R├ęduction des impacts et mesures compensatoires

La construction de retenues collinaires peut être indispensable dans certains cas, notamment dans un contexte d'explosion démographique ou de diminution de la couverture neigeuse par changement climatique. Il est difficile de trouver un site qui n'occasionnera aucun impact sur le milieu environnant, les contraintes topographiques, géologiques et hydrologiques étant très importantes en milieu montagnard. Malheureusement, les zones humides font partis des écosystèmes les plus dégradés sur le territoire français et dans le monde.  Si les enjeux économiques sont jugés prédominants, il peut exister des mesures visant à réduire les impacts ou à les compenser. Lors de la présentation du projet, des mesures compensatoires sont proposées par le Conseil National pour la Protection de la Nature (CNPN). Sur chaque site une étude d'impacts doit être être réalisée avec comme objectifs principaux: 

  • Identifier l'état initial du site et de son environnement
  • Evaluer le projet dans son ensemble
  • Identifier les différents sites possibles et les variantes du projet envisageables 
  • Evaluer les effets directs et indirects à court et long termes à partir de plusieurs critères environnementaux: habitats, faune, flore, paysage, patrimoine culturel, sol, eau air, bruit
  • Proposer des mesures visant dans l'ordre de priorité à supprimer, réduire, supprimer ces impacts. 

Les mesures compensatoires doivent être appliquées sur la même bassin versant affecté par la construction, ce qui ne laisse que peu de place en milieu montagnard où les bassins versants sont souvent petits et pentus. Elles ont pour but soit de recréer des "zones humides équivalentes sur le plan fonctionnel et de la biodiversité", soit de remettre en état "une surface de zones humides existantes" après la construction, et "ce à hauteur d'une valeur guide de l'ordre de 200% de la surface perdue" (SDAGE 2010-2015 Rhône Méditerranée, 2009) Cela signifie qu'en cas de destruction complète, la nouvelle zone humide devra faire le double de la première. 

La retenue pourra être aménagée de façon à recréer des milieux favorables à la faune et la flore. Tout retenue doit avoir un périmètre de sécurité pour éviter les accidents comme la chute et la noyade d'animaux sauvages (bouquetins, chamois). Le retour d'une biodiversité floristique doit être favorisé pour permettre le repeuplement par les insectes, vecteurs indispensables de la pollinisation de certaines plantes, maintenir la végétation et limiter les phénomènes d'érosion. Suivant le lieu choisi, les aménagements diffèreront, notamment avec la surface disponible. Il est parfois possible de conserver partiellement la zone humide en même temps que la retenue. Elle conservera sont rôle naturellement filtrant et la faune associée. Il faudra cependant prêter attention à la qualité de l'eau si celle-ci est destinée à la production d'eau potable. Concernant sont utilisation pour la la production de neige de culture, certains problèmes de santé peuvent se poser si l'eau n'est pas traitée et directement déposée sur les pistes, certains bactéries se développant et pouvant contaminer les skieurs. 

Figure 1- construction d'une retenue sur une zone humide partielle (source: Journal of Alpine Research)

Plusieurs projets prévoient la recréation de zones humides artificielles à proximité afin de conserver ce patrimoine naturel, mais leur fonctionnement complexe, leur biodiversité riche ainsi que leur formation très lente pouvant prendre des années rendent ces projets peu concluants.