3.3 Des activités humaines à adapter

La dépoldérisation des Bas-Champs de Cayeux va donner lieu à de nombreux changements dans les activités humaines. Le retour de la mer dans les Bas-Champs va modifier les activités humaines du site.

La disparition des activités et infrastructures en place

Zones sensibles aux submersions marines
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Cette carte montre les zones les plus sensibles aux submersions marines.

La zone A est qualifiée de très vulnérable, elle regroupe les espaces bâtis distants de la mer de 0,5 à 2,5 kilomètres, à partir d’une zone en érosion, et dont l’altitude est inférieure ou égale à 5 mètres. Elle regroupe :

  • les maisons de l’Enclos Mouchette (1,05 km, 3 m),
  • la ferme de l’Enviette (1,15 km, 4 m),
  • la Basse Enviette (1,8 km, 3 m),
  • le hameau « Le marais » et la ferme Chanteraine (2,5 km, respectivement 4 et 5 m),
  • certaines maisons du sud de Cayeux

La zone B est qualifiée de sensible et regroupe les espaces bâtis distants de la mer de 2,5 à 5 kilomètres à partir d’une zone en érosion et dont l’altitude est inférieure ou égale à 5 mètres. On y recense:

  • la ferme « Le Montois » (3 km, 4 m),
  • le hameau de Poutrincourt - en partie - (4,1 km, 5 m).

La zone C est qualifiée d'assez vulnérable et elle regroupe les espaces bâtis distants de la mer de 0,5 à 5 kilomètres, à partir d'une zone d’accumulation, d’altitude inférieure ou égale à 5 mètres. On y compte:

  • les maisons de Cayeux situées dans les 2/3 nord de la ville (+/- 0,75 km, 6 m),
  • le village de Hurt (2,8 km, 4 m),
  • la ferme de Wathiéhurt (4,1 km, 4 m),
  • le village de Wathiéhurt (4, 15 km, 4 m).

La zone D est quant à elle la zone la moins sensible aux inondations. Elle regroupe les espaces bâtis distants de la mer de 0,75 à 5 kilomètres à partir d’un secteur en érosion, d’altitude supérieure à 7 mètres.

Outre les habitations, les infrastructures routières risquent aussi de disparaître.

La dépoldérisation du Hâble d'Ault menacerait environ 200 huttes de chasse, ce qui représente 10 % des huttes du département de la Somme. Plus de 3000 chasseurs de gibier d'eau risquent de voir leur activité disparaitre. Les activités primaires dans les polders comme l'élevage bovin vont aussi devoir être déplacées.
 

De nouvelles activités en perspective

Parmi les activités qui pourraient se développer dans les Bas Champs dépoldérisés, beaucoup sont en lien avec la mer.

On peut tout d'abord évoquer la possibilité d'activités piscisoles et conchylicoles. En effet, il serait possible de construire un espace protégé mais en contact avec la mer et qui permettrait des réserves en eau salée pour y installer des cultures de coquillages (moules, coques). L’élevage des huîtres pourrait être envisagé à condition qu'il se trouve dans un milieu où la mer n'est pas trop agitée. Des bassins pour l’élevage de poissons de mer (turbos, soles…) pourrait également être mis en places.

Du point de vue végétal, on peut distinguer un potentiel important concernant la culture de la salicorne. C'est une plante locale très apprécié des touristes et susceptible de connaître un bel avenir dans les restaurants gastronomiques. Cette plante pionnière des marais maritimes trouverait, après une dépoldérisation, un espace optimal pour croître.

Alors que l'élevage risque de disparaître des prairies actuelles qui seront submergées, la formation de mollières, ou prés salés dans le haut schorre, peut servir de prairies pour l’alimentation de moutons, à l’image de ce qui existe déjà entre Saint-Valery et Le Crotoy. Cela peut-être un moyen de reconversion pour les éleveurs des Bas-Champs. Le projet de Parc Naturel Régional de Picardie Maritime pourrait prévoir une extension de la labellisation des moutons de cet espace qui s’intégrerait à l’aire AOC « agneaux près salés baie de Somme » attribuée récemment.

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Enfin, on doit s'attendre à une mutation des activités touristiques. Le toursime vert, à base de randonnées équestres ou pédestres dans le Hâble d'Ault actuellement très en vogue se verrait déplacé vers le nouveau schorre. D'autres activités, liées aux sports nautiques cette fois, pourraient voir le jour. En effet, la formation d'une petite baie exposée au vent donnera naissance à un spot de choix pour les  véliplanchistes. Les modalités de la mise en place d'une telle activité restent à être évoquées. En effet, la proximité de la réserve naturelle de la Baie de Somme, ainsi que d'éventuelles activités conchylicoles et piscicoles nécessite de mettre en place des mesures concernant la cohabitation entre toutes ces activités.

 


Accueil du projet

 

3.1 Une nouvelle géographie

3.2 Une évolution des écosystèmes

3.3 Des activités humaines à adapter

 

Étude des Bas Champs et de la zone humide le Hâble d'Ault

 

1. Présentation de la zone 2. Etat des lieux 3. Estimation des conséquences de la dépoldérisation   4. Conclusions