Aménagement de la prise d'eau aval

    Le bassin supérieur et le réseau de conduites étant désormais dimensionnés, il est nécessaire de s'intéresser à la prise d'eau en mer. En effet, celle-ci, se situant en milieu naturel est la cause de certains problèmes :

  • Les débits absorbés et rejetés sont très importants ainsi les vitesses mises en jeu le sont également. Les poissons environnant risque donc d'être affectés. En particulier lors du pompage, ils seront aspirés et tués par les machines.
  • Pour les mêmes raisons, l'installation absorbera une grande quantité de sédiments ou déchets en suspension (de plus l'importance des débits sera peut-être même susceptible de mettre en suspension les sédiments avoisinants).
  • Enfin, l'amplitude de la houle qui induit une ligne d'eau chaotique pourra perturber le pompage.

     Pour palier à ces inconvénients, deux solutions sont envisageables :

  • Allonger la conduite forcée pour s'affranchir du problème lié à la houle et installer une grille de protection pour la faune marine. Cependant cette proposition ne règle pas le problème de l'aspiration des sédiments et induit une perte de charge supplémentaire significative. De plus, un entretien régulier de la grille est nécessaire.
  • Construire un aménagement à l'aide d'enrochements permettant de casser la houle et de bloquer le passage de la faune et des déchets d'origines anthropiques ou naturels. Cette solution, adoptée par les ingénieurs de la STEP d'Okinawa au Japon, semble engendrer moins de perte de charge.

Remarque: Quelque soit la solution retenue, un filtre à sédiments ne pourra cependant pas être épargné. En effet, ceux-ci provoquent une détérioration des roues des machines qui doivent alors être réparées par "rechargement".

     Nous optons donc pour l'aménagement en enrochements. La figure 1 ci-dessous présente schématiquement la solution adoptée (les conduites ne seront pas visibles). Cet aménagement doit :

  • Absorber l'énergie de la houle
  • Permettre un écoulement d'eau répondant au débit de 200 m3s-1 de la conduite
  • Être adapté à la protection de la faune marine.

Diamètre des bassins :

     En s'appuyant sur l'expérience de la STEP d'Okinawa qui présente de bons résultats après plusieurs années d'exploitation, nous choisissons des bassins en enrochements de 40 m de diamètre.

En effet, la STEP d'Okinawa engendre:

  • un débit maximal de 26m3/s
  • pour un périmètre de bassin de 30 m
  • soit un débit surfacique de 0,9m²/s.

     Pour avoir un débit surfacique du même ordre de grandeur avec un débit de 190m3/s et pour des bassins circulaires, il nous faut un diamètre de 60 m.

     L'installation japonaise étant très restrictive et les hauteurs d'eau très probablement inférieures, on s'autorise des diamètres de 40 m pour notre étude. Cependant, ce point sera à étudier plus précisément lors de la réalisation.

Figure 1 : Représentation des aménagements en enrochements autour des prises d'eau

(Source : Google Map, Maxime Daniel et Adrien Napoly)

Hauteur des bassins :

     La hauteur maximale d'eau au-dessus de la conduite est de 12 m (cf. Dimensionnement des conduites forcées/Longueurs). Cette situation ne se présente que très rarement (cas de pleine mer en vives eaux). Cependant, on décide de fixer la hauteur des bassins à 13 m pour éviter toute intrusion de débris et/ou faune marine. De plus on ajoute à l'entrée de la conduite une grille pour bloquer les intrusions restantes. L'onglet Mesures compensatoires de la partie "étude environnementale et sociale" est à consulter pour plus de détails.

 

Page éditée par Maxime Daniel et Adrien Napoly