Impact des forages à long terme

Impact des forages à long terme

 

Évolution du forage de Civé

La modélisation du réseau d'aduction d'eau dans la localité de Civé nous indique un besoin journalier de 40m3 d'eau. Une durée de 4 heures de forage journalier nous a paru réaliste. C'est donc un débit de 10 m3/h durant 4 heures qui a été modélisé pour observer l'évolution de la nappe au cours d'un journée.

Le résultat de ce pompage et le suivant :

Suivant le tableau du test de pompage décrivant la descente et la remontée de la nappe suite à 4 pompages différents de une heure à des débits différents, nous pouvons admettre que la nappe se recharge relativement rapidement, et que la côte piézométrique modifiée par le volume prélevé et le cône de rabattement formé au cours des 4 heures de pompage sera à nouveau à son niveau initial au départ du pompage suivant.

On peut donc à priori conclure que les pompages qui vont être réalisés quotidiennement ne vont pas appauvrir la ressource en eau souterraine au niveau de la localité de Civé.

 

Distance entre les différents sites de pompage

Suite à l'observation faite que les 6 forages et pompages sont réalisés au sein de la même nappe phréatique (carte des aquifères de la région), il est important de savoir si un pompage va influencer la ressource disponible sur un site voisin.

Les distances entre les différentes localités, en centrant notre étude sur Civé, sont les suivantes :

Localité Distance
Wouro Bakar 7.51 km
Garli 9.58 km
Tetiane 33.48 km
Guiraye 51.94 km
Kangnadi 73.32 km

Nous observons sur la modélisation suivante du pompage journalier de Civé (domaine 5000 mètres de côté) que la base du cône de rabattement est un cercle de diamètre de 1500 mètres environ.

Les volumes pompés peuvent augmenter au fil des ans avec une évolution de la population (on peut imaginer qu'amener l'eau potable à des localités qui n'y avaient pas accès va provoquer une arrivée plus ou moins notable de population). Cependant, on peut penser que ces pompages resteront dans l'ordre de grandeur étudié, et qu'il n'y aura donc jamais de conflit liés à la ressource en eau souterraine dans la région de Gorgol.

De plus, on peut calculer le rayon d'action diffusif selon la formule suivante pour une nappe captive :

$R(t)=\sqrt{D.t}  $   où D est le coefficient de diffusion hydraulique, qui pour une nappe captive s'exprime sous la forme : $D = \frac {T}{C} = \frac{K.e}{C_{s}.e} = \frac{K}{C_{s}}$, où C est le coefficient d'emmagasinnement [m-1].

On a alors D = 9 m2.s-1. La courbe suivante représente le rayon d'action diffusif à différents temps : 

Ce rayon n'est pas relatif à l'extraction d'un volume ou d'un débit fini. Il ne résout donc aucun problème spécifique de pompage mais nous donne des informations sur la réaction de la nappe. On peut alors observer qu'au bout de 4 heures (240 minutes), le rayon d'action est de 0,36 km, distance bien inférieure aux distances séparant Civé des autres villages. De plus, la population de Wouro Bakar, village situé le plus proche (7.51 km) n'est que d'environ 300 habitants. La localité de Garli (à 9.58 km) est elle de 1500 habitants. Mais la recharge de la nappe se faisant par le fleuve, et ces villages étant situés plus proches du fleuve que les uns entre les autres, il ne devrait pas y avoir d'influence d'un pompage sur un autre.

 

Impact global des pompages sur la ressource

Les différentes simulations effectuées nous permettent de conclure que la ressource en eau souterraine n'est pas en danger. La nappe est bien rechargée par le fleuve et la quantité d'eau dans la nappe phréatique des alluvions du fleuve est suffisante pour subvenir aux besoins en eau des 6 localités de la région du Gorgol. Ce travail nous permet de dire que l'installation de réseaux AEP dans les villages étudiées est possible et durable.

 

 

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