant un bon développement dans les zones très humides et submergeables. Le choix s'est porté sur différentes espèces de fétuques ( Festuca arundinacea et Festuca pratensis), ainsi que sur la canche gazonnante (Deschampsia cespitosa). La densité étant de 3 pieds par mètre carré, afin d'éviter la colonisation de cet espace par les plantes envahissantes (saggitaire, jacinthe d'eau).
 
La pente des berges du riachuelo étant forte (plus de 10%), nous avons opté pour un aménagement des pieds de berges par lit de plants et plançons de saule : la technique consiste en un lit de boutures ou de plants de saules lngues de 1 mètre 30 environ, plantées à 1 mètre dans la berge et dépassant de 30 cm afin d'asseoir un bon enracinement dans la berge. Dans le cas des boutures l'espèce doit avoir une capacité importante de rejet afin de pouvoir s'enraciner rapidement, ce qui n'est pas le cas des plants qui ont un système racinaire déjà développé. Le lit n de boutures est espacé d'une distance comprise entre 1 et 2 mètres avec le lit n+1, chaque lit étant remblayé avec le sol du lit supérieur. Les choix pour une bonne biodiversité se sont portés sur des espèces de saules buissonnants afin de bien quadriller le terrain : Salix aurita, Salix purpurea, Salix cinerea et Salix Nigrigans.
 
Cette technique a des avantages conséquents car l'enracinement des plants est immédiat et en profondeur, et le choix de plusieurs espèces différentes permet un effet naturel de végétalisation, accentué par la possibilité de renaturalisation de cet espace par des plantes indigènes.
 
 
 
                                                  
Technique de plants et plançons de saule -Source : génie végétal
 
 
Après les pieds de berges, la partie moyenne et haute des berges sera végétalisée par ensemencement de graminées et de légumineuses, ce qui présente associé à la pause d'un géotextile un bon moyen de stabilisation des berges de cours d'eau à faible contrainte érosive.
 
Les espèces suivantes ont été retenues pour revégétaliser sur la largeur des berges :
 
  • Graminées : Fétuque (Festuca rubra), Pâturin (Poa trivialis) et le ray-grass anglais (Lolium perenne).
  • Légumineuses : Lotier corniculé (Lotus corniculatus) et  Luzerne lupuline (Medicago Lupulina).
 
Dans un premier temps ces espèces revégétaliseront les berges et amélioreront la qualité des sols, afin de permettre l'implantation d'autres espèces de graminées, natives d'Argentine.
 
Enfin, la partie supérieure sera le lieu de plantation de bois tendres, à savoir le saule pourpre (salix purpurea), le vime (salix viminalis), le saule pleureur (salix babylonica) et le saule blanc (salix alba), avec une densité de 25%. La partie bois dur sera représentée par l'orme lisse.
On aura donc une succession végétale sur la berge, partant des bords de rivière pour remonter sur 15 mètres.