1.3- Zoom sur le site d'Harchéchamp

a) Description physique du seuil

L'ouvrage étudié est un seuil en rivière d'une hauteur de 2,3 m de haut sur environ 48 m de large. GENIVAR nous a fourni les levés topographiques qui permettent de caractériser le seuil (figure 2.17). Ce déversoir a pour effet d'élever le niveau d'eau de la rivière en amont. 

Figure 2.17 - Configuration du seuil d'Harchéchamp

Le seuil est divisé en trois parties.

Sur la rive gauche: tronçon A-B (figure 2.18 et 2.19). Cet ouvrage prend la forme d'une passerelle. Aussi nommée "barrage d'Harchéchamp", cette partie fait 12 m de long, 5 m de large et 3 m de hauteur, ce qui représente une hauteur de chute de 1,5 m en contexte de moyennes eaux. Cet ouvrage à déversoir vertical est composé de deux ouvertures hydrauliques : les vannes (qui ne sont plus fonctionnelles). Le déversoir est suivi d'une zone de radier à l'aval (en dessous de la passerelle).

Figure 2.18 - Photo du barrage d'Harchéchamp (tronçon A-B). Source : GENIVAR France

Figure 2.19 - Coupe en long du barrage. Source : GENIVAR France

 

 - La ligne de crête de la partie médiane (tronçon B-C) qui s'étend sur 11 m, se trouve au-dessus de la ligne d'eau. Par conséquent, à cet endroit, l'eau ne circule pas. Au niveau de cette zone morte, la végétation est bien installée, plutôt de type arbusive. 

- Enfin, sur la rive droite et s'étendant sur 25 m, la rivière s'écoule au-dessus de la crête du seuil (tronçon C-D). 

Figure 2.20 - Photo du tronçon C-D vu de la rive droite. Source : Agence de l'eau Rhin-Meuse

 

b) Le Vair à proximité du seuil 

Profil en long du Vair au niveau du seuil d'Harchéchamp

Le profil en long a été réalisé par le binôme 3 dans la Partie I - Préparation de l'étude.

Figure 2.21 - Profil en long du Vair à Harchéchamp

​Profil en travers du Vair

Figure 2.22 - Profil en travers du Vair à Harchéchamp en amont du seuil (Source: GENIVAR France)

 

c) Les berges et la ripisylve

Les berges sont de nature limono-argileuse. Elles ont une pente inclinée (de 30 à 70°C) et une hauteur de 0,25 à 0,50 mètres. Elles offrent peu d'abris de sous-berges ou de végétation ligneuse. En rive droite, les berges sont effondrées en grande partie et en rive gauche, les berges sont notées être instables localement.

En ce qui concerne la ripisylve, elle est à dominance arbustive et arborescente par endroit. La ripisylve est dense au niveau du seuil mais éparse en amont et en aval. Elle a en générale une emprise latérale de moins de 5 m. L'espèce dominante est le frêne et on observe localement la présence de renouée du Japon, espèce invasive ligneuse. L'état de la ripisylve est altéré avec peu ou pas de potentiel de restauration spontanée.
 

d) Usages  et réglementation

Usages

Ce seuil permettait l'alimentation d'un moulin qui se situait en rive gauche du Vair. Aujourd'hui, ce moulin est détruit, la vanne du seuil n'est plus fonctionnelle et le déversoir ne semble pas avoir de véritable intérêt selon l'EPAMA. Cet ouvrage ne sert plus qu'au maintien du profil en long du lit du cours d'eau et à la lutte contre l'érosion mais cet usage a été démenti par le travail du binôme 3.

Le seuil est aujourd'hui problématique en terme de continuité piscicole car sa hauteur (1,1 m de chute) constitue un obstacle à la libre circulation des poissons.

Réglementation

L'article L214-17 du Code de l'Environnement demande l'établissement de classement de cours d'eau sous forme de deux listes : liste 1 et liste 2.  La première liste concerne les cours d'eau, partie de cours d'eau ou les canaux qui sont reconnus comme en très bon état écologique ou qui jouent un rôle de réserve biologique important pour le maintien ou l'atteinte du bon état écologique d'un bassin versant. La deuxième liste concerne les cours d'eau sur lesquels il faut assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs. L'avant-projet de classement des cours d'eau dans le bassin Rhin-Meuse est consultable sur le site de la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) via l'outil Carmen (module de cartographie). Le Vair n'est pas classé en liste 1 ou 2.

De plus, le seuil n'est pas dans la liste d'ouvrages Grenelle à traiter en priorité. Les ouvrages Grenelle sont des obstacles à l'écoulement sur lesquels des actions de restauration de la continuité écologique sont possibles à plus ou moins long terme. Il n'est pas considéré comme prioritaire par la DCE, mais il est prioritaire pour l'EPAMA en particulier en ce qui concerne la franchissabilité et l'inondabilité.

 

e) Activités en lien avec le site

La commune d'Harchéchamp s'étend sur 7,4 km² et compte 105 personnes. Le premier secteur d'activité est la construction (33,3% des établissements actifs au 31 décembre 2010) devant l'agriculture (22%), le commerce et les transports (22%) et l'industrie (11%) (INSEE). La commune par sa taille ne représente pas une pression majeure pour la qualité des eaux du Vair. Néanmoins, l'activité agricole principale est la grande culture avec 58% de la surface agricole utilisée (SAU) réservée à cet usage, vient ensuite l'élevage avec 42% de la SAU (Agreste). En 2000, dans les Vosges, 68 ha avaient été irrigués (Enquête structure des exploitations agricoles). L'irrigation est donc négligeable dans le département et n'exerce que peu ou prou de pression sur la ressource en eau. En revanche, la pratique des grandes cultures en agriculture conventionnelle sous-entend l'utilisation de produits phytosanitaires (engrais et pesticides) susceptibles d'être lessivés vers la rivière et d'altérer la qualité chimique du milieu aquatique.

Dans le secteur industriel, on peut noter la présence d'une scierie sur la commune de Barville au niveau du seuil. C'est la seule activité qui pourrait directement influencer l'installation de la passe à poissons.

Dans le secteur des loisirs, on ne relève pas d'association de kayak sur le Vair que l'arasement du seuil pourrait affecter. En revanche, on dénombre deux associations de pêche à Attignéville et à Houécourt (Fédération de pêche).

 

Bilan: Le seuil d'Harchéchamp est un obstacle à la continuité piscicole. Le moulin qu'il approvisionnait n'étant plus et comme le seuil n'assure pas son rôle de stabilisateur des berges, il n'a plus son utilité. Par conséquent et selon, le code de l'environnement, il doit être éliminé si possible