Analyse des résultats de la modélisation

Les résultats obtenus sont à manier avec précaution, en effet, le calage du modèle sur les débits observés reste approximatif; de plus, par manque de données, nous n'avons pas pu calibrer le modèle pour les quantités de sédiments transportées.

 

Le calage sur les débits

La présence d'un pic important de débit sur l'hydrogramme simulé qui n'est pas présent sur l'hydrogramme observé témoigne du fait que la station climatique utilisée pour la simulation est trop éloignée géographiquement du bassin versant.

En effet, la seule station climatique à laquelle nous avons eu accès se trouve à Toulouse Blagnac. Nous supposons que la pluviométrie à cet endroit est significativement différente et en moyenne inférieure à celle sur les hauteurs du bassin versant de la Lèze, raison pour laquelle le modèle sous estime systématiquement les débits.

De plus, le débit de la Lèze est en permanence soutenu par le réservoir de Mondély situé très en amont sur le bassin versant. Nous n'avons pas pu accéder aux données précises de débits en sortie du barrage. Nous nous sommes basés sur des estimations de la chambre d'agriculture d'Ariège et avons défini le débit à l'exutoire du réservoir à 20 l/s entre Novembre et Mai, et à 300 l/s entre Juin et Octobre, période d'étiage.

Tous ces facteurs représentent autant d'incertitudes sur la simulation du débit à l'exutoire.

 

Les quantités de sédiments transportées

Les simulations de différents scénarios agricoles montrent que la charge en sédiment transférée des parcelles agricoles vers le cours d'eau peut être réduite de 55% (de 0,244 T/ha à 0,112 T/ha) en supprimant totalement le travail du sol et en implantant un couvert végétal adapté en interculture.

Il est cependant important de préciser que le passage d'une rotation "conventionnelle" avec travail du sol à une rotation sans travail du sol, se fait sur environ 5 ans. En effet, cette durée est nécessaire pour que le sol retrouve une structure et une activité biologique suffisante, pendant ces 5 ans, l'agriculteur travaille le sol de plus en plus superficiellement jusqu'à arrêt total du travail du sol.

Les résultats de ces simulations sont satisfaisants, cependant, le modèle n'ayant pas été calibré pour les quantités de sédiments par manque de données, les résultats sont à manier avec précaution.

Enfin, la carte d'occupation du sol utilisée pour cette modélisation est peu précise, l'emplacement des différentes cultures n'étant pas défini dans l'espace au sein de la zone "cultures". Les cultures devraient être situées majoritairement en plaine, et les pâtures sur les coteaux, cependant, compte tenu de la précision de la carte, une telle différenciation n'a pas pu être établie. Il en résulte une incertitude sur les valeurs de charge en sédiments.