Bilan

Dans tous les cas, le rétablissement de la continuité piscicole au niveau du seuil d'Harchéchamp nécessite une intervention sur site. Le type de travaux à mener sera différent selon les solutions proposées. Ainsi, pour faciliter le choix des acteurs, nous proposons un tableau comparatif des deux solutions proposées au travers plusieurs critères (tableau 2.20).

L'effacement du seuil est une solution à privilégier si sa faisabilité est démontrée. Cette solution permet de rétablir la continuité piscicole mais plus généralement la continuité écologique globale sans besoin d'entretien spécifique à postériori. Les travaux à mener sont conséquents puisqu'ils concernent la totalité de la largeur du seuil et perturbent l'écosystème à court terme. En ce qui concerne les passes à poissons, cette solution permet de rétablir seulement partiellement la continuité piscicole et cet aménagement demande un entretien régulier. Les faibles débits du Vair à Harchéchamp sont à la limite du fonctionnement des passes ce qui peut limiter leur efficacité. Cependant, il s'agit d'une solution alternative si le dérasement du seuil n'est pas envisageable et les travaux concernent seulement une partie du lit du cours d'eau concerné.

Plus concrètement, le seuil n'étant plus autorisé, c'est la solution d'effacement qui semble la plus crédible dans le contexte d'Harchéchamp. Cette solution a l'avantage de pouvoir bénéficier d'aides importantes de l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse qui demande de privilégier l'effacement des ouvrages. La mise en place de passes à poissons nécessite une demande d'autorisation de l'ouvrage. De plus, bien que le coût de l'intervention semble moins important que pour l'effacement, les aides de financement sont, quant à elles, bien moins probables. En effet, les opérations de mise en place de passe à poissons sont éligibles si les solutions d'effacement ne peuvent être mises en oeuvre. De plus, l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse accorde les aides en priorité aux grands migrateurs, aux cours d'eau classés et aux ouvrages rustiques, ce qui n'est pas le cas du seuil d'Harchéchamp. (source : Agence de l'Eau Rhin-Meuse, Délibération n°2012-26)

Tableau 2.20 - Comparaison des solutions de rétablissement de la continuité piscicole    

 

Néanmoins, il existe d'autres solutions d'aménagement que nous n'avons pas traitées. L'arasement partiel peut être envisagé. S'il est arasé de la moitié de sa hauteur, la continuité ne sera pas rétablie puisque la hauteur de chute sera encore comprise entre 50 et 70 cm. Il pourra être aménagé par une rampe de franchissement naturel ou la mise en place de pré-barrage par exemple. (Remarque : les passes techniques ne sont pas justifiées dans le cas de l'arasement partiel car la hauteur de chute est trop faible). L'ouverture des vannes est également à étudier. Elles ne sont plus fonctionnelles actuellement et une étude plus précise peut être menée pour étudier la faisabilité de cette solution.

Ainsi, selon le niveau d'ambition choisi par les acteurs et les moyens disponibles, tout en prenant en considération les enjeux sociaux et patrimoniaux, une solution d'aménagement du seuil pourra être sélectionnée.