Comparaison des modèles et conclusion sur le comportement hydrologique du bassin

Au vu de l'agrandissement de la station souhaité et des besoins supplémentaires en eau qui en résultent, il est aisé de constater que l'eau de la fonte sur le bassin versant de Puy-Saint-Vincent ne parviendra pas à satisfaire la demande. En effet, que ce soit dans la combe de Narreyroux ou sur le domaine skiable de Puy-Saint-Vincent, les débits sont insuffisants et surtout trop irréguliers selon les années. Pour une plus grande sécurité, il est donc nécessaire de pomper l'eau dans le fond de la vallée. Un pompage au niveau de la prise d'eau à la confluence entre le Gyr et l'Onde est ainsi envisagé (voir figure 1).


Figure 1 - Plan du site envisagé pour le pompage.
La forme ovale rouge indique le lieu de pompage pour l'alimentation de la retenue. (Source : Carte IGN)

Du point de vue de la modélisation, on constate que les deux modèles utilisés présentent des avantages mais aussi des inconvénients.

HEC-HMS nécessite de nombreuses données pour un calage optimal du fait de la quantité de paramètres à régler. Cependant, cela permet une grande flexibilité du logiciel. Dans notre cas, il nous a été toutefois impossible d'obtenir de bons résultats de débits à la fois sur les saisons estivale-automnale et hivernale-printanière.
La fonte de la neige est, quant à elle, bien modélisée par le module météorologique Snow Model. Nous utiliserons donc ce logiciel pour effectuer l'étude de l'impact du changement climatique sur la couverture neigeuse à Puy-Saint-Vincent. Une faiblesse de HEC-HMS est, malgré tout, son impossibilité à fournir des résultats suivant les tranches d'altitudes servant au calcul. En effet, seule la moyenne du SWE (équivalent en eau de la neige) est disponible.

Le module Cemaneige a, quant à lui, la particularité de s'appuyer sur un nombre de données limitées et disponibles facilement car il s'agit de données classiquement mesurées en météorologie. L'ordre de grandeur des débits obtenus est cohérent avec les valeurs de débits observées. Ce modèle ne permet cependant pas de prendre en compte la fonte glacière et d'ajuster des paramètres tels que la température de distinction pluie/neige.
En ce qui concerne les hauteurs de neige, elles sont modélisées mais ne permettent pas une bonne représentation des hauteurs réellement observées. Le modèle GR4J avec lequel il est associé, est un modèle conceptuel ne faisant pas appel aux équations physiques. Certaines interprétations ou résultats sont difficilement exploitables, ce modèle est pertinent, avant tout pour l'estimation des débits. Le calage réalisé a permis d'obtenir une bonne estimation des débits sur le bassin versant de Puy-saint-Vincent.

Le bilan hydrologique actuel étant réalisé, la suite du travail traite de l'influence du réchauffement climatique sur les hauteurs de neige, absolument nécessaires pour le bon fonctionnement de la station de ski.