Conclusion de l'axe 1

 

Conclusion

 

En conclusion de cette partie concernant la limitation de la pollution par le contrôle des effluents de tanneries, nous pouvons tout d'abord faire un point sur les résultats obtenus concernant les différents rejets, en nous appuyant sur le tableau 14  de la partie Traitement secondaire :

 

  • Nous aboutissons, comme souhaité, à des concentrations en sulfures et chrome qui respectent les normes de rejets dans les eaux douces en Argentine. Cependant, il faut noter que nos unités de traitement ne nous permettent pas d'aboutir à une marge de sécurité importante concernant le chrome. En effet, notre concentration est tout juste inférieure à la norme souhaitée et nous n'avons pas pris en compte le recyclage des eaux issues du traitement des boues, elles aussi chargées en chrome,  et qui pourraient donc augmenter la concentration dans nos effluents. Concernant les sulfures, la marge de sécurité est plus importante.  

  • Nous aboutissons à une diminution de la DBO et de la DCO conforme à la norme argentine en vigueur (500 mg/l de DCO notamment)

  • Nous obtenons une diminution des solides dissous, sans pour autant répondre aux normes en vigueur. Cependant, ce n'était pas l'objectif premier de la station de traitement commune des effluents, donc nous acceptons ce résultat. Concernant les matières en suspension, la norme est respectée.

  • De même, nous avons des concentrations importantes en sulfates, mais comme il n'y a pas de normes en vigueur, nous avons décidé de ne pas dimensionner un traitement d'abattement de ceux-ci, bien qu'il soit envisageable par les industriels dans un tel cas.​ De la même manière, nous avons en sortie de traitement des eaux chargées en chlorures, ce qui est logique puisque nous n'avons pas dimensionné d'unités de traitement, faute de normes en vigueur. 

Nous avons également calculé les superficies de nos différentes unités de traitement, afin de voir si l'ensemble est bien inférieur aux 22 000 m2 dédiés au parc industriel. Il faut cependant noter que nous avons dimensionné un processus de lagunage que nous n'installerons pas sur le site (cf Lagunage). Ainsi, la surface lagunaire n'est pas prise en compte dans le calcul de la superficie totale de nos unités. Nous avons alors pu créer un tableau récapitulatif de ces différentes superficies : 

 

      

Tableau 18 : Bilan des superficies des unités de traitement de la station

 

Ainsi, nous constatons que l'ensemble de nos unités de traitement occupe une surface de 13 380 m2, ce qui est bien inférieur à 22 000 m2. Le projet est donc réalisable avec nos méthodes de traitement. De plus, nous avons déjà prévu dans ce calcul de superficie une marge de sécurité (si pic d'effluents, nettoyage des unités ou maintenance), en doublant certains bassins. Cela laisse donc 8 620 m2 libres pour l'installation de bureaux, la circulation d'engins, de piétons sur le site ou autre. 

Dans notre étude nous ne nous sommes occupés que du problème des effluents liquides des tanneries, sans prendre en compte les rejets solides (issus du rognage des peaux dans le procédé de tannerie par exemple, ou les déchets solides des dégrillages du traitement des rejets), ni la gestion des rejets gazeux (odeurs, composés organiques volatils rejetés dans l'atmosphère). Il serait judicieux d'instaurer un système de management environnemental lors du regroupement des tanneries, et de mettre en place dès que possible des technologies propres permettant de réduire à la source les rejets en optimisant les procédés de fabrication. Le regroupement de 22 tanneries entraîne aussi nécessairement une bonne organisation ne serait-ce que pour le monitoring des rejets. En effet, la station ne peut fonctionner que si l'on contrôle régulièrement les caractéristiques des rejets que l'on traite.

A propos des résultats obtenus dans le cadre de notre axe, il faut noter que nos calculs sont basés sur de nombreuses hypothèses. En particulier les concentrations et les débits des effluents de chaque étapes de tannage sont issus de moyennes internationales observées sur les tanneries en général. Une véritable étude demanderait des analyses exactes pour avoir les données correspondant au cas des tanneries de Buenos Aires. Il en va de même pour les rendements de nos traitements, tous basés sur des valeurs théoriques typiques ou sur des résultats expérimentaux effectués sur des effluents similaires.

La limitation de la pollution liée au rejet des tanneries est tout de même bien réelle grâce à de telles unités de traitement, et nous pouvons répondre aux normes argentines préconisées par l'ACUMAR dans le plan de réhabilitation du Riachuelo. En supposant que de telles mesures soient appliquées à tous les types d'industries polluant actuellement la rivière, le deuxième axe peut se placer dans l'hypothèse que la mise en place de stations de traitement des effluents industriels entraînera une eau "propre". 

Il faut alors effectuer un travail de dépollution des sédiments et des sols afin d'éviter la recontamination des eaux. Cette étude est ainsi développée dans la partie suivante.