Conclusion

 

CONCLUSION

 

L'étude de la rivière Matanza-Riachuelo a été un projet complet. En effet, ce projet à multiples facettes nous a permis d'appliquer nos différentes compétences (chimie, hydraulique, et agronomie) grâce à la diversité de nos formations d'origine (ENSIACET, ENSEEIHT, ENSAT). Notre étude a donc été enrichissante pour l'ensemble des membres de notre groupe. De plus, il nous a permis de traiter un problème global (i.e. la pollution de la rivière) en identifiant l'inconvénient majeur d'un tel projet, c'est-à-dire sa complexité, son envergure. Aussi nous avons dû nous contraindre à certaines hypothèses simplificatrices et nous limiter dans nos études. Ceci est un bon entraînement pour notre futur travail d'ingénieur, puisque nous pensons nous être focalisés sur ce qui était important et à notre portée.

Néanmoins, notre projet initial était très ambitieux puisqu'on s'attelait à un problème complexe, connu, mais toujours irrésolu. Par ailleurs, l'emplacement géographique de notre étude a été un handicap concernant l'obtention de données. Ceci est principalement dû au manque d'études menées par l'organisme chargé du bassin versant (ACUMAR, créé il y a moins de 10 ans) et au fait que l'intérêt porté sur le Riachuelo est relativement très récent. De plus, dans un pays en développement, la cause environnementale n'est pas considérée comme un problème majeur.

De par son éloignement, il est difficile d'effectuer une analyse de coût et d'impact des aménagements prévus par notre étude en Argentine. En effet, les coûts des matériaux, de la main d'oeuvre, du temps de travail ainsi que les problèmes politiques éventuels ne peuvent être déterminés par une simple recherche bibliographique. Une étude de terrain (sociale, politique, technique et économique) serait indispensable à la mise en place de tels aménagements. Ainsi le chiffrage total n'a pas pu être établi, pour la création des bassins de rétention et pour l'établissement de la station de traitement commune des effluents.

Malgré ces difficultés, notre étude reste pertinente et certains aménagements pourraient être effectifs. En effet, concernant la limitation de la pollution industrielle, nous aboutissons à des concentrations en sortie de traitement des effluents qui répondent aux normes en vigueur. De plus, la station de traitement commune occupe une surface inférieure à l'espace dédié au site de regroupement des tanneries. Le contrôle des effluents permettant bien de limiter la pollution industrielle, le travail de traitement des sédiments et de phytoremédiation pourra se faire dans le cadre d'une eau "propre" en ce qui concerne le chrome, les sulfures, la DBO et la DCO.

Reste alors à limiter une repollution de la rivière par les sédiments et les berges contaminés. Pour cela, nous avons pu déterminer quelles espèces de plantes devaient être plantées, comment et en quelle quantité. Concernant les sédiments, une technique innovante et spécifique à la rivière Matanza-Riachuelo a été développée et sera, peut-être, très prochainement appliquée. Les valorisations possibles sont très prometteuses.

Par ailleurs, la création de bassins de rétention permet bien le contrôle du débit de la rivière pendant les crues décennales, et leur implantation géographique ne perturbe pas l'urbanisation de Buenos Aires (aucun déplacement de population). D'autres solutions sont envisageables, que ce soit pour les crues ou les sudestadas. Faute de temps et de moyens, nous n'avons pu les modéliser. Il serait par exemple intéressant de transposer à Buenos Aires les solutions développées aux Pays-Bas.