Conclusion

Dans un premier temps, l'étude des besoins et ressources en eau actuels de la station de ski de Puy-Saint-Vincent a été réalisée afin d'évaluer la faisabilité d'un agrandissement et de mieux le définir.

L'étude de la réponse du bassin versant a permis de mettre en avant la possibilité de satisfaire l'hypothèse d'agrandissement du point de vue de la ressource de eau. Les débits simulés se sont démontrés très faibles et irréguliers sur la commune d'où la nécessité de trouver une autre source pour l'alimentation de la retenue. Un pompage dans la nappe d'accompagnement du Gyr au niveau de la confluence avec l'Onde a ainsi été envisagé. Une étude plus poussée pour proposer d'autres solutions alternatives aurait pu être menée. La modélisation du changement climatique (hausse des températures et des précipitations) a, quant à elle, permis de mettre en évidence plusieurs conséquences : le manteau neigeux tend à se réduire de plusieurs centimètres sur les décennies à venir, justifiant ainsi la nécessité de recourir à l'enneigement artificiel, et une fonte prématurée (de plusieurs semaines). 

L'étude du réseau de canons à neige associé au réservoir existant a permis d'évaluer l'évolution de la ressource en eau disponible pour les canons sur une saison. Les résultats ont été obtenus à partir de données d'enneigements des années précédentes. Cependant ces données ne prennent pas en compte les aléas quotidiens tels que la variation de température et les épisodes neigeux brutaux. Le manque d'informations sur la conception du réseau a nécessité certaines hypothèses sur les équipements hydrauliques du réseau d'adduction. La simulation a toutefois permis d'obtenir des résultats cohérents, validant ainsi nos hypothèses.

L'étude des ressources en eau potable de la commune de Puy-Saint-Vincent a, quant à elle, permis d'estimer la consommation journalière en eau. Les résultats obtenus sont approximatifs mais ont conduit à une modélisation de la distribution d'eau aux habitants.

Par ailleurs, l'étude du cadre réglementaire régissant la réalisation d’un projet en milieu montagnard, a mis en avant les différentes réglementations à respecter dans le cadre du projet ainsi que les institutions qui supervisent leurs applications. D’autre part, l'étude de l'état actuel des ressources en eau et géologique ainsi que de la faune et la flore présentes dans la région de Puy-Saint-Vincent, a permis de caractériser les différents impacts que pourraient induire les différents aménagements envisagés. Des mesures compensatoires ont été proposées afin d'y remédier. Une étude des risques a également été menée pour identifier les risques qui peuvent affecter ces aménagements et des mesures pour les atténuer ont été ensuite proposées. L'obtention de données plus précises et de cartes plus récentes, notamment géologiques, aurait permis une études plus approfondie. 

 

Dans un second temps, les hypothèses d'agrandissement, aussi bien au niveau du domaine skiable qu'au niveau du parc touristique, ont engendré de nouveaux besoins en eau auxquels il a fallu répondre. L'adaptation des aménagements a donc été traitées afin de répondre aux nouveaux besoins.

L'agrandissement de la retenue actuelle étant impossible, la conception d'un nouveau dispositif de stockage s'est imposée. Le choix du site d'implantation et le dimensionnement de la retenue ont été traité. Cependant, l'impossibilité de se rendre sur le site a  empêché la réalisation d'une étude géologique et géotechnique complète et limité ainsi l'approfondissement de l'étude. Il aurait pu être intéressant d'effectuer en parallèle un bilan des coûts que ce soit lors du choix du site d'implantation ou de celui des matériaux constituants la retenue afin de parfaire cette étude. Par ailleurs, au vu des risques identifiés, un soin tout particulier a été apporté aux ouvrages de protection associés à la retenue, notamment le paravalanche. En effet, le site choisi présente des risques d'avalanches et de glissements de terrain pouvant endommager l'ouvrage. Pour compléter l'étude, une rupture brutale a été modélisée. Elle entraînerait l'inondation de plusieurs zones habitées, justifint la nécessité des ouvrages de protection. 

Suite à la définition de cette nouvelle retenue collinaire, le réseau de canon à neige lié à l'agrandissement a pu être modifié. Ainsi, le nouveau réseau d’adduction a été modélisé. Pour cela, des canalisations issues de la nouvelle retenue et un raccordement vers le réseau existant ont été pris en compte. Deux choix distincts ont alors été testés. La simulation sur une saison a montré que chacun d’eux etait réalisable compte tenu de la connaissance du volume et du débit de remplissage de la nouvelle retenue. En particulier, les débits d’eau et les pressions de chaque canon à neige sont dans la gamme de valeurs attendues. D’un point de vue économique, cet aménagement du domaine skiable a un coût non négligeable pour une station de l’envergure de Puy-Saint-Vincent, de l’ordre de 2 millions d’euros pour la seule mise en place de la retenue, des canalisations, et des canons à neige. Il faut également ajouter à cela un surcoût énergétique d’environ 50 k€ annuel.

La détermination des besoins supplémentaires en eau potable a été réalisée sur l’hypothèse d’extension initiale. Cette hypothèse, faute de données actuelles, s’est basée sur une étude réalisée en 2003. Une usine de production d’eau potable, utilisant l’eau de la nouvelle retenue, a été dimensionnée afin d’alimenter les nouveaux logements. L’eau brute disponible a été estimée comme étant de bonne qualité, ce qui a permis de simplifier le nombre d’étapes de traitement nécessaires. Le manque de données concernant la qualité de l’eau n’a pas permis de faire un choix entre les deux procédés de filtration membranaire développés. La construction de la nouvelle usine a été couplée à la construction d’un nouveau réservoir. En effet, l’étude du réseau de distribution d’eau potable a montré qu’aucun volume supplémentaire ne pouvait transiter dans le réservoir principal, ce qui a conduit à la construction d’un nouveau réservoir. Il faut toutefois noter qu’il est possible de capter le volume d’eau supplémentaire dans la Source des Mondes sans dépasser ses capacités maximales. Cette possibilité n’a pas été étudiée pour prévenir une possible révision de l'arrêté préfectoral concernant les quantités maximales prélevables dans la source et pour proposer une alternative à la production d’eau potable.