1.1.3. Quantification du phénomène d'érosion

     De part les enjeux liés à l'évolution de la géomorphologie des côtes, la quantification du recul du trait de côte a fait l'objet de nombreux travaux scientifiques.

Méthodes utilisées

  • Analyse photogrammétrique

     Afin d'estimer le stock de matériaux arrivant effectivement sur les plages de Cayeux-sur-mer, une évaluation de la vitesse d'érosion des falaises du pays de Caux a été entreprise. Pour ce faire, une comparaison de photographies aériennes issues de la base de l'IGN (Institut national de l'information géographique et forestière) de la a été menée entre 1966 et 1995. Prises verticalement avec une résolution de 10-4, ces clichés ont été obtenus et traités uniquement dans l'optique d'une analyse photogrammétrique.

    En ce qui concerne l'évolution du cordon de galet de la Baie de Somme, l'analyse par photographie aérienne est peu adaptée à la quantification du transit sédimentaire. En effet, les plages de Cayeux-sur-mer sont régulièrement rechargées en sable dans le cadre du programme de maintien du trait de côte, ce qui rend l'analyse de la morphologie de la côte impossible sur le long terme.

  • Analyse du bilan sédimentaire

     Afin de mesurer l'effet du processus d'érosion, l'idée est apparu de faire un bilan du stock de sédiments le long du cordon de galet des Bas-Champs du Vimeu. Ainsi l'évolution de la quantité de matériaux sur les plages au sud de Cayeux-sur-mer a été observée entre 1990 et 1993. 

Évaluation du recul du trait de côte jusqu'à aujourd'hui

  • L'érosion des falaises du pays de Caux

Ainsi de part leur précision, le recul des falaises de Haute-Normandie mesuré est compris entre 0,08 m/an et 0,28 m/an quand certains l'estimaient à 0,7 m/an. Cependant il existe de nombreuses disparités aussi bien spatiales que dans le temps et tous les scientifiques ne s'accordent pas.

Tableau récapitulant le recul moyen des falaises crayeuse au niveau d'Ault selon les auteurs (Di Méo, 2001)

Auteur Recul annuel moyen évalué
Dallery (1995) 0,5 m
Hascoet (1987) 0,3 à 0,6 m
Dolique (1992) 0,4 m
Costa (1997) 0,35 à 0,7 m
Sogreah (1999) 0,43 m

A l'échelle de l'unité sédimentaire, le produit annuel issu de l'érosion s'élève donc approximativement à plus de 1,5 millions de tonnes de matériaux.

L'érosion du littoral des Bas-Champs de Cayeux

     Sur la période comprise entre 1990 et 1993, seuls 8% du rechargement initial de la plage en sable et galets ont résisté aux assauts de la houle. Autrement dit sur trois années, 450 000 m3 de matériaux ont été charriés vers le nord-est par les courants de longshort. Ce bilan sédimentaire a été infirmé et affiné par la SOGREAH en 2011 comme présenté sur la figure suivante.

Bilan des échanges sédimentaires au niveau de la zone littoral des Bas-Champs de Cayeux (SOGREAH, 2011)

Ainsi entre 1965 et 1990, 10 m de profondeur ont été perdus sur la plage s'étirant d'Ault au Amer Sud de Cayeux-sur-mer, tandis que depuis 1939 la pointe de la flèche a progressé de 64 ha soit près de 42 m/an.


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Étude hydro-sédimentaire

1. Etat des lieux

1.1. De l'érosion de la Baie de Somme au recul du trait de côte

1.1.1 Périmètre de l'étude           1.1.2. Source des sédiments          1.1.3. Quantification de l'érosion          1.1.4. Qualification de l'érosion