L'IBGN : définition et méthode

1) Définition, avantages, limites

L'Indice Biologique Global Normalisé permet de caractériser l'état écologique de l'eau d'une rivière en se basant sur la faune de macroinvertébrés benthiques d'eau douce. Plusieurs paramètres sont à prendre en compte : la richesse en macroinvertébrés, la diversité des taxons présents, et l'absence ou la présence de certains taxons plus particulièrement  indicateurs de la présence de pollution.

Cette méthode est couramment utilisée dans le cadre de la DCE (Directive Cadre sur l'Eau) et standardisée, même s'il faut noter qu'elle a été renouvelée durant ces deux dernières années. L'utilisation de macroinvertébrés comme bioindicateurs est très pertinente car leur caractère sédentaire leur impose de subir toute perturbation du milieu : ils vont par conséquent mourir ou survivre à une perturbation donnée. La sensibilité aux perturbations est très variable suivant les divers macroinvertébrés, c'est pourquoi on aura des réactions différentes en fonction des taxons, ce qui permet d'avoir finalement une note précise sur une échelle assez large, allant de 1 (la plus mauvaise) à 20 (la meilleure).

De plus plusieurs avantages nous ont conduits à utiliser cette méthode dans le cadre de notre étude : elle est facile à mettre en oeuvre et nécessite un matériel qui nous est accessible. Les invertébrés benthiques sont abondants, assez faciles à collecter, et l'identification de ces animaux est relativement aisée.

Cependant, bien qu'il permette de définir la qualité d'un cours d'eau cet indice ne donne pas d'information sur la cause de la perturbation. En effet le développement des macroinvertébrés est dépendant des conditions du milieu telles que le degré de pollution, la température de l'eau, l'éclairement, le substrat, l'abondance d'habitat, etc. On ne peut donc pas connaître l'origine du mauvais état écologique (s'il y a lieu) du cours d'eau étudié.

 

2) Méthode

Les prélèvements sont réalisables dans des milieux particuliers : profondeur inférieure à un mètre, vitesse du courant assez faible, turbidité faible. On choisit une station, qui est définie comme un tronçon de longueur égale à dix fois la largeur du lit mouillé.

Les prélèvements sont effectués à l'aide d'un échantillonneur Surber (voir figure), on place celui sur le fond du lit avec le filet face au courant et on gratte le substrat, ce qui a pour effet d'entraîner les invertébrés dans le filet.

Crédit: Master EEA, université Jean Monnet de Saint-Etienne

On trie ensuite grossièrement l'échantillon en enlevant les plus gros éléments, et on le conditionne dans un pot contenant une solution de formol.

Pot contenant le prélèvement et de l'alcool

On réalise huit prélèvements représentatifs des microhabitats qu'on peut trouver sur le tronçon sélectionné.

 

3) Identification et analyse

Au laboratoire on tamise les échantillons pour éliminer les restes de matières végétales et minérales et on procède à l'identification sous loupe binoculaire.

Loupe binoculaire

On regroupe les invertébrés par taxons, dont la liste est donnée (Annexe 1) et on observe la variété taxonomique des échantillons. Ensuite on repère le taxon le plus pollu-sensible présent (appelé groupe indicateur). Pour déterminer l'indice on le lit dans un tableau à double entrée (Annexe 2), avec en colonne la variété taxonomique et en ligne le groupe indicateur.

Annexe 1

Annexe 2

Crédits pour les annexes 1 et 2: master EEA de l'univservité Jean Monnet, Saint-Etienne

Utilisation de l'IBGN