2.5- Implantation

Le dispositif choisi peut être complètement inefficace si le poisson ne trouve pas l'entrée. L'attractivité de la passe dépend de la configuration du barrage et des conditions hydrauliques. Ainsi, l'ouvrage doit être implanté là où le poisson va chercher à franchir naturellement l'obstacle. De façon générale, les poissons ont tendance à remonter le courant le plus en amont possible. A Harchéchamp, le seuil est grossièrement perpendiculaire aux lignes de courant. Les poissons migrateurs ont également tendance à se déplacer le long des rives. Le choix de la rive sera conditionné par les contraintes du site : l'accessibilité de la passe pour son entretien, la présence d'un débit suffisant même en période d'étiage.

Le seul stimulus capable de guider le poisson vers l'entrée de la passe est le champ de vitesse au pied de l'obstacle. Le poisson est guidé par les lignes de courant. L'attractivité est liée à l'orientation du jet de sortie de la passe ainsi qu'à sa vitesse et son débit. Ce courant de sortie de la passe ne doit pas être masqué par des écoulements connexes (zone recirculation, écoulements de surverse ou de sousverse des vannes du barrage) pour rester bien individualisé en aval. D'autre part, il faut également éviter les zones mortes et les zones de recirculation, car elles sont susceptibles de piéger les poissons (F. Aigoui, M. Dufour, 2008).

Néanmoins si la vitesse à la sortie de la passe doit être suffisante pour attirer les poissons, elle doit aussi être compatible avec leur capacité de nage.

Afin de déterminer le site d'implantation de la passe, on peut procéder en premier lieu à une observation du comportement des poissons au pied de l'obstacle pour repérer les routes de migration, les zones de stabulation et les points du seuil où s'effectuent les tentatives de franchissement. Tout ceci servira à choisir la position de l'entrée de la passe.

A Harchéchamp, les hauteurs d'eau fournit par le binôme 3, nous ont montré qu'il existait une veine de courant toujours en eau, même en période d'étiage, le long de la rive gauche, au niveau de la vanne. Selon le principe qu'une passe à poisson est souvent placée sur les rives à cause du mode de déplacement des migrateurs, on propose de l'installer sur la rive gauche, avec néanmoins certaines réserves. En effet, nous avons travaillé à partir d'images satellites (géoportail). Il se pourrait que l'amont de la passe soit gêné par la présence des vannes. D'autre part, ne disposant pas des champs de vitesse du courant, il serait possible que cette position n'offre pas un débit suffisant pour alimenter la passe. En plaçant la passe à l'autre bout de la vanne, on s'affranchit de ces deux contraintes. Le risque que les poissons ne trouvent pas l'entrée reste néanmoins présent. L'observation reste primordiale pour pouvoir trancher entre ces deux propositions. 

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Remarque : Nous suggérons de réaliser une modélisation Télémac 2D afin de déterminer les profils de vitesse et déterminer précisément la veine de courant pour placer la passe.

La passe technique dimensionnée a une longueur de 10 m tandis que la passe naturelle mesure 27,50 m. Les positions d'entrée et de sortie de la passe seront différentes. Pour favoriser la montaison, l'entrée devra se situer le plus proche possible du pied du barrage.