2.6- Comparaison des dispositifs

La passe à poissons à échancrure latérale est adaptée à une large gamme de hauteur de chute (de 1 m à une dizaine de mètres) contrairement aux rampes qui ne conviennent qu'aux petites hauteurs de chutes. Par les différents tracés qu'il est possible de concevoir, ce type de passe est bien adaptable aux contraintes foncières et aux contraintes de génie civil. Contrairement aux rampes, l'intégration paysagère des passes à échancrures est limitée.

La conception d'un dispositif de franchissement nécessite de faire passer tous les poissons et pas seulement les plus forts. D'autre part, il faut minimiser les retards à la migration, les blessures et le stress. Dans ce sens, la rampe est plus efficace qu'une passe technique sur ce point des enjeux écologiques parce que les vitesses maximales de courant sont moins importantes, qu'elles offrent plus d'endroits de repos (derrière les rochers) et qu'elles sont plus attrayantes que les passes techniques de par leur côté plus "naturel" (pas de béton). Leur attractivité vis-à-vis des poissons est aussi meilleure. D'autre part, la passe à échancrure est particulièrement adaptée aux salmonidés et aux cyprinidés rhéophiles tandis que les rampes, conviennent à toutes les espèces. 

En ce qui concerne le débit à réserver à l'ouvrage, une rampe peut fonctionner avec moins d'eau (0,1 m3/s/m) que la passe technique (0,15 m3/s). Il faut que la hauteur dans la passe puisse permettre la nage des poissons.

Les fluctuations de niveaux d'eau amont et aval de part et d'autre d'un obstacle peuvent induire d'importantes modifications du fonctionnement hydraulique d'une passe à bassin. Par exemple, lorsque le débit augmente, le niveau aval remonte plus rapidement que le niveau amont ce qui provoque une diminution de la chute. Dans les rampes le niveau d'eau est moins affectée que dans une passe mais des comportements différents existent encore entre les types de passes. Les passes à orifices noyés sont très peu sensibles aux variations de débit.

En revanche, une passe technique est plus facile à implanter et prend moins de place qu'une rampe. Toutefois, les exigences d'entretien sont plus importantes pour la passe technique que pour la rampe. En effet, les passes à échancrures sont sensibles au colmatage par les sédiments mais aussi par les débris végétaux et pour cela nécessitent d'être régulièrement entretenues. ​

Le coût d'un dispositif de franchissement dépend de plusieurs paramètres comme du type de passe, des dimensions, de la topologie du site. L'ONEMA estime que le prix d'une rampe est compris entre 75 et 325 €/m3. Cette variabilité s'explique par l'accessibilité de la passe, par la nature et l'état de l'obstacle et par la mise en oeuvre d'une phase de démolition plus ou moins importante. Pour la création d'une passe technique sur un ouvrage de moins de 5 mètres, le prix des travaux est compris entre 15 000 et 30 000 €/m de chute. La chute d'Harchéchamp fait un 1,10 m. Mais des coûts d'entretien de la passe et de l'ouvrage viennent s'ajouter aux coûts de la passe à poisson.

Tableau 2.16 - Analyse comparative multicritère de la passe à échancrure latérale à orifices noyés et de la rampe.