1.1.4. Qualification des matériaux érodés

    Selon leur âge, mode de formation ou d'altération autrement dit leur origine, les produits issus de l'érosion n'ont pas la même composition. Dans le but de comprendre et prévoir l'évolution du transit sédimentaire le long des côtes normano-picardes, il apparaît indispensable de bien connaître à la fois la granulométrie mais aussi le chimie des matériaux transportés.

Méthode de qualification de la granulométrie des galets

   Dans le but de caractériser les matériaux déposés et érodés le long du cordon de galet, plusieurs méthodes peuvent être mise en place. Parmi les plus connues pour évaluer la taille moyenne des populations de galets, nous pouvons citer les méthodes d'Illenberger consistant dans la mesure de la longueur et de l'épaisseur des galets sur un ruban de 5 m ou encore la méthode de Cailleux et Tricard extrapolant les mesures de largeur de 200 galets pris au hasard. Il a ainsi été montré que la dimension moyenne des galets de la zone été comprise entre 4 et 7,5 cm (LCHF, 1972).

   Cependant bien que structurellement important (digue protectrice), les galets ne représentent en moyenne que 5% en moyenne des matériaux produits par érosion, soit 20 000 m3 et 50% des sédiments échoués sur le littoral (Héquette et Ruffin-Soler, 2007). Le reste des matériaux est formé de sables grossiers, les sables fins s'accumulant quand à eux dans la baie de la Somme. Ainsi l'indice de tri granulométrique (So=(Q75/Q25)1/2) oscille entre 1,67 et 1,92 indiquant que le milieu est hétérogène.

Relation entre composition et origine des sédiments

  Lors de l'érosion des falaises, deux principaux types de matériaux sont produits : des silex et des particules de craie. Si la craie est rapidement dissous dans l'eau lui donnant une teinte laiteuse, les silex quand à eux sont transportés et façonnés par la mer les transformant en galets. La formation des abruptes du pays de Caux résultant d'un processus long à l'échelle des temps géologiques, ces derniers sont constitués de plusieurs couches successives de composition différente.

 Ainsi, en supposant les étages homogènes, les strates les plus riches en silex sont aussi les plus pauvres en fraction silicatée fine. Les formations issues du Turonien possèdent ainsi entre 0 et 5% de silex contre 10 à 16% dans le Santonien-Campanien.

Étage stratigraphique Teneur en silex % Teneur en éléments insolubles % Densité
Cénomanien 0.5 à 20 7 à 50 1.6 à 2.1
Turonien 0 à 5 3 à 9.1 1.7 à 2.1
Coniacien 8 à 13.5 0.5 à 4 1.6 à 1.9
Santonien 10 à 16 0.3 à 2.8 1.6 à 1.8
Campanien   2.3 à 4.2  

Totalité des étages

Moyenne

 

9.1

 

8.3

 

1.8

Par manque de données à ce sujet, nous supposerons que la densité moyenne des falaises est égale à celle des sédiments charriés et se déposant sur la côte des Bas-Champs du Vimeu.


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Étude hydro-sédimentaire

1. Etat des lieux

1.1. De l'érosion de la Baie de Somme au recul du trait de côte

1.1.1 Périmètre de l'étude           1.1.2. Source des sédiments          1.1.3. Quantification de l'érosion          1.1.4. Qualification de l'érosion