Rentabilité

L'étude de rentabilité a été réalisée en prenant en compte deux scénarios. Le premier correspondant à l'implantation d'une turbine Banki-Mitchell et à la mise en place de deux passes à poissons et le second en installant une vis hydrodynamique. La seconde option étant ichtyocompatible, il n'est pas nécessaire de prévoir un prébarrage permettant la dévalaison des poissons car ceux-ci pourront dévaler via la vis hydrodynamique.

La rentabilité économique a été étudiée sur une durée de 31 ans en utilisant la méthode de la Valeur Actuelle Nette ou VAN afin de déterminer le Temps de Retour sur Investissement. 

 

La méthode de la Valeur Actuelle Nette

Cette méthode permet de prendre en compte le fait que la valeur d'un euro aujourd'hui est plus grande que la valeur d'un euro demain. En effet, l'inflation qui correspond à la perte du pouvoir d'achat par une augmentation des prix est prise en compte en calculant la Valeur Actuelle Nette (V.A.N.). Cette VAN s'exprime de la manière suivante:

 $ VAN={{\sum_{k=0}^{k=30}} \frac{{FNT}_k}{{(1+i)}^k}}  - Investissement ~initial$

où k représente l'année, i le taux d'actualisation que nous avons fixé égal à 6 et qui comprend le taux d'inflation et le taux de l'emprunt et enfin $ FNT_{k} $ qui correspond au flux net de trésorerie de l'année k explicité ci-après.

Le flux net de trésorerie correspond à la différence entre les recettes et les dépenses, il faut néanmoins faire apparaître plusieurs indicateurs pour pouvoir calculer ce flux. L'excédent brut d'exploitation, encore appelé E.B.E. est le solde entre les produits d'exploitation et les charges liées à cette exploitation soit :

$Excédent~Brut~d'exploitation ~(EBE) = Chiffre~d'affaire - Charges$

A partir de cet E.B.E., on déduit la valeur du résultat d'exploitation en déduisant la dotation aux amortissements soit :

$Résultat~d'exploitation = EBE - Dotation~aux~Amortissements$

Ensuite, le résultat courant avant impôt (R.C.A.I.) est calculé en soustrayant les frais financiers qui correspondent aux intérêts du prêt bancaire contracté.

$Résultat~courant~avant~impôt ~(RCAI) = Résultat~d'exploitation - Frais~financiers$

Le résultat net correspond au résultat courant après impôt soir :

$Résultat~net~ (RN) = RCAI - Impôt$

La capacité d'autofinancement désigne l'ensemble des ressources dégagées par une entreprise grâce à son activité et qui permettent d'assurer son financement. Il est calculé comme suit :

$Capacité~d'autofinancement ~(CAF) = RN + Dotation~aux~Amortissements$

Enfin, le flux net de trésorerie est défini par l'expression suivante où le capital d'emprunt fait référence au remboursement principal du prêt contracté

$FNT = CAF - Remboursement~Capital~d'emprunt$

Finalement, on peut écrire le flux net de trésorerie de la manière suivante pour une année donnée:

$FNT = Chiffre~d'affaire - Charges - Frais~Financiers - Impôt - Remboursement~Capital$

où les frais financiers et le remboursement du capital représentent respectivement le remboursement de l'intérêt du prêt et du capital d'emprunt pour l'année en cours. Nous avons émis l'hypothèse d'un prêt à 5% réalisé sur 15 ans. De plus, notre aménagement produisant une puissance inférieure à 100 kW il n'est pas soumis à imposition, le résultat net et le résultat courant avant impôt seront donc identiques.

Le projet sera alors rentable pour le propriétaire lorsque la VAN deviendra positive.

 

Rentabilité de notre aménagement

La VAN a ainsi été représentée en fonction du nombre d'année dans chacun des deux cas étudiés. Les résultats obtenus sont tracés ci-dessous.

- Valeur Actuelle Nette sur 31 ans pour le scénario avec la turbine Banki-Mitchell -

- Valeur Actuelle Nette sur 31 ans pour le scénario avec la vis hydrodynamique -

Après 30 ans, la VAN est plus importante lorsque la turbine Banki-Mitchell est envisagée. En effet, elle est de 38 312€ dans ce cas contre 8 241€ dans l'autre cas. Ceci semble cohérent dans la mesure où l'investissement initial est plus conséquent dans le cadre de la vis hydrodynamique et où les bénéfices retirés sont quasi identiques quel que soit le scénario.

Par ailleurs, on observe lors de la 20ème année une diminution de la VAN dans les deux cas. Cela résulte de la nécessité de ré-investir dans l'aménagement lors du renouvellement du contrat d'une durée de 20 ans signé avec EDF. Ce nouvel investissement est obligatoire pour toute les centrales hydroélectriques et est à hauteur de 550€/kW soit 18 150€ pour l'aménagement du Pont de la Taule.

En conclusion, le scénario prévoyant une turbine Banki-Mitchell et deux passes à poissons est plus rentable que celui envisageant la vis hydrodynamique. Il sera donc conseiller de privilégier le premier scénario.

 

Temps de Retour sur Investissement (TRI)

Le temps de retour sur investissement est un estimateur temporel contrairement à la VAN qui correspond à un bilan financier d'une année donnée. Il permet de déterminer au bout de combien de temps l'investissement deviendra rentable mais ne donne pas de chiffres quant au résultat de chaque année contrairement à la VAN.

Le TRI correspond au cas où la Valeur Actuelle Nette s'annule, cas où l'investissement est rentabilisé, il est donc calculé à partir de la formule suivante:

$\sum_{k=0}^{k=30} \frac{FNT_k}{(1+i)^k} = Investissement ~ initial$

Le but étant de déterminer la valeur de k (nombre d'années) satisfaisant cette égalité.

Pour l'aménagement du Pont de la Taule, le temps de retour sur investissement calculé est donc de 14 ans pour le premier scénario et 28 ans pour le second. En général, le temps de retour sur investissement pour des aménagements de types micro-centrales hydroélectriques est estimé entre 5 et 20 ans. Ainsi,le choix le plus judicieux semble être celui de la turbine Banki-Mitchell et de deux passes à poissons.

 

Incertitude

Enfin, une analyse relative à la rentabilité calculée a été menée afin d'en estimer l'incertitude. Dans le cadre de notre projet, les incertitudes sont les suivantes:

  • coûts initiaux variables d'une entreprise à une autre,
  • coûts à long terme (notamment les coûts de maintenance),
  • variation du débit,
  • taux d'actualisation dépendant du taux d'inflation et donc très aléatoire.

Nous nous sommes concentrés sur les fluctuations liées aux coûts auxquelles nous avons imposé une incertitude allant de 5 à 20% selon la variabilité des prix. En outre, le taux d'actualisation a été porté à 5 ou 7% au lieu de 6%. Les résultats obtenus dans les cas extrêmes (minimums et maximums) sont recensés dans le tableau ci-dessous.

- Incertitude de l'étude -

La "meilleure configuration" correspond au cas où le taux d'inflation et tous les coûts ont été revus à la baisse et la "pire configuration" correspond au cas contraire. En prenant en compte ces incertitudes, on remarque que la meilleure configuration permet de diminuer le temps de retour sur investissement de 3 ans pour le premier cas et de 11 ans pour le deuxième. Cette différence importante provient de la différence de coût d'achat entre la vis hydrodynamique et la turbine Banki-Mitchell qui induit un coût d'incertitude plus important pour le cas de la vis hydrodynamique. Le temps de retour sur investissement pour la pire configuration dans le cas de l'installation d'une vis hydrodynamique est, quant à lui, supérieur à 31 ans.

 

NB : Le fichier Excel contenant l'ensemble des macros permettant le calcul de la rentabilité dans les différents cas peut être récupéré en cliquant sur le lien suivant : Rentabilité. Afin que les macros fonctionnent, il doit être ouvert avec une version d'Excel 2007 au minimum.

 

La réhabilitation de l'aménagement du Pont de la Taule est donc un projet envisageable en installant une turbine Banki-Mitchell car rentable au bout de 14 ans environ. Le scénario envisageant la vis hydrodynamique a, quant à lui, été écarté lors de l'étude de rentabilité dans la mesure où le temps de retour sur investissement est de 28 ans, ce qui semble un peu trop important dans le cas d'un projet porté par un particulier.