Concentration en Ifosfamide

 

Calcul de la concentration en Ifosfamide

dans les eaux de rejets de Ginestous

 

Calcul du nombre de traitements concernés

Différentes techniques de calcul de la quantité d'Ifosfamide rejetée dans les eaux de sortie de STEP sont possibles.

Tout d'abord, nous pourrions nous appuyer sur les moyennes relevées par l'AFFSET en sortie de STEP, toutefois, celles-ci seraient difficilement adaptables à la taille de notre rejet, étant donné l'importance du volume traité par la station d'épuration de Ginestous.

Une autre solution serait de mesurer la dilution des rejets d'une quantité annuelle fixe d'Ifosfamide distribuée par un hôpital moyen, semblable à l'hôpital théorique servant de support à ce projet.

Nous avons cependant choisi de prendre en considération l'ensemble des rejets d'Ifosfamide susceptibles de parvenir jusqu'à la station de Ginestous. En effet, en prenant en considération le rejet d'une station de cette importance, il ne serait pas logique de ne considérer que le rejet d'Ifosfamide d'un seul hôpital.

Ainsi, nous avons pris en compte l'ensemble des hôpitaux du Grand Toulouse qui sont situés à l'intérieur de la zone de collecte de l'usine Ginestous-Garonne et qui disposent d'un service de chimiothérapie :

  • L'Hôpital de notre projet, situé Chemin de Fenouillet à Toulouse
  • Le CHU de Purpan
  • Le CHU de Rangueil
  • L'Hôpital Larrey
  • l'Hôpital des Enfants
  • l'Hôpital Paule de Viguier
  • L'Hôpital La Grave
  • L'Hôpital Casselardit

Figure 1 : Représentation schématique de la position des hôpitaux situés dans la zone de collecte de Ginestous (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Source : Veolia Eau (modifié)

 

Nous allons donc prendre en compte l'ensemble des traitements chimiothérapiques faisant intervenir l'Ifosfamide dans ces différents hôpitaux.

Selon les données publiées dans le dossier "Chiffres clés 2010" du site internet des CHU de Toulouse, on recense 11029 traitements en chimiothérapie pour l'ensemble des établissements de la zone.

De plus, même si la construction de notre hôpital est susceptible de modifier la répartition des patients entre les différents services de la ville, on considèrera que son implantation n'engendrera pas pour autant une croissance significative du nombre de traitements en chimiothérapie.

Toutefois, nous pouvons prendre en compte le fait que, chaque année, le nombre de cas de cancer décelé en France augmente, le nombre de traitements va donc croître proportionnellement à ce chiffre. Afin de réaliser un état des lieux actuel du rejet d'Ifosfamide dans l'environnement, nous appliquons une augmentation annuelle de 2% (Association pour la recherche sur le Cancer). On considère donc 11500 traitements annuels dans la région du Grand Toulouse.

 

Quantité d'Ifosfamide distribuée dans le Grand Toulouse

Chacun de ces traitements correspond à une visite du patient à l'hôpital pour une injection de solution contenant la molécule anticancéreuse.

Toutefois, les patients ne reçoivent pas tous un traitement à l'Ifosfamide. Celui-ci est réservé aux malades atteints de lymphomes, sarcomes, cancer des ovaires, des testicules ou encore des poumons, qui représentent environ 30% des cas de cancer (INVS). De plus, même pour ces patients, les injections d'Ifosfamide ne sont pas l'unique forme de traitement mais la principale, à hauteur d'environ 70%. On considère donc que sur les 11500 traitements annuels, 11500*0,7*0,3 =  2415 correspondent à des injections d'Ifosfamide.

A chaque injection, une dose de 50 à 60 mg/kg est fournie au patient (PPC, 2009), cela correspond alors, pour un corps moyen de 70 kg, à une injection de  3,85 g.

Pour un total 2415 traitements annuels à l'Ifosfamide dans le Grand Toulouse, on totalise une distribution de 9,3 kg de cette molécule. Même si nous avons posé un certain nombre d'hypothèses pour réaliser ce calcul, l'étude de l'AFFSET avait montré une distribution moyenne de 1,9 kg pour un CHU par an. Ici, la zone disposant de 8 hopitaux dont deux CHU, la valeur obtenue est tout à fait crédible.

 

Quantité d'Ifosfamide rejetée dans les effluents urbains

L'AFFSET considère que 30% de l'Ifosfamide distribuée au patient n'est pas métabolisé par l'organisme, cette quantité est donc rejetée directement dans les effluents. Ne subissant aucune dégradation au cours des processus d'épuration, on considèrera que la quantité d'Ifosfamide rejetée dans le réseau urbain est égale à celle rejetée dans le milieu naturel à la sortie de Ginestous.

Toutefois, les patients ne restent à l'hôpital que durant les 12 heures suivant leur traitement, ils n'excrètent alors que 40 % de la quantité d'Ifosfamide non métabolisée (Boddy A.V., 1995). Le restant est excrété au cours des 48 heures suivantes, depuis le domicile du patient. Si celui-ci est domicilié dans le grand Toulouse, cela ne change rien car ses effluents domestiques sont, comme les effluents hospitaliers, reliés au réseau urbain. Selon le CHU Toulouse, 55,4% des patients traités en oncologie sont domiciliés en Haute-Garonne. Il reste donc à estimer la proportion des habitants du Grand Toulouse par rapport au département.

Or, le recensement 2012 présente 552 306 résidents dans le Grand Toulouse (Balma, Colomier, Quint Fonsegrives, Ramonville Saint-Agne,  Saint Orens de Gameville, Toulouse, Tournefeuille et l'Union) pour 1 230 820 habitants  en Haute-Garonne, soit 45 %.

Ainsi, 0,45*0,554 = 24,8 % des patients en oncologie sont domiciliés dans le Grand Toulouse. Pour ceux-ci, 100% des eflluents sont récoltés dans le réseau urbain alimentant Ginestous, pour les 76,2% restant, seuls 40% de la quantité d'Ifosfamide rejetée est récoltée dans le réseau étudié.

Ainsi, la quantité d'Ifosfamide rejetée dans le réseau urbain est de :

Quantité distribuée * facteur de non-métabolisation * (100% pour les domiciliés dans le Grand Toulouse et 40% pour les autres) = 9,3 * 0,3 * (0,248*1,00 + 0,762*0,40) = 1.54 kg

 

Tableau 1 : Présentation des calculs pour l'obtention de la concentration en Ifosfamide

 

Ainsi, l'Usine de Ginestous rejetant un total de 36 764 990 m3 chaque année, on peut mesurer la concentration moyenne en Ifosfamide de ce rejet, soit 0,41 ng/L.

Cette concentration peut sembler faible, en comparaison des données de l'AFFSET, mais il faut bien prendre en compte le fait qu'on est ici dans le cadre d'un réseau urbain conséquent, le facteur de dilution est donc important. Il faut également préciser que pour nous, la dégradation de la molécule d'Ifosfamide n'aura lieu qu'après rejet dans les eaux de Garonne, la concentration dans le réseau d'eaux urbaines est donc égale à la concentration de l'effluent de sortie.

 


  Devenir de la molécule d'Ifosfamide

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