Conclusion générale

Dans ce Bureau d'Études Industrielles, nous avons cherché à comprendre la manière dont les déchets plastiques pouvait se concentrer au niveau des gyres. Nous avons pour cela modélisé le gyre subtropical de l'Atlantique Nord à l'aide du logiciel ROMS AGRIF. A partir des résultats obtenus, nous avons pu comprendre la dynamique selon laquelle les déchets convergent vers ces zones et où il peut donc être intéressant de chercher à les récupérer.

 

Cependant, l’extraction du plastique dans le gyre Atlantique Nord ne serait pas rentable, selon l'étude économique. Par ailleurs, l’ACV comparative des deux voies de revalorisation -transformation en diesel et incinération- ne montre pas de différence notable au niveau des impacts environnementaux. La transformation en diesel apparaît donc être la solution la plus acceptable au vu des exigences du développement durable. Néanmoins, ce résultat dépend fortement de la quantité de plastique réellement extractible, donc valorisable, et cette valeur est difficile à estimer.

Les solutions aval étant difficilement réalisables, tant d’un point de vue technique qu’économique, il serait plus pertinent de s’intéresser à des solutions amont, notamment la substitution des plastiques traditionnels par un bioplastique, le PLA (acide polylactique), supposé biodégradable en milieu marin, et la mise en place de recyclage. L’analyse de cycle de vie (ACV) réalisée montre clairement que ces deux solutions sont plus intéressantes que la solution aval considérée, c'est à dire la récupération et la revalorisation des plastiques. Cependant, il n'y pas de différence notable entre les deux et l'on ne peut pas trancher à ce stade en faveur de l'une ou l'autre. Ces résultats sont par ailleurs à analyser avec du recul et un esprit critique car ils dépendent directement des hypothèses de travail, notamment en ce qui concerne la biodégradabilité du PLA dans l’océan.

 

Le problème de la pollution plastique des océans reste un problème complexe et encore peu connu. A l’heure actuelle, le manque d’information sur les « continents de plastiques », de moyens techniques et de volonté politique est un frein à la mise en place d’un projet concret de dépollution de ces zones. Les solutions amont (recyclage, bioplastiques, taxes) semblent être pour le moment plus réalistes. Quoiqu'il en soit ce problème, qui dépasse toutes les frontières, nécessite une prise de conscience internationale et la mise en place d'une législation particulière, sans lesquelles aucune solution durable ne pourra être trouvée.