Conclusion

Conclusion

Ce projet de BEI nous a permis d'avoir une approche technique et scientifique de l'implantation d'une exploitation de gaz de schiste dans une région française, celle d'Alès en l'occurence. Il nous a permis de soulever de nombreux problèmes quant à la réalisation d'un tel site.

Tout d'abord, sa localisation est complexe. Si les alentours d'Alès sont riches en schiste, les nombreuses contraintes, qu'elles soient sismiques, environnementales, réglementaires, techniques ou sociales, limitent grandement la possibilité d'exploiter pleinement le potentiel gazier de la région.

Estimer les pertes de charges de façon précise d'un écoulement diphasique est un problème physique très complexe qui a du être simplifié dans le but d'obtenir les ordres de grandeurs nécessaires au dimensionnement du puits. La théorie derrière le mécanisme de la fracturation hydraulique est encore peu étudiée et pourrait servir à améliorer la rentabilité du procédé.

Le traitement de l'eau de reflux et sa réutilisation sont une bonne étape vers la réduction des rejets polluants de cette industrie. Cependant une part importante de l'eau est considérée comme déchet. Des technologies plus efficaces, comme la distillation, peuvent être mises en oeuvre pour améliorer le recyclage. Elles restent cependant plus coûteuses, entament encore la rentabilité d'une telle exploitation en France.

L'étude de la dispersion de polluants a permis d'affirmer qu'une fuite de polluant depuis le puits de forage à une centaine de mètres de profondeur demeure importante à court terme et sur une faible distance, mais diminue très vite, spatialement et temporellement. Au regard des résultats parus dans certaines études, une éventuelle fuite depuis un puits ne peut être à seule responsable d'une forte concentration en méthane. Les autres possibilités à envisager sont soit des remontées de méthane depuis les zones de fracking, via des fissures naturelles agrandies par les contraintes; soit les exploitants qui rejetteraient directement les eaux polluées dans les rivières alentours, ou n'isoleraient pas correctement les bassins de rétention.

La réalisation du Bilan Carbone® n'a pas permis d'observer une différence significative des émissions de gaz à effet de serre entre dues au procédé d'extraction du gaz de schiste et d'extraction de gaz conventionnel. Il semble alors que du point de vue des émissions de ces gaz, l'impact sur le changement climatique de l'extraction du gaz de schiste ne diffère pas de celle du gaz conventionnel autant que l'on pourrait s'y attendre. Cette méthode reste limitée de par le fait qu'elle est monocritère et de par les approximations effectuées et les limites fixées pour réaliser ce Bilan sur une exploitation fictive. De nombreux impacts, notamment sur la perturbation des écosystèmes et sur l'utilisation des ressources naturelles, ne sont alors pas abordés. 

Cette étude nous a permis de montrer qu'il existait des réponses, certes incomplètes, aux inquiétudes autour de la fracturation hydraulique : le choix pertinent du site, la construction d'un puits étanche, le recyclage de l'eau. Mais elle nous a aussi permis de nous rendre compte des implications que supposent l'exploitation du gaz de schiste. L'implantation d'une industrie gazière suppose la construction de nouvelles infrastructures, l'utilisation de terres agricoles et un important trafic routier. La polémique autour de l'opportunité d'exploiter les ressources en gaz en France ne se limitent donc pas à la seule fracturation hydraulique.