Evaluation de la production de déchets à composter

Dans l'optique de création d'une filière de valorisation des boues par compostage, avant tout calcul, il est nécessaire d'effectuer une analyse préliminaire des différents gisements de déchets (boues et structurant). Cette analyse permet d'estimer la faisabilité d'une telle filière et d'en déduire une première approche de dimensionnement.

1. Evaluation de la quantité de boues à composter

La quantité de boues produite par la STEP de Saint-Louis du Gol est liée à la quantité d'eau traitée ainsi qu'au type de traitement choisi. Dans ce cas, la STEP est dimensionnée pour 80 000 EH et procède à un traitement en boues activées de type lagunage aéré.

A l'issue d'une modélisation des processus de traitement des eaux, la production journalière de boues est estimée à 4,08 tMES soit 4,08 tMS/j en considérant que la majorité de la matière sèche est insoluble.

Au niveau de notre plate-forme, on suppose que ces boues arrivent préalablement séchées, et présentent une siccité d'environ 25%.

2. Evaluation de la quantité de déchets verts nécessaires au compostage des boues

2.1. Quantité de déchets verts à composter

Au niveau de notre plate-forme, les déchets verts jouent le rôle de structurant. Afin de choisir les ratios volumiques de boues et de structurant, nous nous sommes rapportés aux ordres de grandeur proposés par l'ouvrage de M.Mustin (cf Mustin M. ,1999). Ce rapport est évalué à 1:2,5 pour des boues à 25% de siccité et des déchets verts à 50% de siccité. On retrouve cette valeur dans les ouvrages de l'ADEME (cf ADEME, 2005).

En plus de ces déchets verts sont ajoutés les refus du criblage du compost mûr, qui une fois séparés du compost sont réinjectés dans le mélange boues/déchets verts. Ce refus est estimé à 3% de la masse brute de boues, ce qui est négligeable pour l'estimation des besoins en déchets verts pour le compostage.

Ainsi on obtient par calcul un volume de déchets verts bruts journalier nécessaire au compostage des boues de 102 m3, en considérant des déchets verts ayant une masse volumique de 0,1 tMB/m3 et une siccité de 50%. Cela représente donc un besoin annuel de 37 230 m3. En raisonnant en tonne de matière brute, on a donc un besoin journalier de 10,2 tonnes et annuel de 3 723 tonnes. Connaissant les besoins en déchets verts, il est nécessaire d'évaluer le gisement de déchets verts sur l'île de la Réunion, afin de voir s'il est capable de subvenir à ces besoins.

2.2. Etude de la nature du gisement de déchets verts disponible pour le compostage

En étudiant la quantité de déchets verts collectés chaque année sur la Communauté Intercommunale des Ville Solidaires (CIVIS) dont la ville de Saint-Louis fait partie, on obtient pour l'année 2011 les résultats suivants (cf Sinoe, 2011) :

  • 31 006 tonnes de déchets verts et biodéchets par an
  • soit 178 kg/hab/an

Cette valeur est sensiblement supérieure à la moyenne nationale de 52 kg/hab/an, ce qui peut s'expliquer par plusieurs raisons. Tout d'abord, le climat tropical et l'habitat pavillonnaire très développé sur l'île entraîne une production de biomasse domestique sensiblement plus importante. De plus, la fréquence importante des cyclones et des tempêtes tropicales entraîne des fortes productions ponctuelles de déchets verts.

Sur ces 178 kg/hab/an, 76% de ces déchets verts collectés sont valorisés (en considérant que le broyage est une filière de valorisation), soit 23 443 tonnes annuelles (cf tableau ci-dessous)

Nature du traitement des déchets verts sur la CIVIS
(Source : INDDIGO, 2011)

De plus, le PDEDMA prévoir une hausse de la production de déchets verts de 6,5% entre 2015 et 2020 (cf INDDIGO, 2011). La volonté du PDEDMA concernant la gestion de ces déchets verts est de valoriser 100% des déchets verts à l'horizon 2020.

Ainsi, les déchets verts collectés enfouis ou brûlés qui représentaient en 2011 près de 7 300 tonnes et dont la quantité tendrait à augmenter à l'avenir, permettraient amplement de répondre aux besoins de notre plate-forme de compostage. De plus, ces chiffres ne prenant en compte que les déchets collectés, il sera juste nécessaire d'adapter le réseau de collecte existant afin qu'il approvisionne la plate-forme de compostage.

 

Bibliographie

Mustin M. (1999) Le compost : Gestion de la matière organique, Editions François Dubusc – Paris, 954 p

ADEME (2005) Impacts environnementaux de la gestion biologique des déchets : Bilan des connaissances, 331 p

INDDIGO (2011) PDEDMA : Projet de plan révisé d’élimination des déchets ménagers et assimilés du département de la réunion, Conseil Général de la Réunion, 126 p

Sinoe (2011) Fiche de synthèse de la collectivité du CIVIS : Production annuelles de DMA, La Réunion, 2 p