Le contexte

     Le problème des inondations dans la Vallée de la Lèze est un problème récurrent et qui se retrouve un peu partout en France. Les crues ne sont pas des phénomènes nouveaux, elles ont toujours eu lieu et ont toujours causé des dégâts. Cependant, on pourrait croire qu'avec l'évolution de notre compréhension des phénomènes naturels, ainsi que l'évolution de nos capacités technologiques, ce genre de phénomènes aurait dû disparaître peu à peu au cours des dernières décennies. Il n'en est rien, bien au contraire. La transformation du paysage, avec les forêts peu à peu remplacées par des surfaces agricoles a entraîné une accélération des flux de ruissellement vers les rivières. De même que la disparition progressive des haies agricoles qui a accentué le phénomène. L'urbanisation croissante, qui entraîne un imperméabilisation des sols, et qui a souvent lieu près des rivières, accélère également l'arrivée de l'eau de pluie vers les rivières. Et même les aménagements des rivières, qui ont majoritairement consisté à rectifier les lits des rivières pour augmenter les surfaces exploitables (pour l'agriculture ou la construction) ont eu pour conséquence d'accélérer les crues. Or, ces dynamiques d'accélération du transfert de l'eau du bassin versant vers la rivière, et d'accélération de la vitesse de propagation des crues dans la rivière, entraînent le débordement de la rivière hors de son lit mineur. Lorsque ces débordements causent des dégâts, on parle alors d'inondations.

     Tout cela est vrai à propos du bassin versant de la Lèze. L'enjeu des haies brises crues est particulièrement d'actualité puisque une étude récente a montré que 80% des haies agricoles avaient disparu entre 1980 et 2008. De plus, il faut noter que le bassin versant est plutôt étroit, ce qui signifie que l'eau qui ruisselle a peu de chemin à parcourir pour atteindre la rivière. Et les pentes relativement fortes sont encore un autre facteur d'accélération.

     On comprend donc bien que pour toutes ces raisons le choix du bassin versant de la Lèze n'était pas anodin. Cependant l'enjeu des inondations n'était pas le seul à influencer notre décision. Nous avions besoin d'un bassin versant où les enjeux écologiques étaient également importants. Or le fort développement de l'agriculture sur le bassin versant ainsi que l'érosion importante des sols lors des fortes pluies ont des conséquences écologiques non négligeables. Il faut également dire que la proximité de la rivière, à une vingtaine de kilomètres de Toulouse, nous a permis des déplacements sur place, notamment pour le binôme qui étudiait les berges de la rivière. Enfin la dernière justification que nous apporterons à notre choix est que la Lèze a beaucoup été étudiée à la fois par des élèves de nos trois écoles et par nos enseignants, ce qui nous a permis de trouver plus rapidement des solutions à un certain nombre de problèmes auxquels nous avons été confrontés.

 

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