1.2.2. Les courants liés aux marées et à la houle comme vecteurs de transport

   La Manche est une mer épicontinentale, fraction de l'océan Atlantique et recouvrant une surface d'environ 75 000 km². Dans cette zone soumise à un fort marnage, les courants marins peuvent être décomposés en deux :

 

  • cross-shore autrement dit de direction perpendiculaire au trait de côte
  • long-shore soit parallèlement aux plages

 

 

Marnage moyen en Baie de Somme (Dolique, 1998 a)

Au niveau des Bas-Champs du Vimeu, la composante cross-shore du courant peut être négligée du point de vue du transport sédimentaire. Le transit sédimentaire a ainsi été estimé dans la direction Sud-Ouest/Nord-Est à près de 100 m3/jour (Dolique, 1998 a). Cependant si cette valeur explique l'important apport de sédiment dans la Baie de Somme, elle n'éclaire pas le processus d'ensablement dont la zone est victime.

  En effet, le phénomène d'ensablement est lui purement dû à la dynamique des marées et à la morphologie de la baie. Soumise à un marnage moyen d'approximativement 9 m, l'influence des marées, mettant en mouvement plus de 350 millions de tonnes d'eau, ne peut être négligée dans ce cas. Les courants maximaux liés à ce phénomène lunaire décroissent entre Etretat et le Hourdel (extrémité septentrionale des Bas-Champs du Vimeu) passant de 2 m/s à 0,90 m/s. Cependant, le paramètre le plus important ici est plus l'asymétrie des courants que leur force. Sur cette partie du littoral, la vitesse du flot est en moyenne 20 à 30% supérieure à celle du jusant (Allen, 1978). En effet, la SOGREAH a estimé en 1995 à 0,54 t/m le flux de sédiment entrant dans la Baie et à seulement 0,24 t/m le flux sortant. Une quantité importante de matériaux reste donc piégée dans la baie de part la faiblesse des courants de jusant. De part la morphologie de la zone, le colmatage est plus prononcé dans le partie Sud de l'estuaire.

  Les mouvements d'eau liés à la marée sont donc insuffisant pour transporter les galets le long des côtes mais participe à leur entraînement dans la baie. Seul le couplage entre les courants liés à la houle et ceux relatifs aux marées permettent donc de comprendre la dynamique du transit sédimentaire le long des côtes normano-picardes.


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1. Etat des lieux

1.2. Un comblement de la baie contrastant avec l'érosion de la zone

1.2.1. Les apports terrigènes par le réseau hydrographique                   1.2.2. Les courants liés aux marées et à la  houle