Résumé

Ce projet traite de la gestion de l'eau de la station de ski de Puy-Saint-Vincent. Un agrandissement du domaine skiable et du parc touristique est envisagé dans les années à venir. Le projet s'articule autour de quatre axes principaux qui sont l'étude hydrologique du bassin versant, l'aménagement du domaine skiable, l'étude des besoins en eau potable et l'étude des impacts environnementaux de ces aménagements sur le milieu naturel.

L’objectif de la première partie est l’étude de la ressource en eau sur le bassin versant de Puy­-Saint-Vincent afin de savoir si l’agrandissement de la station tel qu’il est envisagé, est possible. Deux modèles (HEC­HMS et CemaNeige) sont tout d’abord utilisés pour effectuer un bilan hydrologique de la situation actuelle. Après un calage et une validation sur une période de quatre ans, il apparaît que les débits présents sur le bassin versant sont trop faibles comparés aux besoins en eau croissants de la station. De plus, ce phénomène tend à s’accentuer du fait du changement climatique. En effet, la baisse de la couverture neigeuse simulée nécessite un enneigement artificiel plus conséquent. Il est donc impératif d’augmenter la capacité de stockage d’eau par la création d’une nouvelle retenue d’altitude. Une étude traitant de sa conception est réalisée afin de choisir l’emplacement, de dimensionner la retenue en elle­-même mais aussi les ouvrages associés tels que l’évacuateur de crue et le paravalanche. En cas de rupture, les risques d’inondation des villages à l’aval sont très importants, avec un surface inondée d’environ 1km2.

Dans le cas de la station de Puy-Saint-Vincent, l’enneigement artificiel porte sur deux cas distincts. Le premier est l’enneigement artificiel d’une plus grande partie du domaine skiable actuel. Aujourd’hui, 38% des pistes sont équipées de canons à neige et l’objectif est de faire passer ce ratio à 50% au minimum. Le deuxième est la création d’une nouvelle piste à basse altitude, permettant de connecter le domaine de Puy-Saint-Vincent au village de Vallouise, situé dans la vallée. Pour cela, le réseau d’adduction d’eau équipé de canon à neige est modélisé à l’aide du logiciel Porteau, et une validation du modèle est réalisée à partir de données de la saison 2013-2014. Le réservoir, d’une capacité de 27 000 m3, est capable, à l’aide de remplissages périodiques, de fournir près de 90 000 m3 d’eau sur une saison pour la production de neige artificielle. Cependant, ce volume n’est pas suffisant pour satisfaire un agrandissement du domaine et par conséquent, il est nécessaire de construire une nouvelle retenue. À partir du dimensionnement de cette retenue réalisé précédemment, le nouveau réseau d’adduction est modélisé, toujours à l’aide de Porteau. Deux choix sont proposés pour le nouveau réseau, et après une simulation sur une saison, chacun d’eux est réalisable compte tenu de la connaissance du volume et du débit de remplissage de la nouvelle retenue. En particulier, les débits d’eau et les pressions en chaque canon à neige sont dans la gamme de valeur attendue. Le choix final entre ces deux choix se fait donc sur des critères environnementaux et économiques, l’un deux étant légèrement plus coûteux à installer, mais l’autre pouvant entraîner des nuisances sonores et une dégradation des sols. 

Le troisième axe du projet consiste à étudier les besoins en eau potable de la commune du Puy Saint-Vincent engendrés par l’extension du parc touristique.En 2003, 12 000 lits étaient mis à disposition pour accueillir les touristes venant séjourner sur la commune. Une capacité de 4000 lits supplémentaires a la possibilité de voir le jour.
Dans un premier temps, une étude est faite afin de déterminer les ressources en eau potable actuellement disponibles. La source des Mondes représente la ressource principale de la commune. D’après l’arrêté préfectoral en vigueur datant du 26/12/2011, le prélèvement dans cette source est limité à 3456 m3 par jour. En 2003, 2400 m3 par jour ont été captés en période de pointe, ce qui représente 70% du volume maximal autorisé. La consommation journalière d’eau potable par habitant est estimée à 120 litres. Ainsi, l’agrandissement du parc touristique nécessite l’acheminement de 740 m3 d’eau potable supplémentaires en tenant compte du rendement du réseau de distribution estimé à 65%. Le captage de cette eau dans la source des Mondes porterait son utilisation à 91% de ses capacités et n’est pas la solution envisagée.
La seconde partie consiste en la construction d’une nouvelle usine de production d’eau potable. L’eau brute provient d’une nouvelle retenue collinaire qui est étudiée dans le premier axe du projet. Les étapes de traitements étudiées sont la filtration lente sur sable, la filtration membranaire (ultrafiltration et nanofiltration) et la désinfection. Le débit de production est de 35 m3 par heure soit 840 m3 par jour.
En parallèle, le réseau de distribution d’eau potable est étudié. Il consiste en cinq réservoirs d’une capacité de 500 m3 chacun. Un réservoir principal est alimenté par la source des Mondes et alimente à son tour les autres réservoirs par trop plein. Un bilan simplifié montre que ce réservoir est utilisé dans sa totalité. Un nouveau réservoir de 300 m3 est envisagé pour recevoir l’eau de l’usine de traitement et l’acheminer dans le réseau de distribution.

La quatrième partie de cette étude consiste en l’étude des impacts que peuvent avoir les différents aménagements sur le milieu naturel. Dans un premier temps, des études préliminaires permettent d’établir quatre sites potentiels de construction en prenant en compte à la fois la réglementation relatif au milieu montagnard (parcs naturels, zones protégées, espèces floristiques et faunistiques protégées) mais également les aléas naturels pouvant menacer chaque site afin d’éliminer des zones à risques ou de prévoir des aménagements spécifiques.
Les impacts de la neige de culture sont étudiés dans une seconde partie, en traitant des aspects climatique, hydrologique, floristique et faunistique. Du fait d’une densité plus importante, la neige artificielle peut altérer les sols en diminuant leurs échanges gazeux avec l’atmosphère et retarder la revégétalisation des pistes du fait d’un retard de fonte de quatre semaines en moyenne. Ces phénomènes ainsi qu’une surcharge locale favorisent les phénomènes d’érosion, modifiant le paysage et augmentant les risques de glissements de terrain. L’exemple de l’enneigement de nouvelles pistes sur la station sont l’occasion de proposer des mesures compensatoires.
Enfin, dans une troisième et dernière partie, les impacts de la construction d’une nouvelle retenue en milieu montagnard sont envisagés. Deux sites potentiels de construction sont situés sur des zones humides, et un troisième site pourrait entraîner l’assèchement de la zone humide située en aval. Les prélèvements d’eau qui s’effectuent dans les rivières environnantes afin de remplir la retenue provoqueraient la mise en danger d’espèces aquatiques en cas de non-respect des débits réservés. Des mesures compensatoires comme la revégétalisation des berges ou la recréation de zones humides avec déplacement des espèces devront être mises en place si le projet est accepté.